Communiqués de presse
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    D’un site de villégiature hivernale à l’autre (06.02.2018)

    Le voyage des oiseaux migrateurs n’est pas toujours terminé une fois arrivés dans leurs quartiers d’hiver en Afrique. La Station ornithologique de Sempach a montré que des rousserolles turdoïdes suivies à l’aide de géolocalisateurs déménageaient vers un second site plus riche pour la deuxième partie de leur hivernage.

    La rousserolle turdoïde niche dans les grandes roselières au bord des lacs. Elle quitte la Suisse à la fin de l’été et revient en avril.
    La rousserolle turdoïde niche dans les grandes roselières au bord des lacs. Elle quitte la Suisse à la fin de l’été et revient en avril.
    photo © Mathias Schäf Image en qualité d‘impression
    Les rousserolles turdoïdes tchèques (bleu) hivernent plus à l’ouest que les bulgares (rouge). Les oiseaux des deux populations choisissent aussi leur deuxième site d’hivernage dans des directions différentes (flèches) Les points indiquent des oiseaux qui n’ont pas changé de site.
    Les rousserolles turdoïdes tchèques (bleu) hivernent plus à l’ouest que les bulgares (rouge). Les oiseaux des deux populations choisissent aussi leur deuxième site d’hivernage dans des directions différentes (flèches) Les points indiquent des oiseaux qui n’ont pas changé de site.
    photo © Jaroslav Koleček Image en qualité d‘impression
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    Sempach. – Une fois arrivées dans leurs quartiers d’hiver africains, le grand voyage des rousserolles turdoïdes, petit insectivore nicheur dans les roselières, n’est pas terminé. La Station ornithologique de Sempach et ses collègues de l’Académie des sciences de la République tchèque ont découvert que la majorité des rousserolles suivies avec des géolocalisateurs s’étaient envolées vers un deuxième site d’hivernage en milieu d’hiver.

    L’étude, qui a suivi deux populations distinctes, l’une nicheuse en République tchèque, l’autre en Bulgarie, trouve que trois quarts des rousserolles troquent leur premier site contre un deuxième à des proportions similaires dans les deux populations. Les turdoïdes tchèques, d’abord en zone sub-saharienne de l’Afrique de l’Ouest, se déplacent plus au sud-ouest, leur second site d’hivernage à une distance médiane de 600 km de là. Les oiseaux bulgares optant pour un second site partent d’Afrique Centrale et parcourent près de 1200 km direction sud-est.

    Steffen Hahn, chercheur dans l’équipe « Migrations » à la Station ornithologique suisse et auteur de l’étude, conclut : « Ces changements de sites sont une adaptation des oiseaux aux conditions changeantes dans leurs quartiers d’hiver. » Dans l’étude, la majorité des oiseaux se sont déplacés vers un deuxième site plus humide et plus vert, avec probablement plus d’insectes. Il ajoute que « les déplacements observés – comme d’ailleurs chez la huppe fasciée ou le rossignol progné – soulignent l’importance des sites d’hivernage de qualité et en abondance suffisante pour ces migrateurs, qui passent près de la moitié de l’année en Afrique ! »

    Source
    Koleček J., Hahn, S. Emmenegger T. & P. Procházka (2017) Intra-tropical movements as a beneficial strategy for Palearctic migratory birds. R. Soc. open sci. 5: 171675.
    http://rsos.royalsocietypublishing.org/content/5/1/171675

    Pour en savoir plus

    Sophie Jaquier
    Station ornithologique suisse, 6204 Sempach
    Tél. 041 462 97 98
    sophie.jaquier@vogelwarte.ch

    Tamara Emmenegger
    Station ornithologique suisse, 6204 Sempach
    Tél. 041 462 99 21
    tamara.emmenegger@vogelwarte.ch