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Moineau friquet © Mathias Schäf
Rapport d’activité 2025 – Conservation

Activités de conservation

La Suisse est stratégiquement située sur les voies de passage des migrateurs, mais les sites d’escale adaptés y sont rares: nous créons dès lors, en différents régions, des espaces où les échassiers peuvent se reposer et se ravitailler. Pour le Bruant proyer, espèce menacée d’extinction, nous proposons des jachères florales, des haies et des tas de branches dans les cultures, afin de préserver cette espèce et d’autres à sa suite. En ce qui concerne le Grand Tétras, nous avons déjà fait un pas en avant en Suisse centrale: grâce à des mesures forestières, un renversement de tendance se profile pour cette espèce sensible aux perturbations.

Une embellie pour le grand tétras

Le grand tétras dépend de forêts préservées d’atteintes et de dérangements. Comme ces habitats deviennent rares, ses effectifs diminuent. Mais une tendance positive se dessine.

La situation des effectifs du grand tétras en Suisse est critique. Leur taille a diminué de plus de moitié ces 50 dernières années, au point que l’espèce est considérée comme en danger dans la dernière liste rouge. Les raisons imputables à ce déclin sont principalement la densification et, donc, l’assombrissement des forêts. À cela s’ajoute la multiplication des chemins et routes en forêt, induisant des dérangements supplémentaires.

Ces dernières années, la situation du grand tétras s’est stabilisée, voire améliorée en Suisse centrale et orientale. Dans le canton de Schwytz, la population a augmenté de 20 %, tandis que l’espèce a recolonisé un vaste complexe forestier dans le canton de Zoug.

Ce succès est à mettre au crédit de la mise en oeuvre du plan d’action national en faveur du grand tétras. Dans ce cadre, la qualité de l’habitat a été améliorée par des mesures ciblées, comme l’éclaircissement des forêts, en collaboration avec les cantons. La protection contre les dérangements a été matérialisée par la création de zones de tranquillité. Outre la poursuite de l’action de conservation du grand tétras, la Station ornithologique conseille et soutient les autorités cantonales pour la mise en place de mesures en faveur de l’espèce. Le grand tétras est un symbole des forêts primaires. Les tendances actuelles sont réjouissantes, car elles prouvent qu’il est possible de redonner un espace vital à des espèces exigeantes et sensibles aux dérangements.

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Nouveaux refuges pour les limicoles

Pour les oiseaux migrateurs, la Suisse est une terre d’accueil importante, mais les sites d’escale pour limicoles sont rares. Des lieux leur offrant tranquillité et nourriture ont été créés à leur intention dans plusieurs régions.

Quantité de zones humides ont été détruites ces deux derniers siècles. Nombre de plaines inondables ont été asséchées et l’eau détournée pour des surfaces agricoles et des agglomérations. L’habitat de nombreuses espèces a ainsi été réduit, y compris celui des limicoles en halte migratoire, inféodés aux transitions entre terre et eau.

Pour proposer des sites d’escale attrayants aux limicoles, des îles artificielles ont par exemple été créées sur les lacs suisses ou des deltas revitalisés, à l’image de celui de la Reuss dans le canton d’Uri. Ces lieux offrent des haltes sûres, bien fréquentées par les migrateurs. Un champ temporairement inondé, au lieu-dit « Les Quatre-Vingts » près d’Yverdon-les-Bains, a bénéficié du soutien de la Station ornithologique, et est vite devenu un paradis pour pluviers, chevaliers et bécassines. Depuis 2017, 29 espèces de limicoles ont fréquenté le site.

Constituer un réseau de sites d’escale à travers le pays nécessite d’identifier d’autres lieux appropriés. L’unité « Un nouvel essor pour l’avifaune », de la Station ornithologique, soutient ces efforts, financièrement ou techniquement. Le but est de favoriser les projets de revitalisation et de maintien durable d’habitats dans l’ensemble de la Suisse.

Des jachères fleuries pour le bruant proyer

Dans la région d’Orbe, des jachères fleuries, des haies, des tas de branches, et d’autres mesures sont mises en place pour le bruant proyer, espèce menacée d’extinction.

Les espèces des terres cultivées souffrent de l’intensification agricole. La disparition des haies et des arbres isolés affecte aussi le bruant proyer, qui en dépend pour se nourrir et s’abriter. Près d’un cinquième de ses effectifs helvétiques vit dans la région d’Orbe. La Station ornithologique, avec le soutien de la Direction générale de l’environnement du canton de Vaud, a mis en place un projet de conservation sur une superficie de 15 km2. Les territoires et les nidifications de bruant proyer y sont recensés, et des mesures prises pour protéger les nids de la fauche. Les éléments clés de ce projet sont constitués de revalorisations durables, comme des haies ou des jachères florales, que des exploitants et exploitantes engagés aménagent sur leurs parcelles.

Les efforts paient déjà : depuis le début des actions, en 2023, la proportion de surfaces de promotion de la biodiversité a nettement augmenté dans les paysages cultivés de la région. D’autres espèces emblématiques des campagnes en profitent, comme l’alouette des champs, la pie-grièche écorcheur ou le tarier pâtre. Des perspectives encourageantes pour la Station ornithologique, qui continuera ces prochaines années à s’engager dans la région, aux côtés des agriculteurs, des agricultrices et du canton de Vaud.

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Faire de la place aux nicheurs en bâtiments

Les rénovations et les démolitions provoquent chaque année la disparition de nombreux sites de nidification pour hirondelles et martinets. Un inventaire des sites de nids devrait contribuer à les conserver.

Diverses espèces d’oiseaux utilisent nos bâtiments pour se reproduire : certaines en ont même fait une spécialité et nichent presque exclusivement sur des édifices. Les hirondelles de fenêtre et rustiques en font partie, tout comme les martinets noirs et à ventre blanc. Ils y sont fidèles au fil des ans, et c’est là que les nouveaux couples s’installent de préférence, contribuant à maintenir ou à agrandir la colonie. Toutefois, chaque année, des sites de nidification disparaissent, victimes de rénovations ou de démolitions. En d’autres endroits, ces oiseaux ne sont plus les bienvenus, ou les nouvelles constructions ne sont pas adaptées. Ce n’est donc pas étonnant si ces quatre espèces de spécialistes des bâtiments sont considérées comme quasi menacées.

Un inventaire systématique vise justement à identifier les bâtiments importants pour les hirondelles et martinets. Le canton de Bâle-Ville a lancé un projet ambitieux dans ce sens, et a mandaté la Station ornithologique pour la cartographie de tous les sites de nidification des martinets noirs et à ventre blanc, ainsi que des hirondelles de fenêtre et rustiques. Vu la densité particulièrement élevée des martinets noirs, ce canton joue un rôle important pour l’espèce au niveau suisse. L’inventaire réalisé permet aux projets de constructions de mieux tenir compte de leur présence, et aux responsables de déterminer plus facilement à quels endroits des mesures de conservation sont pertinentes.

La Station ornithologique souhaite étendre ce type d’inventaire à d’autres agglomérations, afin de pouvoir mieux protéger les nicheurs en bâtiments. Elle met à disposition des autorités et personnes intéressées les méthodes et outils recommandés.

Souhaitez-vous soutenir la conservation des martinets et des hirondelles ?

Contactez-nous : delichon@vogelwarte.ch

Station ornithologique 2025

La protection de la nature ne fait plus partie des priorités en de nombreux endroits. Ce constat renforce d’autant plus la motivation de la Station ornithologique suisse à poursuivre ses actions, plus que jamais nécessaires, en faveur des oiseaux. Nous sommes en effet convaincus que l’approche scientifique, couplée à l’action, est la voie à suivre, même en période difficile.

Rapport d’activité 2025

Station ornithologique 2025

La protection de la nature ne fait plus partie des priorités en de nombreux endroits. Ce constat renforce d’autant plus la motivation de la Station ornithologique suisse à poursuivre ses actions, plus que jamais nécessaires, en faveur des oiseaux. Nous sommes en effet convaincus que l’approche scientifique, couplée à l’action, est la voie à suivre, même en période difficile.

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