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Projet de réseau écologique «Port-Valais et St-Gingolph» (VS): Contrôle d’efficacité et état final 2023

Revaz, Emmanuel; Litsios-Dubuis, Anne
Langue
fre
Année de publication
2024


Résumé

En 2016, le réseau écologique de Port-Valais – St-Gingolph a permis de compléter jusqu’au lac Léman les réseaux agricoles du Chablais valaisan qui avaient démarré deux ans auparavant sur les communes en amont, sous l’impulsion de la Politique agricole 2014-2017. Ce nouveau périmètre couvre une surface supplémentaire de 378 ha, dont 286 ha (76 %) de surface agricole utile partagée entre plaine et zone de montagne 1. Conformément aux exigences de l’Ordonnance sur les paiements directs versés dans l’agriculture (OPD), ce rapport dresse le bilan de la première étape de 8 ans (2016-2023), en vue de la prolongation du projet jusqu’à fin 2026.

En plus d’un appui régulier aux exploitants effectué dans le cadre de son mandat, l’Antenne valaisanne de la Station ornithologique suisse a offert des soutiens plus ciblés dans le cadre de mesures spécifiques de restauration des habitats à l’échelle de l’exploitation, comme des plantations de haies ou de fruitiers hautetige, des améliorations de prairies à l’aide de semences régionales, ou la mise en place de régimes de pâture spécifiques. Une particularité de ce projet de mise en réseau s’est aussi matérialisée dans des synergies étroites établies avec d’autres projets de renaturation, dont celui du canal de La Benna, un ancien bras du Rhône.

En 2023, les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) inscrites dans le réseau atteignaient un total de 46 ha, soit 16 % de la SAU (état initial : 9,5 % ; état visé : 14 %). Plus finement, la proportion de SPB était de 9,8 % en zone de plaine (état initial et état visé : 9,6 %) et de 56 % en zone de montagne 1 (état intial : 8 % ; état visé : 50 %). Les surfaces de qualité au sens de l’OPD représentaient quant à elles 4,6 % de la zone de plaine et 37 % de la zone de montagne 1. Les objectifs quantitatifs et qualitatifs de mise en oeuvre ont donc été atteints.

Les effets des mesures ont été évalués grâce à des relevés ciblés pour la faune et la flore selon des méthodes similaires à celles appliquées pour la description de l’état initial. Des conclusions solides sont difficiles à tirer au terme de cette première période, en raison des relatives faibles surfaces en jeu en zone de plaine et de mesures importantes mais récentes qui n’ont pas encore atteint leur plein développement. Concernant l’avifaune, les espèces cibles et caractéristiques ont soit maintenu soit légèrement augmenté leurs effectifs, à l’exception de l’Alouette des champs. Les oiseaux ont cependant encore une nette marge de progression dans le périmètre, principalement par l’amélioration de la qualité des surfaces de plaine.

Les relevés de la flore et des insectes ont permis de confirmer les valeurs et les lacunes mises en évidence lors de l’état initial, mais aussi de montrer les opportunités et les priorités d’action. En zone de montagne, la préservation des valeurs par une gestion adéquate et une lutte appropriée contre l’expansion des ronces et de la Fougère aigle reste une priorité. En plaine, l’accent doit être mis sur l’entretien des zones humides renaturées, sur les semis de prairies à base de prairies sources de la région, et sur une application intelligente des nouvelles exigences concernant les SPB sur terre assolée.

Collaboratrices et collaborateurs