Exploitation du bois et protection de la nature

    L'exploitation accrue du bois et la sauvegarde de la biodiversité ne sont pas inconciliables. Si certaines conditions sont respectées, une exploitation plus intensive du bois peut même promouvoir la biodiversité dans la forêt. La Station ornithologique suisse de Sempach montre la façon de procéder.

    Objectifs

    La forêt suisse doit remplir de nombreuses fonctions : production de bois, hébergement des plantes et des animaux, protection des zones bâties, des voies de communication et des eaux souterraines, et espace de détente pour l'être humain.

    La réorientation de la politique forestière suisse est actuellement l'objet de discussions. L'objectif consiste à exploiter davantage de bois que par le passé.

    Dans tous les cas, le forestier constitue le point de rencontre de sollicitations souvent divergentes par rapport à la forêt. Leur conciliation rend le martelage difficile en forêt.

    La Station ornithologique de Sempach a été chargée par l'Office fédéral de l'environnement d'évaluer les conséquences d´une exploitation plus intensive du bois sur la protection de la nature en forêt et d'établir des fiches techniques permettant aux forestiers sur le terrain de mettre en oeuvre davantage de mesures favorables à la nature dans la forêt productive.

    Procédé

    D'abord, les forêts productives de Suisse ont été réparties entre six groupes. Selon un processus de plusieurs étapes, des objectifs possibles ont été définis pour chaque groupe du point de vue de la protection de la nature, et des mesures permettant d'atteindre ces objectifs ont été débattues. La pertinence des projets de fiches techniques a ensuite été vérifiée par des forestiers n'ayant pas encore participé au projet sur la base de martelages concrets, et les projets ont été adaptés le cas échéant à partir des expériences acquises.

     

    Importance

    Environ la moitié des quelque 41 000 espèces animales, végétales et fongiques de Suisse vivent dans la forêt. Pour les oiseaux nicheurs, la forêt constitue aussi le milieu le plus riche en espèces et en individus. 58 des 195 espèces régulières d´oiseaux nicheurs indigènes (30 %) sont tributaires de la forêt pour survivre. Sur les dix espèces les plus fréquentes, huit vivent dans la forêt.

    La définition de la politique forestière a donc des répercussions directes sur l´avifaune de la forêt et, d'une manière générale, sur la biodiversité.

    Résultats

    Par rapport aux terres cultivées, la biodiversité en forêt se porte relativement bien. Suite à l'exploitation conforme à la station appliquée au cours des dernières décennies, nous ne trouvons que peu d´espèces menacées parmi les oiseaux des forêts - beaucoup moins que dans le paysage rural et dans les zones humides, par exemple. Néanmoins, ces derniers temps, un certain nombre d'espèces forestières autrefois fréquentes se sont raréfiées. Sur de vastes zones du Plateau notamment, des espèces assez sensibles n'apparaissent plus. La plupart d'entre elles sont photophiles et thermophiles et ont besoin de forêts plus aérées. La diversité des espèces en forêt peut être encouragée par une exploitation plus intensive du bois, pourvu que certaines conditions soient respectées. Une forte intensification de l'exploitation dans le seul but de produire du bois aurait cependant des conséquences néfastes. Des fiches et des notices techniques peuvent aider le forestier à tenir compte des besoins d'espèces exigeantes, même en cas d'exploitation intensive du bois.

     

    Responsable de projet

    Simon Birrer, Pierre Mollet

    Partenaire

    Bundesamt für Umwelt BAFU

    Soutien financier

    Sophie und Karl Binding Stiftung
    Jubiläumsstiftung Jutzler

    Publications

    Hahn, P., D. Heynen, M. Indermühle, P. Mollet & S. Birrer (2005):
    Holznutzung und Naturschutz. Praxishilfe mit waldbaulichen Merkblättern.