Sur le parcours: surveillance à long terme de la migration des oiseaux au Col de Bretolet
Vers le projet
Même s'il se nomme « Eisvogel » en allemand, le martin-pêcheur d'Europe
redoute la glace et le gel. Les cours d'eau gelés l'empêchent de pêcher
et il meurt de faim, d'où les conséquences dramatiques que peuvent
avoir des gelées de plusieurs semaines sur les populations de
martins-pêcheurs. Durant les hivers rigoureux, les martins-pêcheurs
subissent d'importantes pertes. En Europe centrale, durant l'hiver «
polaire » de 1962-63, 80 à 95 % des martinspêcheurs ont péri. Une
population en bonne santé peut cependant compenser assez rapidement de
telles pertes naturelles. En effet, les bonnes années, le martin-pêcheur
peut élever jusqu'à trois couvées, ce qui équivaut à plus de huit
petits par couple et par année.
Le froid en lui-même n'est pas un problème, même pour les oiseaux thermophiles. Par exemple, les perruches ondulées, qui habitent les régions chaudes du centre de l'Australie, peuvent passer la journée dans une volière extérieure protégée du vent même au coeur de l'hiver. En effet, les plumes maintiennent l'oiseau au chaud. Rempli d'air, le plumage constitue l'un des meilleurs isolants naturels.
Les oiseaux d'eau sont en outre protégés par une couche de graisse sous la peau. Les organes vitaux à l'intérieur du corps affichent une température de 41 °C, tandis que la température des zones externes du corps baisse. De ce fait, l'é cart de température entre la peau et l'environnement extérieur diminue, ce qui évite que le sang chaud à la surface du corps ne refroidisse et ne reflue vers le coeur à une température trop basse. Ceci est particulièrement important au niveau des pattes, qui perdent le plus de chaleur au contact de l'eau et de la glace. Il importe que les lacs et cours d'eau d'hivernage des oiseaux aquatiques ne gèlent pas. C'est pourquoi les rivières et les lacs de Suisse sont très appréciés des oiseaux aquatiques du nord. Un demi-million de canards, grèbes et mouettes trouvent des conditions d'hivernage idéales sur les lacs suisses. Ce n'est que lorsque les grands lacs suisses gèlent aussi, comme ce fut le cas en 1962-63, que les oiseaux d'eau sont contraints de continuer plus loin vers le sud-ouest.
Les passereaux redoutent les pluies verglaçantes. Lorsque des gouttes de pluie très froides tombent sur un support dur, elles gè lent immédiatement. Une croûte de glace compacte se forme alors sur les branchages des arbres. OEufs et larves d'insectes collés aux branches ou dissimulés dans les fissures des écorces deviennent alors inaccessibles aux mésanges, aux sittelles et aux grimpereaux. Si cette situation dure des journées entières, elle provoque de nombreuses victimes parmi les passereaux.