Une lueur d’espoir (09.08.2022)

    Au cours de la dernière décennie, le bruant proyer a subi une chute dramatique de ses effectifs. La cause en est l’agriculture intensive. Il subsiste aujourd’hui dans les habitats revalorisés écologiquement. Cette année est la première depuis de nombreuses à connaître un nombre important d’observations de bruants proyers.

    Le bruant proyer vit dans des zones agricoles extensives où il aime se percher sur des buissons exposés. En raison de l’agriculture intensive, il ne trouve plus d’habitats appropriés et est désormais considéré comme « au bord de l’extinction ».
    Le bruant proyer vit dans des zones agricoles extensives où il aime se percher sur des buissons exposés. En raison de l’agriculture intensive, il ne trouve plus d’habitats appropriés et est désormais considéré comme « au bord de l’extinction ».
    photo © Marcel Burkhardt Image en qualité d’impression
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    Sempach. – Auparavant, le bruant proyer était un oiseau nicheur commun des zones ouvertes de cultures agricoles et maraîchères. Depuis, l’intensification de l’agriculture est passée par là, et l’espèce s’est pratiquement éteinte en Suisse. Ses effectifs ont chuté de 60 % au cours de la dernière décennie, et il ne reste actuellement qu’une centaine de couples nicheurs. La dernière liste rouge des oiseaux nicheurs le catégorise comme « au bord de l’extinction ».

    Pour subsister, le bruant proyer a besoin de surfaces de promotion de la biodiversité de haute qualité, en particulier de vastes jachères fleuries ou de prairies extensives, dotées de structures comme des haies ou des arbres isolés. Les derniers bastions du proyer se situent là où il bénéficie de mesures à son attention : trois quarts des effectifs se concentrent aujourd’hui sur trois grandes surfaces des terres cultivées revalorisées. Il s’agit de la champagne genevoise, du Klettgau schaffhousois – où la Station s’engage depuis plus de dix ans – et du Grand Marais des cantons de Berne et Fribourg, où BirdLife Suisse travaille à la conservation de l’espèce.

    Cette année, la Station ornithologique a reçu plus signalements de bruants proyers en période de reproduction qu’elle n’en avait reçu depuis plus de 20 ans. Bien que cela soit probablement dû en grande partie à une arrivée exceptionnelle en provenance d’autres régions d’Europe, cela constitue tout de même une lueur d’espoir.

    Par exemple, dans la plaine de Wauwil (LU), au moins trois couples ont niché avec succès dans des zones que la Station ornithologique valorise écologiquement en collaboration avec des agriculteurs et agricultrices locaux. La dernière nidification réussie dans la région remonte à presque 10 ans. Si ces bruants proyers ont pu élever des petits cette année, c’est en partie grâce à la fauche tardive, qui a épargné les nids. Mais pour assurer la survie à long terme de l’espèce en Suisse, il faut davantage de surfaces riches en structures et non perturbées comme les jachères florales. Ainsi, la revalorisation écologique des zones agricoles sera un succès – pour le bruant proyer et la biodiversité en général.
     

    Le bruant proyer
    Malgré son plumage simple, le bruant proyer est un oiseau qui se remarque, du moins pendant la période de reproduction. Du haut d’un buisson ou d’un arbre, le mâle fait entendre sans cesse son chant métallique et grinçant caractéristique. Cet oiseau originaire des steppes habite chez nous des paysages cultivés vastes, ouverts et diversifiés.
    Plus d’informations : www.vogelwarte.ch/bruant-proyer.

    Pour en savoir plus

    Chloé Pang
    Station ornithologique suisse
    6204 Sempach
    041 462 97 98
    chloe.pang@vogelwarte.ch