Avantages et inconvénients de la proximité de l’homme (01.07.2015)

    Très liée à l’homme, l’effraie des clochers est pourtant sensible aux dérangements et souffre de l’agriculture intensive. Des scientifiques de la Station ornithologique de Sempach et de l’Université de Lausanne l’ont découvert en mesurant l’hormone de stress chez de jeunes effraies. L’intensité de l’agriculture affecte aussi la croissance des chouettes et le nombre de jeunes par nichée.

    L’effraie des clochers est une espèce liée à l’homme. On l’aperçoit de nuit, à proximité des villages.
    L’effraie des clochers est une espèce liée à l’homme. On l’aperçoit de nuit, à proximité des villages.
    photo © Ruedi Aeschlimann Image en qualité d’impression
    L’effraie des clochers niche volontiers dans les granges. Ces deux jeunes ont atteint la taille adulte mais sont encore nourris.
    L’effraie des clochers niche volontiers dans les granges. Ces deux jeunes ont atteint la taille adulte mais sont encore nourris.
    photo © Alex Labhardt Image en qualité d’impression
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    Sempach. – Alors que certaines espèces ne semblent pouvoir vivre que dans habitats exempts de dérangements, d’autres sont bien adaptées à l’homme, à ses activités et aux milieux qu’il a modifiés. L’effraie des clochers, un rapace nocturne qui porte bien son nom, autant par son cri « effrayant » que par sa prédilection pour les granges et les clochers, est l’une de ces espèces nommées « synanthropes » - liées à l’homme sans être domestiques.

    En étudiant de jeunes effraies nées en nichoir dans des bâtiments agricoles, les chercheurs de Station ornithologique et de l’Université de Lausanne ont découvert que les poussins sont sensibles aux dérangements : là où l’activité humaine est forte aux alentours du nichoir, les jeunes sécrètent plus de corticostérone, l’hormone de stress chez les oiseaux, pèsent moins lourd et jouissent d’une moins bonne condition physique.

    L’intensité de l’agriculture dans le rayon de chasse des parents effraies a aussi son importance. En effet, les concentrations d’hormone de stress dans le sang sont également plus hautes chez les jeunes élevés en zone agricole intensive. Là aussi, les poussins jouissent d’une moins bonne condition physique et sont moins nombreux à atteindre l’âge de l’envol que chez les familles logées dans des zones exploitées moins intensivement.

    Ces résultats permettent des conclusions pour la conservation de l’espèce. La Station ornithologique recommande à ceux qui viennent en aide à l’effraie en posant des nichoirs d’installer ceux-ci aux endroits peu fréquentés par les humains. Bettina Almasi, auteur de la recherche, conseille en outre : « Là où les haies sont proches, pour que l’effraie ait les rongeurs dont elle nourrit ses jeunes à disposition ».

    Source
    Almasi, B. P. Béziers, A. Roulin & L. Jenni (2015): Agricultural land use and human presence around breeding sites increase stress‑hormone levels and decrease body mass in western barn owl nestlings. Oecologia 04/2015; DOI: 10.1007/s00442-015-3318-2

    La publication peut être obtenue auprès de son auteur, Bettina Almasi : bettina.almasi@vogelwarte.ch

    Pour en savoir plus

    Sophie Jaquier
    Station ornithologique suisse
    6204 Sempach
    Tel. 041 462 97 98
    sophie.jaquier@vogelwarte.ch