La Station ornithologique ne relâche pas l’effort

    La loi exige que l’impact des éoliennes sur les oiseaux soit examiné de manière approfondie avant qu’elles soient autorisées. La Station ornithologique a élaboré un nouveau guide, qui recommande des standards méthodologiques reposant sur les connaissances les plus récentes.

    Le parc éolien Gütsch sur les hauts d’Andermatt, UR.
    Le parc éolien Gütsch sur les hauts d’Andermatt, UR.
    photo © Daniela Heynen

    Les risques majeurs qu’entraîne l’utilisation de l’énergie éolienne pour les oiseaux sont la détérioration de leur habitat et le risque de collision avec les installations éoliennes. Dans la pratique, la protection des oiseaux est toutefois très peu prise en compte au cours de la phase de planification des installations : leur implantation est souvent encouragée sur des sites où les conditions de vent semblent a priori favorables – indépendamment de la présence d’espèces d’oiseaux menacées ou prioritaires. Or, la loi stipule que les éoliennes d’une puissance égale ou supérieure à 5 mérechergawatts doivent faire l’objet d’une Etude de l’impact sur l’environnement (EIE) au plus tard avant l’autorisation par les autorités, comme tous les bâtiments et installations susceptibles de polluer ou de perturber gravement l’environnement.

    L’évaluation scientifique des effets possibles sur les oiseaux d’un parc éolien planifié n’est possible que par l’application d’une méthodologie solide. Il n’existe toutefois pas aujourd’hui de prescriptions nationales officielles en la matière, avec pour conséquence une qualité très variable de ces études selon les cantons. La Station ornithologique comble aujourd’hui cette lacune : dans son nouveau guide, elle élabore des standards méthodologiques pour ces investigations concernant l’avifaune. En principe, il faut prendre en compte dans une EIE toutes les espèces de la liste rouge et toutes les espèces prioritaires au niveau national. Dans l’état actuel des connaissances, 46 espèces d’oiseaux nicheurs et 2 espèces hôtes doivent être considérées en Suisse comme sensibles aux éoliennes, et toutes les espèces en migration comme à risque de collision. Dans les zones de nidification, nous recommandons également des distances minimales, forcomme cela se fait en Allemagne. D’un point de vue de la protection des oiseaux, les éoliennes doivent être érigées de préférence dans des zones présentant un risque de conflit le plus faible possible.

    Stefan Werner