20 ans MONiR

    Depuis le milieu des années 1980, la Station ornithologique suit l’évolution d’un grand nombre d’espèces nicheuses plutôt rares, grâce à son large réseau de bénévoles à travers tout le pays. En revanche, les fluctuations à court terme et les modifications à long terme des oiseaux nicheurs plus fréquents et largement répandus sont longtemps restées mal documentées.

    Les 267 carrés kilométriques recensés chaque année depuis 1999 se basent essentiellement sur le réseau du Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD).
    Les 267 carrés kilométriques recensés chaque année depuis 1999 se basent essentiellement sur le réseau du Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD).
    photo © archives de la Station ornithologique
    En moyenne, environ 33 espèces (au sommet) et 242 territoires (en dessous, représentation de la moyenne et de l’écart-type) sont relevés par an et par carré kilométrique. Les deux valeurs ont légèrement progressé au fil des ans, ce qui est dû en premier lieu à l’augmentation de quelques espèces forestières.
    En moyenne, environ 33 espèces (au sommet) et 242 territoires (en dessous, représentation de la moyenne et de l’écart-type) sont relevés par an et par carré kilométrique. Les deux valeurs ont légèrement progressé au fil des ans, ce qui est dû en premier lieu à l’augmentation de quelques espèces forestières.
    photo © archives de la Station ornithologique

    photo © archives de la Station ornithologique

    La réalisation de l’atlas des oiseaux nicheurs 1993-1996 avait permis de mettre au point une méthode fondée sur un procédé simplifié de cartographie des territoires et destinée à collecter efficacement des données relatives à la répartition et aux effectifs dans toute la Suisse. Sur cette base, nous avons mené des tests à large échelle au Tessin en 1997 et en 1998, qui ont confirmé la faisabilité des relevés quantitatifs même sur les terrains difficiles. Forte de ce succès, la Station ornithologique a lancé en 1999 le Monitoring des oiseaux nicheurs répandus (MONiR), un projet de surveillance qui, depuis, recense chaque année les effectifs dans 267 carrés kilométriques représentatifs.

    L’importance de l’uniformisation

    Pour les recensements effectués sur la durée, il est essentiel de disposer de directives claires qui ne changent pas au fil des années. Le facteur humain implique toujours une certaine marge d’erreur indiscutable, qui requiert une sage prudence dans l’interprétation des résultats.

    Les carrés kilométriques sélectionnés pour le MONiR sont en grande partie intégrés dans le réseau d’échantillonnage du Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD). Par endroits, ils ont été légèrement décalés quand ils n’étaient pas adaptés à des recensements quantitatifs pour des raisons topographiques, par exemple en cas d’inaccessibilité sur des terrains très abrupts ou largement couverts par des lacs. Les parcours établis restent fixes. Les cartographes se basent sur les indications de leurs prédécesseurs en ce qui concerne la date et la durée du recensement. Pour les espèces nicheuses qui arrivent tardivement, les observations doivent être effectuées après une certaine date ; pour les espèces plus rares, les exigences sont plus sévères en matière d’indices de nidification. Le logiciel Terrimap, lancé en 2006, et sa version en ligne, Terrimap online, qui l’a remplacé à partir de 2012, ont contribué de leur côté à une uniformisation supplémentaire et à une réduction des erreurs.

    L’organisation régulière de cours, l’initiation des nouveaux venus par des cartographes expérimentés et le contrôle minutieux des données cartographiques ont pour objectif d’assurer la meilleure continuité possible dans les résultats des recensements. Une automatisation de la délimitation des territoires est en cours de réflexion afin d’aider les cartographes et d’obtenir une comparabilité encore meilleure à l’échelle suisse.

    Progression des espèces répandues

    Pour établir des tendances pertinentes, une espèce doit si possible être présente chaque année sur au moins 30 surfaces. Actuellement, 74 espèces remplissent ce critère. Mais, dans le cas du Tarier des prés et du Pouillot du siffleur, l’échantillon risque bientôt de se révéler insuffisant. Sur l’ensemble de la période 1999-2018, 56 espèces ont enregistré une hausse, 25 sont restées stables (en dépit de fluctuations parfois considérables à court terme) et 17 ont subi un recul. Ce tableau d’ensemble plutôt positif s’explique par le fait que le MONiR recense surtout des espèces fréquentes, répandues et donc peu exigeantes. Les oiseaux sédentaires, les généralistes, ainsi que diverses espèces forestières, ont plutôt progressé. Parmi les migrateurs au long cours, peu représentés dans le MONiR, figurent en revanche plusieurs espèces qui connaissent des régressions parfois marquées.

     

    Vue d’ensemble des cartographies du MONiR 1999-2018 
    Carrés kilométriques cartographiés par an 267
    Total des cartographies validées 5285
    Cartographies manquantes ou non validées 55
    Total des territoires trouvés 1 278 236 
    Espèces nicheuses rencontrées 164
    Cartographes impliqués ≥ 528 

     

    Un thermomètre de l’avifaune

    Les atlas permettent de procéder à une évaluation de la situation tous les 20 ans seulement, et ceci avec une grande précision spatiale. Par contre, le MONiR permet d’identifier les nouvelles tendances au bout de quelques années déjà. Ce fut par exemple le cas pour la Fauvette des jardins et le Gobemouche gris, qui ont subitement essuyé des baisses sensibles à partir du début des années 2000 et ont perdu depuis environ un tiers de leurs effectifs. Grâce au système d’alerte du MONiR, les espèces touchées peuvent rapidement être inscrites dans la Liste rouge, ce qui permet, le cas échéant, d’étudier les causes de leur recul et de prendre des mesures.