Publications

    

    Knaus, P., C. Müller, T. Sattler, H. Schmid, N. Strebel & B. Volet (2019)

    État de l'avifaune en Suisse. Rapport 2019.

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    Station ornithologique suisse, Sempach

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    peter.knaus@vogelwarte.ch

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    Résumé

    Mi-mai, 5 heures du matin. Je me trouve dans une forêt du Plateau suisse, où j’écoute le gazouillis retentissant des oiseaux. Les mâles chanteurs d’espèces tout à fait communes s’égosillent comme s’il s’agissait d’un concours de chant. Dans la prairie avoisinante, un renard, un milan royal et plusieurs corneilles cherchent leur nourriture avec application. Il y a plus de 30 ans, j’ai passé des heures innombrables dans ce coin de forêt. Avec deux camarades d’école, nous recherchions des nids, et comparions les oeufs et les oisillons avec les photos de notre guide d’ornithologie. Dès l’aube, nous nous tenions aux aguets à la lisière des bois, heureux d’observer des lièvres et des chevreuils. Alors que les pinsons, les merles et les mésanges chantent à qui mieux mieux, je tente de me rappeler les oiseaux que j’entendais à l’époque mais plus aujourd’hui. Je me souviens avoir entendu, exactement à la même place, le premier Pouillot siffleur. C’était un chanteur régulier de cette forêt, tout comme le Gobemouche noir. Le Lièvre brun était également un habitué de la lisière. Depuis, ces trois espèces ont déserté ces lieux.
    Avez-vous déjà eu l’occasion de faire de telles comparaisons ? On s’habitue si vite à l’évolution des milieux naturels et de leurs habitants ! C’est un phénomène insidieux. Seul le recensement systématique des oiseaux nicheurs sur plusieurs années, effectué dans des habitats « très ordinaires », peuplés par des espèces « très ordinaires », révèle comment la Suisse et son avifaune se modifient. C’est à cet effet justement qu’il y a 20 ans, le Monitoring des oiseaux nicheurs répandus (MONiR) a été créé par mesure de précaution, sachant l’importance de ces données. Aujourd’hui, nous disposons de séries de données pour 267 carrés kilométriques, qui rendent compte de l’évolution de la répartition et des effectifs des espèces nicheuses répandues. Un travail extraordinaire et précieux !
    En tant que responsable des services de la protection de la nature, de la chasse et de la pêche du canton de Saint-Gall, je me suis souvent félicité de pouvoir recourir aux données ornithologiques de la Station de Sempach, comme celles du MONiR. Elles étaient non seulement utiles pour évaluer des projets de construction à vocation environnementale, comme des éoliennes ou des révisions de plans directeurs, mais aussi pour mettre au point la stratégie Biodiversité du canton de Saint-Gall. Nous avons d’abord procédé à une analyse globale afin de définir ensuite les mesures adéquates. Les données relatives aux oiseaux nicheurs figuraient, là aussi, parmi les plus fiables et les meilleures auxquelles nous ayons eu accès.
    J’espère que les résultats des nombreux cartographes enthousiastes pourront contribuer encore davantage à la sauvegarde de la biodiversité locale. Et c’est avec plaisir que je me lèverai à nouveau à 4 heures 30 du matin dimanche prochain pour cartographier « mon » carré MONiR ! Pour le bien de notre avifaune.

    Dr Dominik Thiel, Chef du service de la nature, de la chasse et de la pêche du canton de Saint-Gall et membre de la commission scientifique de la Station ornithologique suisse