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L’incendie de Loèche: monitoring des oiseaux nicheurs en 2006, trois ans après l’événement

Posse, Bertrand; Sierro, Antoine
Langue
fre
Année de publication
2007


Résumé

Le 13 août 2003, après plus de 3 mois de sécheresse, environ 310 ha de forêt (pinède, pessière et mélézin) partaient en flammes au-dessus de Loèche dans le Valais central. En 2006, l’Antenne valaisanne de la Station ornithologique a lancé un suivi des oiseaux nicheurs diurnes selon la méthode du MONIR. De plus, deux soirées ont été consacrées à l’écoute des espèces nocturnes.

402 territoires de 45 espèces d’oiseaux nicheurs ont été recensés trois ans après l’incendie. Parmi les espèces nicheuses, 4 appartiennent à la Liste Rouge (Alouette lulu, Torcol, Monticole de roche, Engoulevent) et 8 aux espèces du Programme prioritaire. Parmi les plus abondantes, 3 espèces peu fréquentes ou menacées (Rougequeue à front blanc, Bruant fou, Monticole de roche) forment les 30% des effectifs. Les 14 espèces les plus abondantes (10 territoires et plus) forment les 77% de l’effectif. Nous avons avant tout rencontré des espèces de milieux ouverts.

Le Rougequeue à front blanc (59 territoires) était l’espèce la plus commune, certainement attirée par les surfaces de sol nu. Puis, en ordre décroissant d’abondance, venaient le Bruant fou (47), le Pinson des arbres (34, espèce ubiquiste), le Rougequeue noir (23), le Pipit des arbres (20), le Serin cini, le Chardonneret (17), le Gobemouche gris et le Venturon montagnard (16). Le Serin, le Venturon et le Chardonneret étaient probablement attirés par les graines des plantes pionnières, disponibles en abondance après l’incendie ; d’ailleurs, avec le Pinson des arbres, ces 4 espèces de fringilles forment le 21 % de l‘effectif des oiseaux nicheurs. Le Monticole de roche (13 territoires) est la dixième espèce la plus abondante et a colonisé les secteurs les plus ouverts, alors qu’il est absent du pied du coteau de Loèche/Platten depuis 1996 – à l’exception d’un territoire en 2006. Notons aussi la présence du Pic tridactyle (3 territoires), dont la préférence pour les arbres morts est bien connue. Un Engoulevent était cantonné au bas de la zone incendiée, sur un secteur où les arbres et les arbustes ont déjà bien repoussé.

Les espèces typiquement forestières étaient rares sur la zone incendiée. Les espèces les mieux représentées étaient la Mésange noire (12), le Troglodyte (12), l’Accenteur mouchet (12), la Grive draine (10), le Pic épeiche (8), le Bouvreuil pivoine (6) et la Mésange boréale (5).

La colonisation de la zone incendiée par certaines espèces rares, comme le Monticole de roche et le Rougequeue à front blanc, illustre la capacité d’une espèce à réagir positivement à la présence soudaine d’habitats favorables et l’existence de réservoirs insoupçonnés qui laissent entrevoir un potentiel latent. L’incendie de Loèche est aussi un terrain d’expérience pour mieux comprendre les exigences écologiques de certaines espèces menacées, inféodées aux milieux semi-ouverts.

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