Bruant ortolan

    Le sauvetage du bruant ortolan est une affaire urgente. Ce passereau très menacé ne se rencontre encore qu'en de rares sites du Valais.

    Objectifs

    Le bruant ortolan, un migrateur au long cours de la famille des bruants, est au bord de l'extinction dans notre pays. Comme dans la majeure partie de l'Europe, sa population est en net recul et se limite aujourd'hui à quelques rares sites du Valais. L'objectif du projet consiste à revitaliser des milieux pour offrir des sites de nidification ad hoc au bruant ortolan.

    Procédé

    Au cours des dernières années, les ortolans territoriaux valaisans ont été dénombrés et des mesures de conservation mises en place. De 2010 à 2015, différentes mesures en faveur de la dernière population nicheuse de Suisse ont été prises dans la région de Loèche. Le programme de conservation se compose d’un paquet de quatre mesures agissant en synergie : (1) culture annuelle de parcelles d'avoine dans la plaine du Rhône (3 à 5 ha/an) ; (2) éclaircissement des zones reconquises par les buissons ou la forêt dans la steppe rocheuse (5 ha au total) ; (3) pâture de la steppe rocheuse par des races locales : chèvre haut-valaisanne col noir, mouton roux du Valais (environ 20 ha/an) ; et (4) brûlis unique et contrôlé de la strate herbacée dans les zones de steppe rocheuse présentant une couverture végétale trop dense (3 ha au total).

    Ces mesures de conservation se fondent sur les résultats d'études scientifiques récentes menées sur l'espèce en Suisse et en Catalogne. L'avoine est une céréale riche en protéines constituant une source de nourriture cruciale pour le bruant ortolan, particulièrement au printemps après son retour de ses quartiers africains. L’ouverture des milieux par l'éclaircissement, la pâture et le brûlis favorise la diversité des plantes et des insectes, autant qu'elle facilite l'accès aux proies pour les ortolans. Le programme vise donc à revitaliser la steppe rocheuse, rétablir des milieux pionniers et, ce faisant, créer des habitats adéquats pour la reproduction du bruant ortolan.

    Importance

    La présence du bruant ortolan se limite aujourd'hui au Valais. Sans conservation spécifique, le bruant ortolan disparaîtra d'ici quelques années de notre pays.

    Résultats

    Les mesures de réimplantation d'avoine seules n'ont pas permis d'éviter le déclin de l'espèce : malgré des champs mis en place à proximité immédiate des populations de bruant depuis 2005, bien fréquentés par ces oiseaux, le déclin des effectifs s'est poursuivi, pour atteindre un minimum de 7 territoires en 2009 pour l'ensemble du canton, dont 4 sur le coteau de Loèche. En 2015, un seul et unique mâle chanteur a été trouvé !

    Nous verrons dans les prochaines années si l’espèce disparaît complètement de notre pays comme nicheur ou si de nouvelles petites populations se forment localement. Le projet de conservation a eu comme effet secondaire que les mesures se sont répercutées positivement sur la diversité des espèces de la steppe rocheuse : l'alouette lulu niche à nouveau sur le coteau et quelques pipits rousselines isolés peuvent même s'y faire entendre – deux espèces qui tirent profit de la végétation clairsemée.

    Responsable de projet

    Alain Jacot, Emmanuel Revaz

    Soutien financier

    Tierhilfe-Stiftung von Herbert und Dora Ruppanner
    Parrotia Stiftung
    Service des forêts et du paysage
    Parc Naturel Pfyn-Finges

    Publications

    Revaz, E., B. Posse, A. Gerber, A. Sierro & R. Arlettaz (2005):
    Quel avenir pour le bruant ortolan Emberiza hortulana en Suisse?