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Actualités - Communiqués de presse

L’appel de la montagne

04. juin 2024

Pour optimiser l’efficacité des mesures de conservation, savoir où vivent les oiseaux et connaître leurs effectifs est incontournable. Certaines espèces vulnérables vivent dans des milieux hostiles à l’être humain, rendant les efforts de collecte de données ardus. Le suivi acoustique passif permet de pallier cette difficulté. Une nouvelle étude sur le lagopède alpin menée dans les Alpes suisses donne un aperçu de l’étendue des possibilités offertes par cette nouvelle technologie.

Plusieurs sens se prêtent à l’étude des oiseaux : la vue, mais également l’ouïe, puisque les oiseaux chantent ou gardent le contact avec des cris. Tirer profit des vocalisations s’avère utile pour les oiseaux difficiles à voir, que ce soit parce qu’ils vivent de nuit ou dans des habitats peu accessibles. C’est le but du suivi acoustique passif, qui consiste à mettre en place des appareils d’enregistrement dans des zones données. Une fois dans la boîte, les enregistrements sont analysés à l’aide d’algorithmes entraînés à reconnaître les cris de l’espèce-cible.

Cette technique de collecte de donnée a été utilisée dans le cadre d’un projet sur le lagopède alpin, une espèce potentiellement menacée et dont l’habitat est modifié par le changement climatique. Le suivi acoustique passif a permis de détecter des lagopèdes dans une zone qu’on croyait jusqu’alors désertée par l’espèce. Il a également montré que le pic d’activité vocale a lieu entre mi-mars et fin avril, soit environ un mois plus tôt que la période à laquelle les recensements du terrain ont été effectués jusqu’à maintenant.

Le suivi acoustique passif permet donc de compléter et d’améliorer les recensements effectués par la cartographie des zones et d’étendre nos connaissances sur les espèces qui échappent au recensement traditionnel. En savoir plus sur les mœurs et la distribution des espèces menacées permettra ainsi aux mesures de conservation d’être les plus efficaces possibles.

RÉFÉRENCE

Serrurier, A., Zdroik, P., Isler, R., Kornienko, T., Peris-Morente, E., Sattler, T. & J.-N. Pradervand (2024), Moutain is calling – decrypting the vocal phenology of an alpine bird species using passive acoustic monitoring, International Journal of Avian Science IBIS, https://doi.org/10.1111/ibi.13314.

100 ANS D'ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 commee centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indgènes. En 2024, elle fête son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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Anniversaire d’un « naturomètre »

02. mai 2024

Chaque printemps depuis 25 ans, des centaines de bénévoles comptent les oiseaux nicheurs dans tout le pays pour la Station ornithologique suisse. Grâce à ce programme de surveillance, la Station ornithologique sait comment évoluent les effectifs de nos oiseaux nicheurs et peut mettre en évidence des tendances à long terme. Les informations obtenues constituent un instrument important pour la protection de la nature en Suisse.

La surveillance des effectifs de nos oiseaux nicheurs est une tâche centrale de la Station ornithologique suisse. C’est pourquoi elle a mis sur pied le « Monitoring des oiseaux nicheurs répandus » (MONiR) en 1999. Chaque année, des bénévoles recensent systématiquement tous les oiseaux qu’ils voient ou entendent pendant la période de reproduction sur 267 carrés kilométriques répartis dans tout le pays. On peut ainsi extrapoler l’évolution des effectifs pour toutes les espèces d’oiseaux fréquentes pour l’ensemble du pays.

Au cours des 25 dernières années, une quantité impressionnante de données a été réunie : « Grâce au soutien fidèle de plus de 500 bénévoles dans le cadre de MONiR, nous obtenons des informations sur l’évolution des effectifs de près de 130 espèces d’oiseaux nicheurs », se réjouit Samuel Wechsler, responsable de l’unité « Monitoring » de la Station ornithologique.

Ainsi, quelques déclins d’espèces fréquentes deviennent visibles : par exemple, au cours des 25 dernières années, la population du verdier d’Europe a diminué environ d’un tiers. D’autres espèces comme la mésange noire présentent de très fortes fluctuations annuelles, mais leur effectif reste stable à long terme. Ce n’est que grâce à des relevés systématiques menés année après année qu’on peut avancer de telles affirmations et qu’on peut distinguer les développements menaçants des fluctuations inoffensives à court terme.

« Avec la base de données solide et complète du MONiR, nous pouvons montrer comment les effectifs de chaque espèce évoluent à long terme », explique Samuel Wechsler. L’état de l’avifaune reflète la relation de l’homme avec la nature. Les connaissances ainsi acquises avec le MONiR servent de « naturomètre » et sont un instrument important pour la protection de la nature en Suisse.

100 ANS D'ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 commee centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indgènes. En 2024, elle fête son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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Pas touche aux oisillons !

16. avril 2024

De nombreux oisillons quittent le nid avant de savoir voler correctement. Ils continuent à être nourris et protégés par leurs parents. Si, dans les jours à venir, vous trouvez un oisillon posé sur le sol, ne vous inquiétez pas – il n’a généralement pas besoin d’aide.

En ce moment, de nombreux oiseaux sont occupés à se reproduire ou à prendre soin de leurs oisillons. À certains endroits, les premiers jeunes oiseaux ont déjà quitté le nid. Chez certaines espèces d’oiseaux, notamment le merle noir et le rouge-gorge familier, les jeunes s’aventurent hors du nid avant de savoir voler correctement. Cela réduit le risque qu’un prédateur mange tous les jeunes lorsqu’il découvre le nid.

Même s’ils ne savent pas encore vraiment voler, les jeunes oiseaux sont bien équipés pour survivre en dehors du nid. Ils peuvent également continuer à compter sur leurs parents et reçoivent encore de la nourriture pendant un certain temps. Les jeunes oiseaux n’ont donc généralement pas besoin de notre aide. Ce serait même une erreur de les emmener, car même la personne la plus compétente ne sera jamais aussi habile à les élever que les parents oiseaux.

Il arrive cependant que les jeunes oiseaux atterrissent dans un endroit malencontreux lors de leur première sortie, par exemple sur une route ou à proximité immédiate d’un chat. Si un jeune oiseau est en danger aigu, un peu d’aide est alors utile. Il suffit de placer l’oiseau dans un buisson proche. L’odeur des humains ne dérange pas les parents oiseaux, qui continuent à prendre soin des jeunes oiseaux qui ont été touchés.

Si vous ne possédez pas la certitude que les parents de l’oiseau sont à proximité, observez l’oisillon à au moins 50 mètres de distance. S’il n’est pas nourri par les parents pendant une heure, il est conseillé de contacter un centre de soins. Il est également nécessaire de se rendre dans un centre de soins si des oiseaux blessés ou des oisillons à peine emplumés sont trouvés sur le sol. Comme la détention et le soin des passereaux indigènes nécessitent non seulement des connaissances spécialisées mais aussi une autorisation cantonale, il est conseillé de ne pas les emmener chez soi.

QUAND LES JEUNES OISEAUX ONT-ILS BESOIN D'AIDE ?

Il arrive parfois que les bébés oiseaux tombent du nid trop tôt. Ces oiseaux malchanceux sont perdus s’ils ne sont pas pris en charge par un centre de soins. On les reconnaît au fait qu’ils ne peuvent pas sautiller et qu’ils sont généralement à peine emplumés.
Si vous n’avez pas la certitude qu’il s’agit vraiment d’un oisillon tombé du nid trop tôt, il est bon de le photographier et de demander une évaluation à un centre de soins.

La Station ornithologique dirige une station de soins, qui est joignable au 041 462 97 00 du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 13h30 à 17h. Le week-end et les jours fériés, un service d’urgence est organisé de 9h à 12h et de 13h30 à 17h.

VOUS AVEZ TROUVÉ UN OISEAU ?

Il arrive qu’au cours d’une promenade ou dans son jardin, on trouve un oiseau qui ne parvient pas à s’envoler. Dans certains cas, l’oiseau a besoin d’aide ; dans d’autres, une intervention n’est pas nécessaire. Un arbre de décision a été élaboré dans le but d’aider à bien réagir dans les cas les plus fréquents.

Plus d’informations: vogelwarte.ch/oiseau-trouve

100 ANS D'ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 commee centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indgènes. En 2024, elle fête son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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100 ans d’engagement pour les oiseaux

06. avril 2024

100 ans après sa création, la Station ornithologique suisse a fêté son anniversaire en grande pompe. La présidente de la Confédération, Viola Amherd, a transmis les félicitations du gouvernement.

Depuis sa création, la Station ornithologique poursuit des objectifs qui sont toujours d’actualité : comprendre l’avifaune indigène et de la préserver dans toute sa diversité pour les générations futures. « La vision de nos prédécesseurs est devenue une fondation qui étudie et protège les oiseaux en Suisse. L’essentiel est resté : élaborer des bases scientifiques sur lesquelles s’appuyer pour le bien-être des oiseaux et de leurs habitats », a déclaré le directeur de l’institut, Matthias Kestenholz, lors de la cérémonie à Sempach.

Le travail et l’engagement de la Station ornithologique restent indispensables, car de nombreuses espèces d’oiseaux sont menacées. « L’état de l’avifaune en Suisse reflète la manière dont nous traitons la nature dans son ensemble. Grâce à l’excellence de sa recherche et à son travail ambitieux de protection, la Station ornithologique apporte une contribution indispensable sur la voie d’une Suisse plus durable », a déclaré Matthias Kestenholz. La Suisse a besoin des oiseaux, ils font partie de son patrimoine naturel, et doivent pouvoir y vivre durablement. La Station ornithologique compte sur les autorités, les organisations partenaires, les entreprises et la population pour s’engager avec elle sur cette voie, par exemple en votant oui à l’initiative sur la biodiversité qui sera soumise au vote en septembre.

La présidente de la Confédération Viola Amherd a souligné que le soin apporté à la nature nous sert aussi à nous, les humains : « La biodiversité est importante pour le Conseil fédéral, mais elle est sous pression en Suisse. Les oiseaux sont les ambassadeurs de notre biodiversité. Nous avons besoin d’une intervention active, à tous les niveaux politiques, ainsi qu’au niveau de la société. L’histoire à succès de la Station ornithologique prouvent que son travail est efficace », a déclaré la présidente de la Confédération. Le président du gouvernement lucernois, Fabian Peter, a quant à lui remercié la Station ornithologique pour sa collaboration fructueuse et appréciée dans le canton. Il s’est également réjoui de l’attractivité du centre de visite de Sempach, dont la fréquentation s’étend au-delà des frontières cantonales.

La Station ornithologique dispose des meilleures conditions pour continuer sur sa lancée des cent premières années. Elle jouit d’un grand soutien au sein de la population et peut compter sur l’engagement de ses 2000 collaborateurs et collaboratrices bénévoles et des organisations partenaires. Avec son équipe compétente et motivée, elle est active dans de nombreux domaines, qui vont des soins aux oiseaux à la recherche fondamentale et appliquée, en passant par la surveillance des populations, l’éducation à l’environnement, la conservation des espèces et la valorisation des habitats.

100 ANS D’ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 comme centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indigènes. En 2024, elle fête son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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Nids d’oiseaux sur des façades : que faire ?

19. mars 2024

Certaines espèces d’oiseaux nichent sur les bâtiments. Cela peut mener à des conflits d’intérêts entre les besoins des oiseaux et les exigences humaines. Alors que la saison de nidification débute, l’aide à la décision de la Station ornithologique permet de trouver la bonne façon de gérer les nids tout en donnant un coup de pouce aux oiseaux.

Chaque printemps, les oiseaux doivent trouver un site approprié pour leur nid. Certaines espèces jettent leur dévolu sur des bâtiments. Le martinet noir et le moineau domestique, par exemple, élèvent leurs petits dans des cavités sous des tuiles, dans des murs ou même dans des caissons de stores. L’hirondelle de fenêtre et rustique collent leur nid, composé de boulettes de boue, sur les murs des immeubles ou sur les poutres des étables.

Ces oiseaux sont de plus en plus à la peine. Leur présence n’est plus la bienvenue et ils se voient souvent refuser l’accès à des sites de nidification. Les bâtiments modernes sont pour la plupart dépourvus de lieux adéquats, tandis que les bâtiments plus anciens, encore riches en niches ou en cavités, sont démolis ou rénovés. Ainsi, chaque année, de nombreux sites de nidification disparaissent. Les oiseaux qui nichent dans les bâtiments ont donc besoin de notre soutien.

Les nids avec des œufs ou des oisillons sont protégés par la loi, et la reproduction des oiseaux ne doit pas être perturbée. L’outil numérique de la Station ornithologique suisse, en collaboration avec la Conférence des services de la faune, de la chasse et de la pêche CSF, aide à trouver la procédure adéquate en cas d’incertitude face à des nids sure une façade. Les nids utilisés pendant plusieurs années, par exemple par les martinets et les hirondelles, doivent être préservés. Si cela n’est pas possible, des aides à la nidification doivent être proposées en remplacement. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons continuer à profiter de nos messagers du printemps dans nos agglomérations.

QUE FAIRE AVEC DES NIDS D'OISEAUX SUR UN BÂTIMENT?

Il y a souvent des incertitudes quant à la manière de traiter les nids sur les bâtiments. C’est pourquoi la Station ornithologique suisse, en collaboration avec la Conférence des services de la faune, de la chasse et de la pêche CSF, a élaboré un outil numérique d’aide à la décision qui doit permettre de déterminer la procédure adéquate pour les nids d’oiseaux : vogelwarte.ch/nicheurs-batiments

100 ANS D’ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 comme centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indigènes. En 2024, elle fête son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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© Daniele Occhiato

Les limicoles, comme le combattant varié, ont besoin d’espaces ouverts avec des sols humides où ils peuvent se reposer et chercher de la nourriture pendant la période de migration.

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Des paradis d’oiseaux en Suisse

28. février 2024

Environ 40 % des oiseaux nicheurs figurent sur la liste rouge, principalement parce que de nombreux habitats naturels de qualité ont disparu. Avec son programme-cadre « Un nouvel essor pour l’avifaune », la Station ornithologique suisse et ses partenaires créent de nouveaux espaces pour les oiseaux et la biodiversité en Suisse.

En Suisse, un tiers des espèces de plantes, d’animaux et de champignons indigènes sont menacées. Cette proportion atteint même 40 % pour les oiseaux. La destruction des habitats en est la cause. Pour profiter d’une flore et d’une faune riche, nous avons besoin de beaucoup plus d’habitats attrayants pour préserver la biodiversité à long terme. Il faut pour cela contrer la pression croissante exercée par l’humain sur les terres.

Depuis trois ans, la Station ornithologique valorise des habitats et crée des havres durables pour les oiseaux dans toute la Suisse. Ce sont déjà plus de 450 hectares de surfaces de qualité qui ont été créés dans douze cantons et d’autres devraient suivre dans les années à venir. Cela est possible grâce à des partenaires qui mettent à disposition leurs terrains à long terme et qui aident à les transformer en habitats de qualité. Dans ce cadre, la Station ornithologique conseille, planifie et cofinance les revalorisations. Elle accompagne les projets sur le long terme, au-delà de la mise en œuvre des mesures, en effectuant des contrôles d’efficacité.

Les mesures mises en œuvre dans les zones de projet doivent avant tout profiter aux espèces typiques de cet habitat, qui sont en outre pour la plupart menacées. Dans les terres cultivées, par exemple, des jachères florales sont aménagées, des haies et des vergers haute-tige sont plantés et de petites structures érigées. La pie-grièche écorcheur, le rougequeue à front blanc, le lièvre brun et le lézard des souches en profitent. Dans les projets forestiers, l’élagage sélectif permet d’apporter plus de lumière au sol forestier ou de conserver de vieux arbres de manière ciblée, ce qui réjouit le gobemouche noir, les pics ou différents papillons. Enfin, les zones humides sont débroussaillées et des mares sont créées. Ainsi, des limicoles comme le vanneau huppé et le combattant varié, ainsi que des espèces de libellules et d’amphibiens, trouvent un nouvel habitat.

UN NOUVEL ESSOR POUR L’AVIFAUNE
  • Critères pour les projets : au moins 3 hectares de surface à valoriser ; les habitats sont conservés et entretenus pendant au moins six ans ; une plus-value est prévue pour les espèces typiques de cet habitat ; contrôle des résultats ; si cela est indiqué, d’autres mesures sont mises en œuvre.
  • Nouvelle soumission de projets : possible jusqu’en 2028 au moins.
  • État de mise en œuvre : 23 projets en cours sur 450 hectares dans 12 cantons.

Pour en savoir plus sur le projet : www.vogelwarte.ch/nouvelessor

100 ANS D’ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 comme centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indigènes. En 2024, elle fête son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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© Markus Varesvuo
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Réussir son buffet hivernal

15. novembre 2023

Nourrir les oiseaux en hiver est apprécié des hôtes comme des invités à plumes. Pour que la fête soit belle, quelques règles doivent être respectées. La nourriture doit être aussi proche que possible de ce que mangent les oiseaux dans la nature. Il faut également placer la mangeoire à l’abri des prédateurs et s’assurer d’une hygiène irréprochable.

Si les petits oiseaux qui passent l’hiver en Suisse sont bien adaptés aux conditions de la saison froide, l’empathie pour ces frêles boules de plumes sous la pluie ou la neige pousse beaucoup d’amis et amies de la nature à proposer des mangeoires aux oiseaux. Lors de périodes prolongées de couverture neigeuse, de pluie verglaçante ou de sol gelé, la nourriture supplémentaire peut contribuer à la survie de certains individus.

Le nourrissage représente en outre pour de nombreuses personnes le premier contact direct avec l’avifaune. Du point de vue de la Station ornithologique suisse, il n’y a donc rien à redire au nourrissage hivernal des petits oiseaux, tant qu’il est effectué dans les règles de l’art. Ce que l’on sert aux oiseaux et la manière dont on le sert ne devraient pas leur être fatals. Il faut veiller à une bonne hygiène, faire attention au choix de la nourriture et de la mangeoire, et bien choisir l’emplacement de cette dernière.

Le meilleur moyen de venir en aide aux oiseaux est d’aménager son jardin ou son balcon avec des plantes indigènes. Cela leur offre un buffet riche et naturel tout au long de l’année. Un jardin accueillant pour les oiseaux offre à différentes espèces d’oiseaux une nourriture adaptée et naturelle tout au long de l’année.

CONSEILS POUR UN NOURRISSAGE ADAPTÉ
  • La nourriture doit correspondre autant que possible à l’alimentation naturelle des oiseaux. Pour les granivores comme les pinsons, les moineaux, les sittelles et les mésanges, des mélanges contenant une grande part de graines de tournesol et de chanvre sont recommandés. Pour les merles et rougegorges, on peut mettre des pommes, des noix, des flocons d’avoine ou des raisins secs à dispositio
  • Certains agents pathogènes sont transmis d’un oiseau à l’autre par les fientes. Ces dernières ne doivent donc pas entrer en contact avec la nourriture. Des mangeoires avec des bols étroits ou des distributeurs cylindriques permettre d’éviter cela. Le mélange de graines et de fientes qui s’accumule sous la mangeoire doit être nettoyé régulièrement.
  • Le site de nourrissage doit être aménagé dans un endroit dégagé. De plus, des lieux de refuge tels que des buissons ou des arbres à proximité sont importants, mais à une distance d’environ deux à cinq mètres, afin que les oiseaux puissent garder une vue d’ensemble sur leur environnement et s’échapper des prédateurs.
  • La nourriture doit être fraîche tous les jours, de préférence le soir, environ deux heures avant le crépuscule. Il est préférable d’ajouter une quantité de nourriture suffisante pour 24 heures.

Retrouvez des conseils en vidéo et découvrez les hôtes les plus fréquents à la mangeoire sous www.vogelwarte.ch/nourrissage-hivernal/

100 ANS D'ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 comme centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indigènes. En 2024, elle fêtera son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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Bec-croisé des sapins © Irmi Zwahlen
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Année record pour le bec-croisé des sapins

24. octobre 2023

La saison de migration des oiseaux touche à sa fin, et la station de baguage du col de Bretolet (VS) referme ses filets. Cette saison a été marquée par un passage record de becs-croisés des sapins.

En interceptant les oiseaux empruntant le col pour se rendre dans leurs quartiers d’hiver plus au sud, la station de baguage du col de Bretolet, exploitée depuis 1958 par la Station ornithologique suisse de Sempach, recueille de précieuses informations sur la migration des oiseaux– date moyenne de passage, nombre d’individus, ou encore condition corporelle.

Cette année, plus de 2500 becs-croisés des sapins ont été bagués entre août et octobre 2023. Il s’agit d’un record. Cette espèce nomade, qui se déplace volontiers en petits groupes, fait partie de la famille des fringillidés et se nourrit de graines de conifères, en particulier d’épicéa. Ses déplacements sont fortement dépendants de l’offre alimentaire, et il n’est pas rare de voir des troupes transiter par les cols alpins dans tous les sens pour parcourir plusieurs centaines voire milliers de kilomètres, à la recherche de nourriture. La nidification des becs-croisés est par ailleurs flexible et s’adapte à la fructification des épicéas, lui permettant parfois de nicher en plein hiver.

Cet oiseau fortement coloré fait figure de perroquet des montagnes, avec sa coloration pouvant varier entre le rouge, le vert et le jaune. Seuls les mâles adultes ont du rouge sur leur plumage. Les jeunes sont gris et ont un plumage strié. Le bec spécial est adapté à l’ouverture des fruits de conifères. Les oiseaux peuvent être droitiers ou gauchers suivant la manière dont les mandibules sont croisées.

100 ANS D’ENGAGEMENT EN FAVEUR DES OISEAUX

La Station ornithologique a été fondée en 1924 comme centrale de baguage dédiée à l’étude des oiseaux migrateurs. Désormais, elle est le centre de compétence suisse pour la recherche et la conservation des oiseaux indigènes. En 2024, elle fêtera son centenaire, à travers des présentations d’archives, des manifestations et un livre historique.

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Entre falaises et champs de blé

12. octobre 2023

Les résultats de la 12ème édition du concours photo de la Station ornithologique suisse sont désormais connus. Tout en sobriété et en minimalisme chromatique, les photos des photographes primés par le concours international en partenariat avec Canon SA et d’autres partenaires de catégorie sont à retrouver sur photo.vogelwarte.ch.

Sempach. – À l’occasion du concours photo 2023, la Station ornithologique a reçu plus de 8 500 clichés. Le tichodrome échelette d’Andreas Volz a été désigné grand gagnant. Prise dans les Alpes en Autriche, la photographie a fait l’unanimité. Selon Flurin Leugger, membre du jury, c’est le contraste entre l’oiseau coloré et net et les falaises floues et plus ternes en arrière-plan, ainsi que la difficulté de saisir un effet filé de cet oiseau au vol ondulant qui rend la photographie particulièrement réussie.

La mise en perspective de l’oiseau dans son habitat séduit particulièrement dans la photographie naturaliste. Christoph Kaula, qui a remporté la catégorie Action avec son chocard à bec jaune en pleine acrobatie, a maîtrisé sa perspective à la perfection. Sa photo au format carré – un choix courageux, selon Martin Wieser, représentant de Canon – met en scène l’habitat alpin de l’espèce. László Tóth a également choisi le noir et blanc et gagne la catégorie Général avec sa grue cendrée dont on aperçoit la tête dans un champ de blé. Pour Christine Sersch, membre du comité de Naturfotografen Schweiz, c’est une autre manière de représenter un sujet de photographie commun. Elle aime également le contraste et la structure de la photo, et cette impression de douceur qui ressort des épis de blé.

Si l’espèce qui a remporté la catégorie Émotion est aussi une des plus classiques en photographie d’oiseau, la photographie n’en est pas moins saisissante. Les nuées de pinsons du Nord se rassemblant en dortoir géant sur les arbres sont toujours un spectacle hors du commun, particulièrement bien capturé par Christoph Kaula. La composition est rusée, avec une structure verticale sur un plan horizontal, comme explique Nicolas Blanc, membre du jury en tant que représentant de l’Association suisse des photographes et cinéastes naturalistes. Les oiseaux ont presque un effet végétal, agissant comme les feuilles des arbres.

Concours photo 2023 de la Station ornithologique suisse de Sempach

Fasciner à travers l’art de la photographie : telle est la raison d’être du concours photo de la Station ornithologique suisse. Elle espère ainsi montrer la beauté et la diversité de la gent ailée pour attirer l’attention du public et ainsi faire aboutir ses efforts de protection et de conservation. Cela est particulièrement vrai pour l’année à venir, au cours de laquelle la Station ornithologique fêtera son centenaire.

Les photos des finalistes peuvent être admirées sur photo.vogelwarte.ch. Vous y trouvez également toutes les informations sur le prochain concours, qui aura lieu en mai 2024.

Jury

Nicolas Blanc, membre du comité de l’Association suisse des photographes et cinéastes naturalistes ;
Marcel Burkhardt, chef de projet à la Station ornithologique suisse ;
Flurin Leugger, photographe naturaliste ;
Christine Sersch, membre du comité de Naturfotografen Schweiz NFS ;
Martin Wieser, Segment Development Manager chez Canon (SA).

Partenaire principal et partenaires de catégorie
Partenaire principal : Canon (Suisse) SA
Partenaires de catégorie : OM Digital Solutions GmbH (« Action ») ; Sony Europe B.V. (« Émotion »)

photo.vogelwarte.ch – Portfolio 11

Les meilleures photos de la sélection finale du concours 2023 sont aussi publiées sous forme d’album photo, disponible dès mi-novembre sur www.vogelwarte.ch/boutique.

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© Schweizerische Vogelwarte
Actualités - Communiqués de presse

Nouveau plumage pour la Station ornithologique suisse

18. septembre 2023

En 2024, la Station ornithologique suisse fêtera 100 ans d’engagement en faveur des oiseaux. À cette occasion, elle se pare d’un plumage flambant neuf : nouveau logo, nouvelle identité visuelle, et nouveau site internet.

Contact

Chloé Pang
Station ornithologique suisse
6204 Sempach
Tel. +41 41 462 97 98
chloe.pang@vogelwarte.ch

Télécharger le communiqué de presse

Sempach. – La Station ornithologique suisse a vu le jour le 6 avril 1924. À l’époque, elle était dévouée à l’étude de la migration des oiseaux en tant que centrale de baguage. Un siècle plus tard, elle est désormais une prospère fondation pour l’étude et la protection des oiseaux, et mène ses recherches avec des technologies de pointes et des scientifiques hautement qualifiés. Elle emploie aujourd’hui plus de 150 personnes.

En 100 ans d’existence, la Station ornithologique a déjà connu plusieurs logos différents:

 

Le jubilé du centenaire est l’occasion de donner un coup de frais à son image. Le nouveau logo, de sixième génération, a une conception symétrique et se réfère au drapeau suisse, symbolisant l’engagement pour l’avifaune indigène du pays. Plus dynamique, l’oiseau exprime l’efficacité de la Station ornithologique.

L’emballage change, mais les valeurs restent les mêmes : la Station ornithologique suisse met toutes ses forces dans l’étude et la conservation des oiseaux, fidèle à sa mission de comprendre l’avifaune indigène et de la conserver dans toute sa diversité pour les générations futures.

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Des oiseaux alpins à plus de 5000 mètres d’altitude

16. août 2023

La migration automnale a débuté. Pour le traquet motteux, habitant de nos montagnes, il est temps de prendre la route pour ses quartiers d’hiver africains. Une nouvelle étude de la Station ornithologique suisse dévoile qu’au cours de son périple long de 4500 km et bouclé en une trentaine de jours, le petit passereau peut voler à plus de 5000 m d’altitude.

Sempach. – Étudier le cycle annuel d’une espèce est primordial pour sa conservation, en particulier pour des oiseaux alpins vulnérables au changement climatique comme le traquet motteux. Pour ce migrateur, cela inclut l’étude de sa route migratoire et des sites d’escales. Grâce à de nouvelles méthodes utilisant la pression atmosphérique, on en sait désormais plus sur le comportement migratoire, le site d’hivernage et les capacités d’adaptation à la haute montagne du traquet motteux.

Ainsi, des traquets motteux ont été équipés de géolocalisateurs enregistrant la pression atmosphérique et l’intensité lumineuse. Ces appareils qui pèsent à peine plus d’un gramme ont récemment ouvert de nouvelles opportunités pour étudier les oiseaux légers comme le traquet motteux (25g en moyenne). Les résultats montrent que ces petits oiseaux font de courtes escales sur les îles de la Méditerranée et de longues escales pour se ravitailler dans les hauteurs de l’Atlas en Afrique du Nord. Les vols ont été plutôt nocturnes et à des altitudes fluctuant entre 2000 et 4000 mètres, avec un maximum de 5150 mètres.

Par ailleurs, l’étude des mouvements locaux sur le site de nidification révèlent un comportement inattendu : pour s’adapter aux conditions difficiles en haute montagne lors de leur retour printanier, les traquets motteux alpins font des allers-retours vers la vallée pour se nourrir quand il neige.

Source
Rime, Y., Nussbaumer, R., Briedis, M., Sander, M. M., Chamberlain, D., Amrhein, V., Helm, B., Liechti, F. & Meier, C. M. (2023). Multi-sensor geolocators unveil global and local movements in an Alpine-breeding long-distance migrant. Movement Ecology, 11:19. https://doi.org/10.1186/s40462-023-00381-6.

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Première nidification du héron garde-bœufs en Suisse

27. juillet 2023

La Suisse compte un nouvel oiseau nicheur : le héron garde-bœufs a niché pour la première fois en terres helvétiques, comme apogée d’une longue évolution. Les observations du petit héron blanc se sont multipliées ces dernières années.

Sempach. – Parmi les oiseaux, l’histoire de la dispersion du héron garde-bœufs est la plus spectaculaire de toutes. Au XIXe siècle, il ne se trouvait qu’en Afrique, au sud du Sahara, avant de coloniser tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. En Europe, on compte aujourd’hui 90 000 couples nicheurs.

Cette expansion en Europe concerne aussi la Suisse. En l’espace de quelques années, il est passé du statut d’hôte printanier rare à celui d’espèce présente toute l’année. Cette année, un couple s’est même formé, probablement à partir d’un groupe de près de 40 hérons garde-bœufs hivernant au Tessin et a élevé avec succès une nichée de quatre jeunes. Une grande première pour la Suisse !

Le fait que les hérons garde-bœufs nichent dans une zone protégée montre que, malgré leur capacité d’adaptation, ils sont sensibles aux dérangements pendant la période de reproduction. D’autres espèces de hérons sont aux portes de la Suisse et pourraient nicher chez nous, à condition que les zones humides soient restaurées et protégées des dérangements.

Nouvel envol pour les grands échassiers

Depuis quelques années, les effectifs de divers échassiers sont en hausse en Suisse. Plus d’informations sur la page de l’Atlas des oiseaux nicheurs 2013-2016 www.vogelwarte.ch/fr/atlas/focus/nouvel-envol-pour-les-grands-echassiers et dans notre brochure sur les échassiers www.vogelwarte.ch/fr/shop/brochures/echassiers.

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Un fantôme d’un blanc éclatant

04. juillet 2023

La bécasse des bois a des mœurs discrètes et nocturnes. En véritable fantôme de la forêt, on la voit rarement. On sait désormais que les plumes de sa queue ont le blanc le plus pur de tout le monde des oiseaux.

Sempach. – La bécasse des bois est active la nuit et vit retirée dans les forêts humides. Véritable fantôme de la forêt, on la découvre généralement en l’effarouchant sur un chemin de randonnée : on aperçoit alors un oiseau tacheté de brun, de la taille d’un pigeon. En période nuptiale, il est un peu plus facile de repérer l’espèce : son vol de parade, la «croule», est accompagné de cris typiques. Afin d’être visible de partenaires potentiels, les mâles et les femelles présentent le bout de leur queue blanche.

Ces plumes ont une particularité : c’est le blanc le pur de toute l’avifaune. Une équipe de chercheurs et chercheuses, comprenant Lukas Jenni, spécialiste des plumes et ancien directeur scientifique de la Station ornithologique suisse, l’a découvert récemment. À cause de leur structure, ces plumes reflètent la lumière comme aucune autre.

Cette découverte montre combien de choses fascinantes il y a encore à découvrir dans notre avifaune indigène. La bécasse des bois est classifiée comme vulnérable sur la liste rouge des espèces menacées en Suisse. Elle est prioritaire pour la conservation. Au cours des 30 dernières années, elle a pratiquement disparu des régions de basse altitude, alors que sa population est encore stable plus haut. La densification des forêts ou les dérangements sont des causes possibles de cette disparition.

En outre, la bécasse des bois est toujours chassable en Suisse. Les 1000-4000 mâles estimés de la population nicheuse suisse sont à comparer aux 1500-2500 bécasses qui sont tirées chaque automne. Même s’il s’agit probablement principalement d’oiseaux migrateurs en provenance d’Europe du Nord et de l’Est, la conservation de cette espèce nécessite, outre la revalorisation de l’habitat, la mise en œuvre de restrictions de la chasse en Suisse. Il est par exemple question d’étendre la période de protection jusqu’à mi-novembre ou de réduire les quotas de tir. Nous pourrons alors continuer à admirer le blanc le plus pur de l’avifaune dans notre pays – pour autant que le timide esprit des forêts veuille bien se montrer.

Sources

Dunning, J., A. Patil, L. D’Alba, A. L. Bond, G. Debruyn, A. Dhinojwala, M. Shawkey & L. Jenni (2023): How woodcocks produce the most brilliant white plumage patches among the birds. Journal of the Royal Society, Interface 20: 20220920. https://doi.org/10.1098/rsif.2022.0920.

Bohnenstengel, T., V. Rocheteau, M. Delmas, N. Vial, E. Rey, B. Homberger & Y. Gonseth (2020): Projet national sur la Bécasse des bois. Rapport final. Info fauna, Neuchâtel.

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© Marcel Burkhardt
Vautour fauve
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Les fascinants vautours sont de retour

31. mai 2023

Il y a peu, observer un vautour fauve en Suisse était extraordinaire. Depuis une dizaine d’années, l’espèce traverse régulièrement notre ciel. De nombreuses espèces de vautours sont menacées à l’échelle mondiale. Le retour du vautour fauve en Europe va contre cette tendance et est un grand succès de conservation de la nature.

Contact

Chloé Pang
Station ornithologique suisse
6204 Sempach
Tel. +41 41 462 97 98
chloe.pang@vogelwarte.ch

Daniel Hegglin
Fondation Pro Gypaète
8003 Zürich
Tel. 079 352 75 46
daniel.hegglin@swild.ch

Télécharger les images en qualité d’impression

Sempach. – Dans les années 1960, les vautours fauves avaient presque disparus de l’Europe de l’Ouest, excepté en Espagne. Grâce à un projet de réintroduction en France datant d’une quarantaine d’années, les effectifs sont remontés. On estime que 3000 couples nichent à nouveau dans l’Hexagone.

Les individus observés en Suisse proviennent de ce projet de réintroduction, mais aussi d’Espagne et des Balkans. Aujourd’hui, une centaine de vautours fauves passent l’été dans nos montagnes. Il s’agit en majorité de jeunes oiseaux. Il n’existe pas de donnée connue de nidification en terres helvétiques.

Le vautour fauve est équipé pour couvrir de longues distances : avec son envergure de plus de 2,5 mètres, il peut utiliser les thermiques pour planer et faire plusieurs centaines de kilomètres par jour. Cette caractéristique est une adaptation à son comportement alimentaire. Comme c’est un charognard, il doit souvent parcourir de longues distances jusqu’à ce qu’il trouve un cadavre. Sa vue exceptionnelle l’aide aussi dans sa recherche de nourriture :

le vautour fauve est en mesure d’identifier un morceau de 30 cm à plus 3,5 km. Malgré tout, les vautours fauves ne trouvent de loin pas de la nourriture tous les jours. Grâce à des réserves de graisse, un vautour fauve adulte peut survivre deux à trois semaines sans nourriture.

Les vautours ne jouissent pas de la meilleure réputation : on dit d’eux qu’ils apportent la mort et qu’ils sont sales. Cela ne pourrait pas être plus éloigné de la vérité. En effet, grâce à l’élimination rapide des cadavres, les vautours aident à ce que la viande ne pourrisse pas et que les microorganismes responsables de maladies ne se propagent pas. Ils remplissent ainsi une importante fonction écologique.

Le recul des effectifs de plusieurs espèces de vautours en Afrique et en Asie, imputable aux tirs et empoisonnements, est préoccupant. Nous devons d’autant plus nous réjouir de ce succès pour la protection de la nature en Europe. Après le succès de la réintroduction du gypaète barbu dans les Alpes, nous pouvons désormais également observer des vautours fauves en Suisse.

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Évolutions climatiques défavorables pour la niverolle

24. mai 2023

Moins de nourriture de qualité, et moins d’espace à disposition : tels sont les problèmes auxquels devra faire face la niverolle alpine en Suisse. Son futur dépend de ce que nous mettrons en œuvre pour atténuer le changement climatique.

Sempach. – Au cours des 35 dernières années, le changement climatique a avancé le moment de la fonte des neiges de 26 jours en moyenne. Cela pose problème à la niverolle alpine, qui cherche en grande partie la nourriture pour ses petits sur les bords des champs de neige en train de fondre. Ses effectifs sont en recul de près de 15 % depuis les années 1990.

Dans le cadre d’un projet de recherche sur plusieurs années, la Station ornithologique a voulu en savoir plus sur la niverolle alpine et ses exigences en matière d’habitat. On sait que la niverolle alpine établit de préférence son site de nidification là où la neige fond plus tard qu’en moyenne. Les dates d’éclosion ne sont pas autant décalées que celles de la fonte des neiges, influençant la qualité de la nourriture à disposition pour l’élevage de ses jeunes et impactant le développement de ces derniers.

Toutes les espèces alpines sont également concernées par une perte nette d’habitat à disposition : plus de la moitié d’entre elles ont décalé leur aire de répartition vers le haut, en moyenne de 75 mètres en 20 ans. Avec sa surface couverte à 70 % de montagnes, la Suisse porte une grande responsabilité internationale pour les espèces typiques des montagnes : une niverolle alpine européenne sur six vit en Suisse.

Ressources

 

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Des surfaces de promotion de la biodiversité de qualité comme opportunité

09. mai 2023

Les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) sont des habitats importants pour de nombreuses espèces animales, dont certaines sont désormais rares. Les SPB seront obligatoires sur au moins 3,5 % des terres arables dès 2024. C’est le moment idéal pour planifier de tels éléments. Les SPB de qualité offrent également des avantages d’un point de vue agronomique.

Sempach. – Depuis des siècles, les terres cultivées sont l’habitat d’espèces d’oiseaux comme la caille des blés, l’alouette des champs et le bruant proyer, mais aussi d’autres animaux comme le lièvre. Au cours des dernières décennies, les processus d’intensification ont détérioré les conditions de vie de ces animaux en de nombreux endroits. En conséquence, de nombreuses espèces spécialisées dans les terres cultivées se sont raréfiées ou ont même disparu.

Les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) sont des refuges importants pour la faune et la flore. Jusqu’à présent, de tels éléments n’ont été que peu mis en œuvre dans les zones de culture. Cela va changer : à partir de 2024, la Confédération prescrira au moins 3,5 % de SPB sur les terres arables.

Cela offre de grandes opportunités pour la biodiversité, mais aussi pour l’agriculture, particulièrement quand des SPB de qualité sont mises en place, telles que jachères florales ou ourlets sur terres assolées. Elles présentent une grande diversité de plantes sauvages et attirent des insectes importants pour la pollinisation des cultures. Les petits animaux prédateurs comme les araignées, les carabes ou les punaises prédatrices peuvent s’y multiplier et éliminer les insectes indésirables tels que les pucerons. Un équilibre naturel est ainsi créé. Les cultures sont plus robustes et produisent davantage. De plus, les produits phytosanitaires peuvent être économisés.

La diversité des insectes, des fleurs et des graines de plantes constitue également une source de nourriture optimale pour de nombreuses espèces d’oiseaux. Les SPB de qualité restent en place toute l’année et offrent aux animaux sauvages non seulement une des conditions idéales pour élever leur progéniture, mais aussi des refuges en hiver. Ainsi, alouette des champs, lièvre et compagnie ont à nouveau de meilleures chances de survie.

La Station ornithologique suisse rappelle donc que c’est le moment idéal pour planifier de telles surfaces. Ne laissons pas passer cette chance, car les SPB de qualité sur les terres cultivées ne profitent pas seulement aux oiseaux et aux autres animaux sauvages, mais aussi aux hommes.

Surfaces de promotion de la biodiversité de qualité dans les terres arables
  • Jachères florales et tournantes :
    Surfaces pluriannuelles intégrées dans la rotation des cultures semées avec des plantes sauvages des champs
  • Ourlets sur terres assolées :
    Bandes permanentes semées avec des herbes sauvages des champs
  • Bandes pluriannuelles semées pour organismes utiles :
    Bandes semées avec des fleurs sauvages
Plus d’informations

Prise de position « Les surfaces de promotion de la biodiversité dans les champs » : www.vogelwarte.ch/spb-terres-arables

Fiche info « Fonctions écologiques des surfaces de promotion de la biodiversité sur terre arables » : www.vogelwarte.ch/fonctions-spb-terres-arables

Promotion de la biodiversité sur les exploitations agricoles : www.agrinatur.ch

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Pas touche aux oisillons !

11. avril 2023

De nombreux oisillons quittent le nid avant de savoir voler correctement. Ils continuent à être nourris et protégés par leurs parents. Si, dans les jours à venir, vous trouvez un oisillon posé sur le sol, ne vous inquiétez pas – il n’a généralement pas besoin d’aide.

Sempach. – En ce moment, de nombreux oiseaux sont occupés à se reproduire ou à prendre soin de leurs oisillons. À certains endroits, les premiers jeunes oiseaux ont déjà quitté le nid. Chez certaines espèces d’oiseaux, notamment le merle noir et le rouge-gorge familier, les jeunes s’aventurent hors du nid avant de savoir voler correctement. Cela réduit le risque qu’une nichée entière soit perdue si un prédateur trouve le nid.

Même s’ils ne savent pas encore vraiment voler, les jeunes oiseaux sont bien équipés pour survivre en dehors du nid. Ils peuvent également continuer à compter sur leurs parents et reçoivent encore de la nourriture pendant un certain temps. Les jeunes oiseaux n’ont donc généralement pas besoin de notre aide. Ce serait même une erreur de les emmener, car même la personne la plus compétente ne sera jamais aussi habile à les élever que les parents oiseaux.

Il arrive cependant que les jeunes oiseaux atterrissent dans un endroit malencontreux lors de leur première sortie, par exemple sur une route ou à proximité immédiate d’un chat. Si un jeune oiseau est en danger aigu, un peu d’aide est alors utile. Il suffit de placer l’oiseau dans un buisson proche. L’odeur des humains ne dérange pas les parents oiseaux, qui continuent à prendre soin des jeunes oiseaux qui ont été touchés.

Si vous ne possédez pas la certitude que les parents de l’oiseau sont à proximité, observez l’oisillon à au moins 50 mètres de distance. S’il n’est pas nourri par les parents pendant une heure, il est conseillé de contacter un centre de soins. Il est également nécessaire de se rendre dans un centre de soins si des oiseaux blessés ou des oisillons à peine emplumés sont trouvés sur le sol. Comme la détention et le soin des passereaux indigènes nécessitent non seulement des connaissances spécialisées mais aussi une autorisation cantonale, il est conseillé de ne pas les emmener chez soi.

Quand les jeunes oiseaux ont-ils besoin d’aide ?

Il arrive parfois que les bébés oiseaux tombent du nid trop tôt. Ces oiseaux malchanceux sont perdus s’ils ne sont pas pris en charge par un centre de soins. On les reconnaît au fait qu’ils ne peuvent pas sautiller et qu’ils sont généralement à peine emplumés.
Si vous n’avez pas la certitude qu’il s’agit vraiment d’un oisillon tombé du nid trop tôt, il est bon de le photographier et de demander une évaluation à un centre de soins.

La Station ornithologique dirige une station de soins, qui est joignable au 041 462 97 00 du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 13h30 à 17h. Le week-end et les jours fériés, un service d’urgence est organisé de 9h à 12h et de 13h30 à 17h.

Vous avez trouvé un oiseau ?

Il arrive qu’au cours d’une promenade ou dans son jardin, on trouve un oiseau qui ne parvient pas à s’envoler. Dans certains cas, l’oiseau a besoin d’aide ; dans d’autres, une intervention n’est pas nécessaire. Pour trancher, une aide à la décision est à votre disposition.

Plus d’informations : vogelwarte.ch/oiseau-trouve

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La situation se complique pour le lagopède

23. janvier 2023

Le lagopède alpin est particulièrement vulnérable au changement climatique. Ses effectifs reculent avec le rétrécissement de son habitat et de nouvelles pressions liées au tourisme aggravent encore sa situation.

Sempach. – Cet hiver particulièrement doux suscite des discussions qui pourraient porter un peu plus à préjudice au lagopède alpin : on parle désormais d’abandonner les infrastructures de tourisme d’hiver en moyenne montagne et de développer la haute montagne, aux dépends de la protection de la nature. Or, pour que la perdrix des neiges puisse se maintenir en Suisse, il faut conserver les habitats variés qui restent, et préserver les sites prioritaires et les habitats futurs des infrastructures de sports d’hiver. Autrement, elle risque à terme de disparaître des Alpes.

Un habitat qui s’amenuise et des dérangements plus nombreux

Le lagopède alpin a besoin d’un territoire à végétation basse et peu dense avec une grande diversité de cailloux et de formations rocheuses. Les milieux comportant des pistes de ski, des arbres, une végétation plus dense ou même de la forêt à proximité sont rarement colonisés. Avec la limite de la forêt qui remonte avec les températures, l’habitat approprié disponible se contracte. Investir ces rares espaces pour le développement des sports de neige en plus haute altitude serait dramatique, sans parler des dérangements liés à la présence humaine en été et en hiver.

Populations à tendance négative et responsabilité suisse

Le lagopède alpin a besoin d’un territoire à végétation basse et peu dense avec une grande diversité de cailloux et de formations rocheuses. Les milieux comportant des pistes de ski, des arbres, une végétation plus dense ou même de la forêt à proximité sont rarement colonisés. Avec la limite de la forêt qui remonte avec les températures, l’habitat approprié disponible se contracte. Investir ces rares espaces pour le développement des sports de neige en plus haute altitude serait dramatique, sans parler des dérangements liés à la présence humaine en été et en hiver.

Quatre règles pour plus de nature

Pour pratiquer les sports de neige dans le respect de la biodiversité :

  • respecter les zones de tranquillité et les sites de protection de la faune
  • rester sur les sentiers balisés et suivre les itinéraires recommandés
  • éviter les lisières et les surfaces non enneigées
  • tenir son chien en laisse

Plus d’informations :

nature-loisirs.ch

vogelwarte.ch/au-pays-des-loisirs-illimites

« Les oiseaux et les influences anthropogènes »

La prochaine réunion des collaborateurs et collaboratrices de la Station ornithologique suisse se tiendra les 28 et 29 janvier prochain à Sursee (LU). Le thème est « Les oiseaux et les influences anthropogènes ». Les présentations seront données en allemand. Les journalistes intéressé-es peuvent s’annoncer auprès de la personne de contact.

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© Dirk Hoogenstein
Cigogne blanche
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Climat et biodiversité, main dans la main

11. décembre 2022
Changement climatique et perte de biodiversité ne doivent pas être mis en concurrence : les deux crises peuvent être affrontées simultanément avec des mesures adéquates.

Actuellement, les conséquences de la pandémie de coronavirus et l’invasion de l’Ukraine par le gouvernement russe nécessitent des solutions et occupent tous les esprits – à juste titre. Dans ce contexte, la crise climatique et l’état d’urgence de la biodiversité semblent être un peu délaissés. Nous payons ainsi la nonchalance avec laquelle nous avons jusque-là traité ces problèmes chroniques. Cela fait au moins cinquante ans que l’on s’alarme du déclin de la diversité de la flore et de la faune, et trente ans que le réchauffement anthropique global fait l’objet d’un consensus scientifique.

Il faut maintenant sauver à la fois le climat et la biodiversité. La Suisse doit économiser davantage d’énergie et produire plus d’énergie renouvelable, tout en sauvegardant les derniers espaces naturels et en créant plus d’habitats proches de la nature. Ces deux missions ont besoin d’espace, et le temps presse.

Pour autant, se précipiter vers les paysages de montagne jusque-là intacts et les tapisser de panneaux solaires serait catastrophique : cela détruirait des milieux naturels exceptionnels et dégraderait l’habitat de très nombreux animaux sauvages menacés. C’est peut-être la voie la plus pratique, mais de telles décisions hâtives n’est jamais une solution. Il existe quantité de surfaces bâties utilisables pour le développement de l’énergie solaire. Cela présente également l’avantage de produire le courant là où il utilisé. L’Office fédéral de l’énergie évalue le potentiel de l’énergie solaire à 67 térawattheures rien que sur les bâtiments de Suisse, c’est-à-dire plus que les besoins annuels en électricité du pays !

Lorsqu’on met en place l’infrastructure écologique, en d’autres termes les surfaces prioritaires pour la nature, on peut trouver des solutions où le climat et la biodiversité sont gagnants. La remise en eau des marais, qui atténue le changement climatique et ses conséquences tout en favorisant la biodiversité, en est un exemple. Une espèce végétale menacée sur quatre en profiterait.

Tant la réduction des émissions de CO2 que la protection et la renaturation des écosystèmes sont efficaces dans la lutte contre les deux crises. La protection du climat et la promotion de la biodiversité donnent les meilleurs résultats quand on ne pratique pas une politique sectorielle mais qu’on aborde ces défis conjointement. La crise du climat et celle de la biodiversité doivent être résolues ensemble et non pas mises en concurrence, sans quoi les générations futures paieront une facture salée pour les décisions que nous prenons aujourd’hui.

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Nourrir les oiseaux en hiver

30. novembre 2022

Beaucoup tiennent à nourrir les oiseaux en hiver. Pour ces derniers, une source de nourriture supplémentaire est souvent la bienvenue. Cependant, pour éviter que ce geste bien intentionné ne se retourne contre eux, le nourrissage doit être en tout point approprié.

Sempach. – Nous, les humains, considérons souvent l’hiver comme une période inconfortable de l’année, surtout lorsqu’il fait un froid glacial, que le vent balaie la plaine ou que la neige persiste. Nous pensons alors à nos amis à plumes et décidons de les aider en leur offrant de la nourriture. Dès lors, la question de la meilleure façon de procéder se pose à nouveau.

Quand faut-il mettre de la nourriture à disposition ?

En période de pénurie alimentaire, c’est-à-dire principalement en cas de manteau neigeux continu, de pluie verglaçante ou de gel, une source subsidiaire de nourriture peut constituer une aide à la survie des passereaux.
Il est préférable de refaire le plein de nourriture le soir, environ deux heures avant le crépuscule, en quantité suffisante pour une durée de 24 heures.

De quelle manière faut-il nourrir les oiseaux ?

Il faut tenir compte de l’hygiène dans le cadre du nourrissage des oiseaux. Le choix d’une mangeoire appropriée joue un rôle déterminant. Comme il existe des agents pathogènes qui peuvent être transmis d’un oiseau à l’autre par les fientes, celles-ci ne doivent pas entrer en contact avec la nourriture. C’est pourquoi il est recommandé d’utiliser des mangeoires avec des bols étroits ou des automates à nourriture cylindriques. Le mélange de restes de graines et de fèces qui s’accumule sous les mangeoires doit être nettoyé régulièrement.
Les rassemblements d’oiseaux autour des mangeoires ne passent pas inaperçus, en particulier auprès des prédateurs comme les chats. Pour éviter que la mise à disposition bien intentionnée de nourriture ne devienne un dernier repas, le site de nourrissage doit être aménagé dans un endroit dégagé. De plus, des lieux de refuge tels que des buissons ou des arbres à proximité sont importants, mais à une distance d’environ deux à cinq mètres, afin que les oiseaux puissent garder une vue d’ensemble sur leur environnement.

Quel type de nourriture faut-il donner ?

La nourriture doit être aussi proche que possible des moyens de subsistance naturels des oiseaux. Pour les fringilles, les moineaux et d’autres espèces qui se nourrissent de graines, il est recommandé d’utiliser des mélanges contenant une forte proportion de graines de chanvre ou de tournesol.
Cependant, les mangeoires ne sont pas seulement fréquentées par les granivores. Les frugivores et insectivores, dont les merles noirs et les rougegorges familiers, les visitent également. On peut leur offrir des pommes, des raisins, des flocons d’avoine ou des noix hachées.

Quel est l’intérêt de nourrir les oiseaux ?
  • Nourrir les oiseaux permet surtout de faire de belles observations autour de la mangeoire. Selon l’adage « on protège ce que l’on aime », il est donc possible de poser les bases d’une prise de conscience de la nature et de l’environnement.
  • Les espèces qui passent l’hiver en Suisse sont bien équipés pour résister à nos hivers. En cas de conditions difficiles, une mangeoire peut aider certains passereaux à survivre. Cependant, ces derniers appartiennent à des espèces qui ne sont pas menacées.
  • Les espèces d’oiseaux rares ou menacées ne peuvent pas être aidées par la mise en place d’aide sous forme de mangeoires, car elles ne se rendent presque jamais sur les sites de nourrissage. La priorité pour la protection d’une avifaune riche en espèces est donc de conserver des habitats variés et intacts, qui offrent également suffisamment de nourriture aux oiseaux insectivores en été.
Plus d'informations

Vidéo « Tous à table : nourrissage hivernal » : youtu.be/IwGRvtDqk98
Feuille d’information « Le nourrissage des passereaux » : vogelwarte.ch/le-nourrissage-des-passereaux
Observer les oiseaux à la mangeoire : vogelwarte.ch/oiseaux-de-la-mangeoire

Les mangeoires de la Station ornithologique suisse de Sempach

Des mangeoires qui répondent à toutes les exigences peuvent être commandées en kit auprès de la Station ornithologique suisse. Elles sont fabriquées dans les ateliers protégés de la Fondation Brändi à partir de bois certifié FSC.
vogelwarte.ch/nichoirs-et-mangeoires

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Un invité excentrique

29. août 2022

Quand on dit oiseau de montagne, on pense à un chocard, un aigle ou un lagopède. Mais actuellement, nos reliefs abritent une rareté aux particularités hors du commun : le pluvier guignard. Inversion des rôles lors de la reproduction, timidité inexistante envers l’homme, le petit limicole, apparition si surprenante en montagne quand ses cousins fréquentent plutôt les zones humides en plaine, casse les codes.

Sempach. – C’est une des animations ornithologiques du mois d’août. Elle enchante spécialistes comme randonneurs et randonneuses, surpris de trouver sur leur chemin de montagne un petit limicole peu farouche : il s’agit de la visite annuelle du pluvier guignard. C’est dire que les autres espèces de sa famille sont plutôt associées aux zones humides de plaine, à l’image du vanneau huppé.

Le pluvier guignard niche principalement dans le Nord, surtout en Scandinavie. Il fait halte dans les montagnes suisses sur son chemin vers l’Afrique du Nord, où il passe l’hiver. Le limicole élégant porte, lors de sa visite helvétique, un plumage écailleux sur le dos, et ses sourcils blancs caractéristiques forment un « V » à l’arrière de sa tête. Outre ces critères, il rend justice à son nom – réputé venir de « guigner » – en se montrant particulièrement confiant envers les humains. Néanmoins, chaque rencontre avec un pluvier guignard reste un coup de chance.

Cet amusant oiseau a également des mœurs particulières : c’est le mâle qui couve les œufs et qui s’occupe des petits après la naissance. Les rôles sont totalement inversés, puisque la femelle fait la cour au printemps. À l’inverse des canards, c’est elle qui porte le plumage le plus coloré.

Tous ces faits insolites ne peuvent que susciter la fascination, tant la nature nous prodigue de merveilles. Le pluvier guignard nous en donne certes un exemple, mais il nous fournit aussi un retour à la réalité : ses effectifs sont en recul au niveau européen, imputable à la chasse et à la crise climatique. Le tourisme sur ses sites d’escale joue également un rôle. L’oiseau qui guigne un peu trop illustre parfaitement la complexité de la protection des oiseaux migrateurs, qui doit transcender les frontières et s’étendre du départ à la destination, en passant par les sites d’escale.

La protection internationale des oiseaux migrateurs

Une collaboration internationale est essentielle pour la protection des oiseaux migrateurs. La protection des oiseaux terrestres migrant entre leurs zones de nidification eurasiatiques et leurs quartiers d’hiver africains est réglée par l’AEMLAP (pour « African-Eurasian Migratory Landbirds Action Plan »), un plan d’action concernant environ 550 espèces. La Station ornithologique a repris la coordination de ce plan dans le cadre d’un mandat de l’Organisation des Nations Unies.
Plus d’informations : vogelwarte.ch/protection-inter…ateurs-a-sempach

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Heureux qui, comme Ulysse…

19. juillet 2022

Qui randonne en montagne ces prochains jours a de bonnes chances de croiser un traquet motteux. Ce passereau niche actuellement dans les régions montagneuses et repartira vers l’Afrique à la fin de l’été. Bien qu’il s’agisse d’un oiseau nicheur fréquent, les secrets des chemins empruntés par les traquets motteux européens pour se rendre dans le Sud ne sont mis au jour que maintenant.

Sempach. – Avec les températures estivales, nous sommes nombreux à nous rendre en montagne. Actuellement, il y a de bonnes chances de rencontrer un oiseau dont l’odyssée est particulière : le traquet motteux. Depuis fin avril environ, ce passereau de la taille d’un moineau nous fait grâce de sa présence dans les prairies alpines parsemées de pierres et d’éboulis.

Avec ses motifs contrastés et son masque foncé, il ne passe pas inaperçu. Mais le plus spectaculaire reste son comportement migratoire. Bien qu’il niche dans tout l’hémisphère nord, toutes les populations hivernent dans le Sahel, en Afrique. Les traquets motteux d’Alaska effectuent l’une des plus longues migrations : ils traversent toute l’Asie pour rejoindre l’Afrique, parcourant ainsi 15 000 kilomètres. La performance des oiseaux de l’est du Canada est tout aussi impressionnante, puisqu’ils traversent l’Atlantique d’une traite sur 3 000 kilomètres pour rejoindre l’Afrique via le détroit de Gibraltar.

Les traquets motteux suisses n’ont pas besoin de voler aussi loin. Mais jusqu’à présent, on ne savait pas exactement quel chemin nos oiseaux choisissaient pour se rendre dans leurs quartiers d’hiver. Des spécialistes de la Station ornithologique et d’autres instituts de recherche ont pu ajouter cette pièce manquante au puzzle du fascinant comportement migratoire du traquet motteux. Afin de pouvoir étudier ses voies de migration, ils ont équipé des oiseaux du Tessin, des Hohe Tauern (Autriche) et de Rhénanie-Palatinat (Allemagne) de géolocalisateurs.

Ils ont ainsi découvert que les traquets motteux qui nichent dans les Alpes suisses et autrichiennes choisissent pour leur migration la voie la plus directe, via l’Italie et la Méditerranée. En revanche, les oiseaux de Rhénanie-Palatinat tentent de contourner les Alpes et la mer pour se rendre en Afrique via la péninsule Ibérique et le détroit de Gibraltar. Nos traquets ne sont pas encore partis ; nous pouvons donc encore les admirer quelques semaines avant qu’ils n’entament leur odyssée vers l’Afrique.

Source
Meier, C. M., Y. Rime, S. Lisovski, M. Buchmann & F. Liechti (2022): Locally adapted migration strategies? Comparing routes and timing of northern wheatears from alpine and lowland European populations. Journal of Avian Biology 2: 271. doi.org/10.1111/jav.02932.
Le traquet motteux

Les zones de nidification du traquet motteux se situent dans l’hémisphère nord et comprennent toute l’Eurasie, l’Alaska et certaines parties du Canada ainsi que le Groenland. Cet insectivore préfère les habitats ouverts avec une végétation rase comme les steppes, les pâturages ou les landes. En Suisse, le traquet motteux est un oiseau de montagne typique qui colonise les Alpes et localement le Jura occidental.
Tous les oiseaux passent l’hiver dans le Sahel. Même les oiseaux du nord de l’Amérique n’ont pas modifié leurs itinéraires au cours des millénaires et continuent d’hiverner en Afrique au lieu de se diriger vers l’Amérique centrale. Les oiseaux d’Alaska traversent toute l’Asie et arrivent au Sahel via le Proche-Orient, parcourant ainsi 15 000 kilomètres. Les oiseaux du Groenland et du Canada parcourent plus de 3 000 kilomètres sans interruption à travers l’Atlantique vers l’Europe, avant de traverser le détroit de Gibraltar pour se rendre en Afrique.
Pour plus d’informations : vogelwarte.ch/traquet-motteux

Géolocalisateurs

Les itinéraires des oiseaux ont été déterminés à l’aide de géolocalisateurs. Il s’agit d’appareils de mesure ultralégers qui, à l’instar d’un petit sac à dos, sont mis sur l’oiseau et retirés pour lire les données.
Les géolocalisateurs mesurent l’intensité de la lumière du soleil et l’heure pendant une année. Ces données permettent de tirer des conclusions sur l’itinéraire du voyage.
Pour plus d’informations : vogelwarte.ch/geolocalisateur

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Bons baisers du Sud

02. juin 2022

La période de migration est derrière nous, et le concert matinal des oiseaux diminue sensiblement. Il est cependant toujours possible de faire des observations passionnantes en juin. Par exemple, ces dernières années, les rares élanions blancs sont toujours plus nombreux à nous émerveiller en terres helvétiques, comme le documente la Station ornithologique dans son rapport annuel sur l’état de l’avifaune en Suisse.

Sempach. – À première vue, on pourrait le prendre pour une mouette, si ce n’était pour son affût caractéristique en vol stationnaire, à la recherche de souris, ou à sa position tout en haut d’un arbre : il s’agit bien de l’élanion blanc. Son plumage blanc dessous, gris-bleu dessus et ses yeux ambrés en font une apparition superbe. Si son nom fait référence à ses cousins milans, il est de taille plus modeste, comparable à un faucon crécerelle.

L’élanion blanc niche surtout en Afrique et en Asie. En Europe, il se reproduit uniquement sur la péninsule Ibérique et dans l’ouest de la France. On a pu l’observer pour la première fois en Suisse en 1990, et sa présence est restée rare jusqu’en 2010, avec seulement sept signalements. Depuis, les chiffres ont explosé : depuis 2014, on le voit chaque année chez nous. Au cours des deux dernières années, l’élanion blanc a été vu au minimum 18 fois en Suisse.

L’expansion de l’espèce en Espagne et au Portugal s’explique par le fait que l’élanion blanc y trouve des habitats de type savane avec beaucoup de souris. De là, il se propage lentement vers le nord-ouest. Il ne niche pas encore en Suisse, mais il n’est pas exclu qu’il s’installe chez nous également. Qu’il s’agisse d’un futur nicheur ou d’un visiteur régulier, l’élanion blanc fait battre le cœur des ornithologues à l’approche de l’été.

État de l’avifaune en Suisse

Chaque année, la Station ornithologique suisse résume les derniers développements relatifs à l’avifaune et les publie sous la forme d’un rapport : vogelwarte.ch/etat

Autres résultats :

  1. Certaines espèces nichant en terres agricoles profitent des mesures de promotion de la biodiversité et ont pu redresser leurs effectifs. Il y a toujours des pertes à déplorer du fait de l’agriculture intensive.
  2. Sur les places d’armes et de tir de l’armée, les espèces d’oiseaux appréciant les habitats ouverts, les biotopes humides, les haies et les terres agricoles extensives sont surreprésentées par rapport à la moyenne.
  3. En janvier 2022, 430 000 oiseaux d’eaux ont été recensés, soit aussi peu qu’en 1970. Les effectifs hivernaux d’espèces communes comme les fuligules morillons et milouins et le canard colvert diminuent.
Source

Knaus, P., T. Sattler, H. Schmid, N. Strebel & B. Volet (2022): État de l’avifaune en Suisse : rapport 2022. Station ornithologique suisse, Sempach.

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Bonheur à plumes dans le jardin

31. mai 2022

Le bien-être de l’avifaune est important pour de nombreuses personnes. On peut y contribuer grâce à des jardins et espaces verts entretenus pour rester au plus près de l’état naturel. Ces espaces deviennent pour nous des havres de bien-être regorgeant de découvertes palpitantes.

Sempach. – La nature permet de se ressourcer loin de notre quotidien stressant et nous procure bonheur et santé. Les habitats proches de l’état naturel ne sont pas chers qu’à nous, humains : pour nombre d’espèces d’oiseaux et autres animaux, ils sont même vitaux.

De tels habitats sont sous pression à de nombreux endroits, ou ont même déjà disparu, comme on peut l’observer dans les agglomérations. Les vieux arbres, les jardins luxuriants avec beaucoup d’arbustes ou des prairies fleuries laissent leur place à des bâtiments ou à des jardins de gravier stériles, des gazons monotones ou des plantes exotiques.

Pour renverser la tendance et accueillir la nature chez soi, rien de bien compliqué : les jardins et espaces verts ont du potentiel, tout comme les balcons. Tous peuvent accueillir des plantes indigènes, ce qui permet de créer non seulement des havres de bien-être, mais aussi de rendre quelques habitats aux oiseaux.

La diversité est le mot d’ordre quand on tente de créer de nouveaux habitats. Certains oiseaux, comme le serin cini, nichent dans les arbres fruitiers, alors que le gobemouche gris jette plutôt son dévolu sur les plantes grimpantes. Le rougegorge familier et le troglodyte mignon, eux, raffolent des tas de branches.

La variété est aussi de mise lorsqu’on choisit des plantes. Ces dernières servent de nourriture à de nombreux insectes. Ainsi, avec plus de variétés de plantes, on attire plus d’insectes. La raison pour laquelle il vaut mieux privilégier des espèces indigènes est que notre faune y est plus adaptée qu’aux plantes exotiques.

Les oiseaux profitent doublement des plantes sauvages indigènes : d’un côté, ils peuvent se nourrir directement de graines et de baies, et de l’autre, ils se régalent des insectes attirés par les plantes. Si certaines espèces sont exclusivement insectivores, les jeunes oiseaux de toutes espèces mangent également les insectes. En restant le plus naturel possible, on peut soutenir la nidification des oiseaux. On peut ainsi profiter de plus de nature chez soi, tout en faisant de passionnantes observations.

Cinq principes pour des jardins et des espaces verts proches de l’état naturel
  • Privilégier les plantes indigènes
  • Créer de la diversité dans les habitats et les structures
  • Entretenir de manière adaptée et respectueuse de la nature
  • Renoncer aux produits chimiques
  • Ne pas utiliser de tourbe
Plus d'informations

À travers quatre nouvelles vidéos, la Station ornithologique vous montre la beauté des jardins proches de l’état naturel et vous donne des astuces pour aménager et entretenir de tels jardins, ou pour renaturer votre balcon.
www.vogelwarte.ch/jardin

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Oisillons hors du nid

19. avril 2022

Le printemps est une période très active pour les passereaux. Ils construisent leur nid, couvent et élèvent leurs petits. Même après que les petits ont quitté le nid, les parents continuent à s’occuper d’eux. Les jeunes oiseaux trouvés n’ont donc généralement pas besoin d’aide, même s’ils semblent abandonnés.

Sempach. – En ce moment, de nombreux oiseaux couvent ou s’occupent de leurs oisillons. À certains endroits, les premiers oisillons ont déjà quitté le nid. Chez certaines espèces, comme le merle noir, les petits s’aventurent hors du nid avant même de savoir voler.

Malgré ces tentatives de vol encore maladroites, les petits casse-cous sont bien équipés pour survivre en dehors du nid. Ils portent un plumage chaud, peuvent sautiller et sont nourris par leurs parents pendant un certain temps. Les jeunes oiseaux en dehors du nid n’ont donc généralement pas besoin d’aide humaine. Ce serait même une erreur de les emmener avec soi, car même la personne la plus compétente ne parviendra jamais à les élever aussi habilement que les parents oiseaux.

Cependant, il arrive que les jeunes oiseaux atterrissent dans un endroit malheureux, par exemple sur une route ou à proximité d’un chat. Si de tels dangers menacent un jeune oiseau, il est judicieux de le placer dans un buisson à proximité. L’odeur de l’homme ne dérange pas les parents oiseaux, ils continuent à prendre soin de leur progéniture.

Il arrive parfois que les oisillons tombent du nid trop tôt. On reconnaît ces malchanceux à leur incapacité à sautiller et à leur manque de plumes. Dans ce cas, il faut se rendre dans une station de soins. Les jeunes oiseaux blessés doivent également être confiés à des spécialistes. Il n’est pas permis de soigner ou d’élever soi-même des passereaux indigènes, car leur détention et leurs soins exigent beaucoup de connaissances spécialisées ainsi qu’une autorisation cantonale.

À quoi reconnait-on un jeune oiseau ?

Les commissures claires du bec sont le principal signe d’identification des jeunes oiseaux. En cas de doute, n’hésitez pas à contacter une station de soins.

La Station ornithologique suisse exploite une station de soins. Pour la joindre, composez le 041 462 97 00 (du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 13h30 à 17h, les week-ends et les jours fériés de 9h à 12h et de 13h30 à 17h).

J’ai trouvé un oiseau – que faire ?

Il arrive de trouver un oiseau qui ne parvient pas à s’envoler. Dans certains cas, l’oiseau a besoin de l’aide professionnelle d’une station de soins ; dans d’autres, une intervention n’est pas nécessaire. Notre arbre de décision a pour but d’aider à bien réagir dans les cas les plus fréquents.

Plus d’informations : www.vogelwarte.ch/oiseau-trouve

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© Marcel Burkhardt

Cette année, la nette rousse orne le logo de la conférence de l’EBCC. Elle niche principalement dans le sud-ouest de l’Europe, mais toujours plus en Suisse et particulièrement à Lucerne. Grâce aux recensements coordonnés au niveau international, nous connaissons l’image paneuropéenne de la répartition et de l’abondance des espèces d’oiseaux.

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Un enthousiasme sans frontières pour les oiseaux

13. avril 2022

Sempach. – Les oiseaux ne connaissent pas de frontières. Dans tous les pays et sur tous les continents vivent des hommes et des femmes qui se passionnent pour les oiseaux. La semaine dernière, plus de 250 experts et expertes en recensement d’oiseaux, en provenance de 3 continents et de près de 50 pays, se réunissaient à Lucerne à l’occasion de la 22e conférence de l’European Bird Census Council (EBCC). Cette organisation coordonne les recensements à l’échelle européenne. La Station ornithologique suisse est un partenaire national important de l’EBCC et était chargée en cette qualité d’organiser la conférence internationale.

Pour étudier, protéger et conserver les oiseaux, les sites de nidifications et les voies de migration doivent être connus. Pour y parvenir, une coopération internationale au-delà de toutes les frontières possibles est essentielle.

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Éviter les collisions, une affaire limpide

30. mars 2022

Le verre est devenu un élément indispensable de notre vie et évoque la modernité. En raison du rôle important qu’il joue dans notre société, l’Organisation des Nations unies a choisi 2022 comme « Année du verre ». Il reflète également un côté sombre : chaque année, des millions d’oiseaux meurent à la suite de collisions avec des vitres. Cela pourrait être évité par des mesures simples.

Sempach. – Malgré leur vue exceptionnelle, les oiseaux ne sont pas capables de détecter les vitres. La mort sur les vitres est aujourd’hui l’un des plus grands problèmes de protection des oiseaux. Rien qu’en Suisse, des millions d’oiseaux succombent chaque année parce qu’ils entrent en collision avec du verre. Il s’agit d’une double source de danger : les vitres transparentes ne sont pas identifiées par les oiseaux comme des obstacles, et les vitres très réfléchissantes reflètent les arbres, les buissons ou le ciel, créant ainsi une illusion d’habitat.

Mais toutes les vitres ne posent pas le même problème : les vitres très réfléchissantes, les vitres transparentes des balcons, les vitrages d’angle, les murs antibruit en verre ou les jardins d’hiver sont particulièrement dangereux. Sur les vitres existantes, le danger peut être écarté en rendant le verre visible à l’aide de marquages. Il convient de renoncer aux marquages UV et aux populaires silhouettes de rapaces. Elles ne dissuadent pas les oiseaux et n’ont que peu d’effet.

Seul un marquage couvrant toute la surface et se détachant le plus possible des abords immédiats apporte la protection nécessaire. Les tests ont montré que les solutions à base de bandes et de pointillés étaient particulièrement efficaces. Les stores, les décorations, les enseignes d’entreprise ou les dessins à la peinture au doigt peuvent également contribuer à réduire le danger pour les oiseaux. Les oiseaux seront ravis de voir d’autres solutions imaginatives et esthétiques mises en œuvre !

Il est encore plus efficace de renoncer autant que possible au verre lors de la construction ou de désamorcer les zones dangereuses pour les oiseaux dès la conception. Cela permet d’économiser du temps, de l’énergie et des coûts de mise à niveau, tout en évitant que de nombreux oiseaux ne meurent sur les vitres.

Plus d'informations

Éviter les collisions d’oiseaux : vogelwarte.ch/vitres
Oiseaux, verre et construction : vogelglas.vogelwarte.ch

Que faire avec un oiseau victime d’une collision ?

Il arrive que l’on trouve un oiseau apathique au sol, qui ne s’envole pas malgré notre approche. S’il ne présente aucune blessure visible, il s’agit probablement d’un oiseau victime d’une collision avec une vitre. Il est préférable de placer de tels oiseaux dans une boîte à chaussures avec des trous d’aération et de laisser la boîte pendant 2 à 3 heures dans un endroit chaud, sombre et calme. La boîte peut être recouverte de papier ménage, et l’oiseau ne doit pas être nourri ni abreuvé. Après 2-3 heures, vous pouvez ouvrir la boîte à l’extérieur. Si l’oiseau ne s’envole pas de lui-même, il doit être placé dans un centre de soins. La Station ornithologique est joignable pendant les heures de bureau au 041 462 97 00 et peut vous indiquer la station de soins la plus proche.

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Silence, on niche !

22. mars 2022

Il est temps pour beaucoup d’entre nous de profiter des premiers jours de printemps en extérieur pour se ressourcer au son des chants d’oiseaux. Ce faisant, il convient de ne pas perturber les oiseaux pendant une période critique, celle de la nidification. Si les dérangements peuvent prendre des formes variées, les règles à appliquer pour aider une avifaune suisse à la peine sont simples : tenir ses distances, respecter les zones de tranquillité et les aires protégées, rester sur les chemins balisés.

Sempach. – L’arrivée du printemps marque le début de la période de nidification de la plupart des oiseaux. Ces derniers sont alors particulièrement vulnérables, et les dérangements peuvent vite causer des dommages irréparables, tels que l’abandon d’une nichée. Ce moment de l’année correspond aussi à celui où nous, humains, après un long hiver, voulons profiter des températures douces et du soleil en extérieur.

Il ne faut pas que nos exigences en tant qu’amateurs et amatrices de détente et celles des oiseaux entrent en conflit. L’avifaune mérite toute notre attention, car, comme le montre la dernière liste rouge, elle ne se porte pas bien en Suisse : 40 % des oiseaux nicheurs sont menacés. Une étude récente montre également que les chants d’oiseaux, si précieux à notre rapport à la nature et annonciateur de la belle saison, ont décliné en Europe et aux États-Unis en diversité et intensité ces 25 dernières années – à l’image des populations d’oiseaux.

Les dérangements ne sont pas nécessairement particulièrement bruyants ou voyants. La simple présence de promeneurs en forêt peut entraîner des conséquences à long terme, comme le montre une nouvelle étude : les dérangements exercent une influence négative sur l’espérance de vie et le nombre d’œufs pondus, reportant l’impact des perturbations humaines sur plusieurs générations. Les hormones de stress influencent également la qualité de la ponte, prétéritant les chances de survie des oisillons. Cela a déjà été constaté chez la mésange charbonnière, espèce fréquente bien adaptée à la présence de l’humain. De telles découvertes doivent d’autant plus être prises au sérieux lorsqu’il s’agit d’espèces menacées et sensibles aux perturbations, comme les gallinacés, les rapaces ou les hérons.

Pour minimiser les dérangements, particulièrement pour ces espèces sensibles, il convient de suivre les règles de base : garder ses distances, être attentif aux signes de nervosité de l’animal en cas de rencontre avec un oiseau. En outre, respecter la signalétique des zones de tranquillité et des aires protégées est primordial. Nous ne devons pas nous aventurer plus loin que les sentiers balisés dans les zones vierges, qui sont à laisser à la nature.

Sources

Morrison, C.A. et al. (2021). Bird population declines and species turnover are changing the acoustic properties of spring soundscapes, Nature Communications, 12:617, doi.org/10.1038/s41467-021-26488-1

Tablado, Z., et al. (2022). Effect of Human Disturbance on Bird Telomere Length: An Experimental Approach, Frontiers in Ecology and Evolution, 9:792492, doi.org/10.3389/fevo.2021.792492

Liste rouge des oiseaux nicheurs menacés en Suisse : vogelwarte.ch/nouvelle-liste-rouge-oiseaux-nicheurs

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L’histoire mouvementée d’un chasseur hors pair

10. mars 2022

Tout n’a pas toujours été facile pour le faucon pèlerin en Suisse : il a pratiquement disparu à cause des pesticides, puis a effectué un retour en force après leur interdiction. Mais aujourd’hui, de nouveaux dangers rattrapent l’animal le plus rapide du monde.

Sempach. – Si vous vous promenez près de falaises, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir des faucons pèlerins en pleine parade nuptiale. Les partenaires effectuent des piqués bruyants et renforcent ainsi le lien de leur couple. Ce spectacle impressionnant a failli disparaître de Suisse : dans les années 1960 et 1970, la population mondiale de faucons pèlerins a fortement diminué en raison de l’utilisation massive de DDT et de pesticides apparentés. Quelques années plus tard, ils ont été interdits et le faucon pèlerin a été placé sous protection, ce qui a entraîné un redressement spectaculaire de ses effectifs.

Cette évolution a également été observée en Suisse où, en 1971, on ne trouvait plus qu’un seul couple qui nichait avec succès en dehors de l’espace alpin. Aujourd’hui, la population de faucons pèlerins est à nouveau estimée aux alentours des 300 couples. Si l’évolution est si bien connue en Suisse, c’est notamment grâce aux recensements effectués par des bénévoles. En Suisse romande, la série de recensement est ininterrompue sur les 60 dernières années, ce qui en fait l’une des plus longues études de population au monde !

Alors, tout va bien ? Non. Depuis quelques années, la population suisse est à nouveau en déclin, si bien que le faucon pèlerin a dû être placé sur la liste rouge comme espèce « vulnérable ». Son déclin est particulièrement bien documenté dans l’Arc jurassien, où la population a chuté d’environ 20 % en un peu plus de 10 ans, comme le montre une nouvelle étude de la Station ornithologique suisse basée sur des données de recenseurs et recenseuses engagés.

Parmi les causes de déclin, on trouve l’augmentation, en soi réjouissante, des effectifs de grand-duc d’Europe, prédateur naturel du grand faucon. Mais l’homme pose également des problèmes à ce chasseur rapide. L’empoisonnement intentionnel et illégal, qui a fait la une des journaux ces dernières années, est un phénomène croissant qu’il faut combattre avec détermination. La Station s’engage donc dans le groupe de travail sur le faucon pèlerin, coordonné par BirdLife Suisse. Les dérangements causés par les activités de loisirs sur les falaises de nidification sont également un problème à prendre au sérieux, car ils peuvent pousser les oiseaux à abandonner leur couvée. La Station s’engage avec des partenaires pour désamorcer les conflits entre les personnes en quête de loisirs et les oiseaux nichant sur les falaises comme le faucon pèlerin, afin que nous puissions continuer à assister à son impressionnante parade nuptiale.

Source
Kéry, M., G. Banderet, C. Müller, D. Pinaud, J. Savioz, H. Schmid, S. Werner & R. Monneret (2021): Spatio‐temporal variation in post‐recovery dynamics in a large Peregrine Falcon (Falco peregrinus) population in the Jura mountains 2000–2020. Ibis 156: 217–239. doi.org/10.1111/ibi.12999.
Le faucon pèlerin

Le faucon pèlerin est notre faucon indigène le plus grand. Chasseur ultrarapide, il capture sa nourriture, surtout des oiseaux, principalement en piqué, atteignant ainsi les vitesses les plus élevées du règne animal. Il niche de préférence dans les falaises et les carrières, rarement sur des bâtiments élevés. Le faucon pèlerin est cosmopolite et se trouve pratiquement partout dans le monde. Malgré son nom, seules les populations du Grand Nord sont migratrices. En Suisse, le faucon pèlerin est un oiseau sédentaire.
Plus d’informations sous vogelwarte.ch/faucon-pelerin.

Empoisonnements intentionnels de faucons pèlerins
Une fiche d’information du groupe de travail Faucon pèlerin explique comment reconnaître et signaler les cas suspects : birdlife.ch.
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Un monde estropié

22. février 2022

Bien que l’on sache depuis longtemps de quels problèmes souffre l’avifaune suisse, ceux-ci ne sont pas encore résolus. Selon la nouvelle liste rouge des oiseaux nicheurs, environ 40 % des espèces d’oiseaux qui nichent en Suisse sont toujours menacées. L’agriculture intensive, les biotopes humides en mauvais état et les dérangements croissants continuent de mettre à mal les oiseaux.

Sempach. – La nouvelle liste rouge des oiseaux nicheurs a de quoi faire déchanter : près de 40 % des 205 espèces d’oiseaux nichant en Suisse sont encore considérées comme menacées, soit trois fois plus qu’à l’échelle européenne. La Suisse se classe ainsi parmi les derniers pays d’Europe. Au cours des 20 dernières années, la situation s’est même légèrement détériorée dans l’ensemble, car plus d’espèces ont dû être classées comme « potentiellement menacées ». La part des espèces d’oiseaux dans cette catégorie à vocation de prévention est passée à 20 %. La Suisse est donc loin d’être une élève modèle en matière de protection des oiseaux.

La situation des oiseaux est toujours le reflet de la qualité de l’habitat. Apparemment, aucun ne s’en sort indemne, car tous les types d’habitats comptent des espèces menacées. La situation reste particulièrement précaire dans les biotopes humides, où 64 % des espèces d’oiseaux figurent sur la liste rouge. Les zones cultivées ne sont pas en reste : près de la moitié des espèces d’oiseaux (48 %) y sont menacées, y compris de nombreuses espèces autrefois communes comme l’alouette des champs et la caille des blés. Le déclin de nombreuses espèces des terres cultivées est une conséquence de l’intensification continue de l’agriculture.
Des tendances inquiétantes apparaissent également en montagne. Désormais, 38 % des oiseaux de montagne sont considérés comme menacés, ce qui pourrait être lié entre autres au réchauffement climatique ainsi qu’à l’augmentation de l’utilisation de l’espace pour les loisirs.

Il y a toutefois quelques lueurs d’espoir : par exemple, des espèces soutenues par des mesures d’encouragement ont pu se rétablir. C’est le cas du choucas des tours, de la cigogne blanche et du vanneau huppé. Cela montre l’importance de la valorisation des habitats, des méthodes d’exploitation favorables à la biodiversité et de la promotion ciblée des espèces. La politique agricole, en particulier, est appelée à réduire l’intensité de l’exploitation, à optimiser les mesures de promotion de la biodiversité et à encourager davantage les structures proches de la nature. Il est également nécessaire d’agir dans les zones humides afin de créer et de promouvoir un réseau de biotopes humides suffisamment grands et peu perturbés.

Source

Knaus P., Antoniazza S., Keller V., Sattler T., Schmid H., Strebel, N. 2021 : Liste rouge oiseaux nicheurs. Espèces menacées en Suisse. Office fédéral de l’environnement (OFEV), Berne, et Station ornithologique suisse, Sempach. L’environnement pratique n° 2124 : 54 p.
Plus d’informations : www.vogelwarte.ch/liste-rouge

La liste rouge

Les listes rouges évaluent la probabilité d’extinction d’espèces. Ce sont des instruments importants pour la protection de la nature. La liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse est éditée par l’office fédéral de l’environnement OFEV et la Station ornithologique suisse. Elle est établie selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature UICN.
Les espèces d’oiseaux évaluées sont classées selon les catégories de menace suivantes :

Liste rouge des espèces menacées (RE, CR, EN, VU)
RE = Éteint en Suisse (Regionally Extinct)
CR = Au bord de l’extinction (Critically Endangered)
EN = En danger (Endangered)
VU = Vulnérable (Vulnerable)

NT = Potentiellement menacé (Near Threatened)
LC = Non menacé (Least Concern)

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Dérangements et sports d’hiver

25. janvier 2022

Faire sa trace, fuir la foule, chercher la tranquillité pour contempler la beauté de la nature : voilà autant de raisons qui poussent toujours plus de Suisses et Suissesses à s’essayer à de nouveaux sports loin des stations de ski en hiver. Il faut garder à l’esprit que profiter de la nature implique de partager les grands espaces avec la faune locale, qu’il faut respecter en la protégeant à l’aide de règles simples.

Sempach. – La pratique de la montagne évolue : un nombre croissant de personnes s’adonne aux plaisirs du ski hors-piste, de la raquette et du ski de randonnée. La surfréquentation de certaines stations de ski et itinéraires ainsi que l’attrait pour l’aventure et la liberté poussent les pratiquants et pratiquantes à explorer de nouvelles routes et des secteurs jusqu’ici vierges.

Cette expansion n’est pas sans conséquences pour la faune, qui tente déjà de survivre aux rudes conditions de l’hiver suisse. À cette saison, la nourriture est rare et souvent peu nutritive. Les journées sont courtes et offrent peu d’occasion pour se nourrir. Maintenir une température corporelle suffisante requiert beaucoup d’énergie. Économiser ses forces est donc une question de vie ou de mort pour les espèces des montagnes prioritaires pour une conservation ciblée comme le tétras lyre, le grand tétras et le lagopède alpin.

Lorsqu’ils sont dérangés par le passage de freeriders ou de randonneurs et randonneuses à ski ou en raquettes, ils gaspillent de l’énergie en fuyant ou du temps en s’interrompant dans leur recherche de nourriture. De plus, le stress augmente les niveaux de cortisol, ce qui peut impacter le succès de reproduction. Les dérangements ne sont pas toujours évidents à déceler : les oiseaux sont souvent déjà dérangés avant même qu’ils ne s’envolent.

Pour profiter de la nature dans le respect de l’avifaune, il convient de respecter les zones de tranquillité, rester sur les sentiers balisés, garder ses distances avec les oiseaux et de tenir son chien en laisse.

Quatre règles pour plus de nature

Pour pratiquer les sports de neige dans le respect de la biodiversité :

  • respecter les zones de tranquillité et les sites de protection de la faune
  • rester sur les sentiers balisés et suivre les itinéraires recommandés
  • éviter les lisières et les surfaces non enneigées
  • tenir son chien en laisse

Plus d’informations :

nature-loisirs.ch

vogelwarte.ch/au-pays-des-loisirs-illimites

Zones de tranquillité et aires protégées

Beaucoup d’espèces ont besoin de disposer d’espaces suffisamment vastes pour se réfugier et se nourrir. Les zones de tranquillité ainsi que les aires protégées constituent à cet effet des sites de repli pour les oiseaux. Elles ne doivent pas être utilisées, ou sous certaines conditions seulement, par les adeptes d’activités de loisirs. Les aires protégées incluent entre autres les parcs nationaux, les réserves d’oiseaux d’eau et de migrateurs, les districts francs fédéraux et les réserves forestières. Le développement de tels instruments et le respect des règles qui y sont applicables sont essentiels afin de préserver l’avifaune suisse.

Plus d’informations : zones-de-tranquillite.ch

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L’art et la manière

30. novembre 2021

Le nourrissage des petits oiseaux jouit d’une grande popularité en hiver, et une source de nourriture supplémentaire est souvent la bienvenue pour les hôtes à plumes qui fréquentent la mangeoire. L’utilité pour la protection des oiseaux ne doit toutefois pas être surestimée. Et si l’on nourrit les oiseaux, il faut le faire dans les règles de l’art.

Sempach. – Les petits oiseaux sont les bienvenus dans nos jardins. De nombreuses personnes éprouvent le besoin de les aider à survivre en hiver en installant une mangeoire. Mais comment les nourrir correctement et ont-ils vraiment besoin de cette aide bien intentionnée ?

En principe, les oiseaux qui subsistent chez nous sont bien adaptés aux conditions hivernales et trouvent eux-mêmes suffisamment de nourriture. Néanmoins, un complément est souvent le bienvenu. Le nourrissage hivernal peut constituer une aide à la survie lorsque le manteau neigeux est continu pendant une longue période ou que le sol est gelé.

Les oiseaux qui profitent d’un nourrissage complémentaire appartiennent toutefois aux espèces communes, et ne sont généralement pas menacés. Les espèces menacées ou rares, elles, ne fréquentent guère les mangeoires. Pour les soutenir, le maintien et la promotion d’habitats diversifiés sont indispensables.

Un nourrissage permet de belles observations et éveille l’intérêt pour l’avifaune, et peut ainsi ouvrir la porte à une plus grande sensibilisation à la nature. Du point de vue de la Station ornithologique suisse, il n’y a donc rien à objecter au nourrissage des petits oiseaux, tant qu’il est effectué correctement. Ce que l’on sert aux oiseaux et la manière dont on le sert ne devraient donc pas leur porter préjudice. Il convient alors de veiller à une bonne hygiène, d’être attentif au choix de la nourriture et de la mangeoire et de choisir soigneusement l’emplacement de la mangeoire.

L’achat de nourriture pour oiseaux n’est pas obligatoire si l’on souhaite soutenir les oiseaux en leur fournissant de la nourriture. En aménageant son jardin de manière à favoriser les oiseaux et en misant sur des plantes indigènes, on offre aux oiseaux un buffet riche et tout à fait naturel. Qu’il s’agisse de baies juteuses, de graines savoureuses ou d’insectes frais attirés par les plantes indigènes, dans un jardin favorable aux oiseaux, les espèces les plus diverses trouvent toute l’année une nourriture parfaitement adaptée à leurs besoins.

Nourrir correctement les oiseaux
  • La nourriture doit correspondre autant que possible à l’alimentation naturelle des oiseaux. Pour les granivores, il est recommandé d’utiliser des mélanges composés principalement de graines de tournesol et de chanvre. Les oiseaux insectivores et frugivores prennent des pommes, des noix, des flocons d’avoine ou des raisins. Les aliments épicés, les restes de repas ou le pain ainsi que les mélanges contenant des graines d’ambroisie sont à éviter.
  • Certains agents pathogènes se transmettent d’un oiseau à l’autre par les fientes. Les fientes ne doivent donc pas entrer en contact avec la nourriture. Il est donc préférable d’utiliser des mangeoires à bols étroits ou des automates cylindriques. Le mélange de graines et de fientes qui se forme sous les mangeoires doit être enlevé régulièrement.
  • Pour se protéger des prédateurs, la mangeoire doit être placée dans un endroit bien dégagé avec des possibilités de refuge à proximité (arbres, buissons).
  • La nourriture devrait être proposée fraîche tous les jours, de préférence le soir, environ deux heures avant le crépuscule. Il est préférable de mettre une quantité de nourriture suffisante pour 24 heures.

Plus d'informations

Feuille d’information « Le nourrissage des passereaux » : vogelwarte.ch/le-nourrissage-des-passereaux
Observer les oiseaux à la mangeoire : vogelwarte.ch/oiseaux-de-la-mangeoire 
Feuille d’information « Un jardin pour les oiseaux » : vogelwarte.ch/jardin

Les mangeoires de la Station ornithologique suisse de Sempach

Des mangeoires qui répondent à toutes les exigences peuvent être commandées en kit auprès de la Station ornithologique suisse. Elles sont fabriquées dans les ateliers protégés de la Fondation Brändi à partir de bois certifié FSC.
vogelwarte.ch/nichoirs-et-mangeoires

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Un oiseau de haut vol

16. novembre 2021

Le milan royal est l’un des oiseaux les plus connus et les plus populaires de Suisse. Au cours des dernières décennies, ses effectifs ont fortement augmenté. La Station ornithologique suisse en étudie les raisons. L’adaptabilité de l’élégant planeur est susceptible de jouer un rôle.

Sempach. – Qui scrute le ciel depuis le Plateau suisse a de bonnes chances d’apercevoir un milan royal. Mais cette situation est hors de l’ordinaire : le milan royal niche exclusivement en Europe. Les 2 800-3 500 couples nicheurs de Suisse représentent environ 10 % de la population mondiale ! La Suisse porte donc une grande responsabilité internationale pour la protection de ce rapace.

La Station ornithologique suisse étudie depuis 2015, dans le cadre d’un projet de recherche à grande échelle, pourquoi le milan royal se sent si bien en Suisse. Ce travail ajoute de nouvelles pièces au puzzle : le milan royal a une grande faculté d’adaptation et ne fait pas la fine bouche lorsqu’il s’agit de choisir sa nourriture. Il se nourrit de charognes, de détritus, de vers ou de petits mammifères comme les souris, qu’il repère en patrouillant le ciel en cercles. Sur les prairies fraîchement fauchées et les champs labourés, de grands groupes de milans royaux peuvent se rassembler pour manger ensemble des animaux blessés ou morts. Dans sa fonction écologique, le milan royal fait plus penser à un vautour qu’à un chasseur agile.

Il fait également preuve d’adaptabilité dans son comportement migratoire. Dans le passé, tous les milans royaux suisses migraient en automne vers la péninsule Ibérique pour y passer l’hiver. Grâce à de nombreux oiseaux équipés de GPS, la Station ornithologique suisse a pu montrer que la plupart des jeunes oiseaux migrent encore vers le sud-ouest, mais que plus les oiseaux sont âgés, plus ils ont tendance à rester en Suisse. Actuellement, environ la moitié des milans royaux suisses y restent pour l’hiver. Un nombre considérable de ces oiseaux se rassemblent le soir dans des dortoirs communs, qui peuvent compter plus de 100 individus.

Malgré l’augmentation de sa population, le milan royal est toujours exposé à de nombreux dangers : les collisions et les décès par électrocution sur les lignes à haute tension qui ne sont pas construites de manière à respecter les oiseaux se répètent. Il n’est pas non plus à l’abri des empoisonnements et des tirs illégaux. Même si le milan royal se porte actuellement bien en Suisse, la Station ornithologique s’efforce de réduire ces causes de danger.

Le projet sur le milan royal à la Station ornithologique suisse

Depuis 2015, environ 450 jeunes et 70 oiseaux plus âgés ont été équipés d’émetteurs GPS fonctionnant à l’énergie solaire dans le cadre du projet sur le milan royal de la Station ornithologique suisse. Sont étudiés notamment la composition de l’alimentation, le développement du comportement migratoire et les décisions concernant le lieu où le milan royal s’installe.
Plus d’informations : vogelwarte.ch/dynamique-population-milan-royal

En savoir plus sur le milan royal

Vous trouverez plus d’informations sur le milan royal, des cartes de distribution et des graphiques sous www.vogelwarte.ch/milan-royal

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Invasion de geais des chênes

03. novembre 2021

La saison de migration 2021 à la station de baguage du col de Bretolet aura vu son plus haut nombre de captures de geais des chênes. Une invasion en provenance du nord en est la cause.

Sempach. – L’année 2021 aura été une année record pour le passage des geais des chênes à la station de baguage du Col de Bretolet (VS). Pas moins de 154 individus ont été bagués, bien au-dessus de la moyenne de 13 geais par saison.

Ces bons chiffres laissent présager une invasion – ces mouvements de fuite qu’entreprennent certains oiseaux du nord de manière irrégulière vers le sud ou l’ouest. La dernière, en 2019, a fait date (plus de 130 000 individus dénombrés pour l’ensemble du passage au-dessus du lac de Constance).

De telles invasions s’expliquent par les habitudes alimentaires du geai. Comme l’indique son nom complet, le petit corvidé entretient des rapports étroits avec les chênes, dont les fruits composent l’essentiel de sa pitance. Il est alors fortement influencé par la disponibilité des glands. Une bonne année de fructification, propice à la nidification, suivie d’une mauvaise glandée à cause du gel printanier et couplée à une vague de froid précoce dans les pays nordiques constituent les causes les plus probables de ces invasions.

En Suisse, le geai des chênes est un migrateur partiel. La majorité des oiseaux restent pour l’hiver, mais une partie, surtout les jeunes, migrent vers le sud de la France. Les hivernants suisses sont rejoints par les individus en provenance des pays nordiques. Habitant typique des forêts, le geai est connu comme pour être un des meilleurs forestiers : les glands qu’il cache en quantité comme provisions ne sont pas tous retrouvés, contribuant ainsi à la reforestation.

Le baguage des oiseaux

Lors du baguage, les oiseaux sont marqués individuellement par une bague en aluminium. Si l’oiseau est retrouvé, on obtient des renseignements sur ses déplacements. Les données récoltées donnent également un aperçu précieux des tendances globales, à l’image d’une invasion d’une espèce. Cependant, le nombre d’individus bagués ne reflète pas la réalité d’un phénomène, car tous les oiseaux de passage ne sont pas capturés.

La Station ornithologique suisse conduit une étude à long terme sur la migration des oiseaux au col de Bretolet. Grâce à la collaboration de bénévoles, le baguage des oiseaux peut y être mené entre début août et fin octobre.

Plus d’informations : www.vogelwarte.ch/fr/station/collaboration/baguage/col-de-bretolet

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Une distinction pour une carrière dédiée aux oiseaux

15. octobre 2021

Sempach & Thetford (GB). – Lukas Jenni, ancien directeur scientifique de la Station ornithologique suisse, et qui a pris sa retraite l’année dernière, a reçu avant-hier le Marsh Award for International Ornithology du British Trust for Ornithology (BTO). Ce prix est décerné aux scientifiques dont l’implication au niveau international a une influence significative sur l’ornithologie britannique. Les Marsh Awards sont soutenus par le Marsh Charitable Trust.

Lukas Jenni a travaillé à la Station ornithologique suisse pendant plus de 40 ans. Au cours de sa carrière, il a non seulement dirigé les activités de recherche de la Station, mais a également eu un impact important sur l’ornithologie au-delà des frontières suisses. En tant qu’expert de la mue des oiseaux, Lukas Jenni a écrit, entre autres, deux livres sur ce sujet, qui sont rapidement devenus des ouvrages de référence pour les ornithologues de toute l’Europe. Ses connaissances extensives et sa créativité se reflètent également dans les quelque 200 publications scientifiques auxquelles il a contribué. En outre, en tant que maître de conférences en ornithologie à l’Université de Zurich, il a encadré de nombreux étudiants et étudiantes et a ainsi influencé toute une génération de chercheurs et chercheuses.

Ce prix international a été décerné à Lukas Jenni pour son influence considérable. La Station ornithologique suisse de Sempach félicite Lukas Jenni et le remercie pour son engagement de longue date en faveur de l’avifaune en Suisse et en Europe.

La mue des oiseaux

Avec Raffael Winkler du Musée d’histoire naturelle de Bâle, Lukas Jenni a rédigé en 1994 l’ouvrage de référence « Moult and Ageing of European Passerines ». Aujourd’hui épuisé, il a été remplacé en 2020 par une nouvelle édition revue et augmentée, complétée par le livre « The Biology of Moult in Birds ».

Plus d'informations

BTO: www.bto.org
Marsh Charitable Trust: www.marshcharitabletrust.org

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Gagnants du concours photo 2021 de la Station ornithologique suisse

04. octobre 2021

Le concours photo de la Station ornithologique suisse n’en finit pas de susciter l’engouement. L’édition 2021 a établi un nouveau record, avec pas moins de 9450 photographies soumises à l’œil critique du jury professionnel. Le cliché gagnant est celui d’un pic noir minimaliste vu sous un angle novateur.

Sempach. – Fasciner à travers l’art de la photographie : telle est la raison d’être du concours photo de la Station ornithologique suisse. Elle espère ainsi montrer la beauté et la diversité de la gent ailée pour attirer l’attention du public et ainsi faire aboutir ses efforts de protection et de conservation. En 2021, les quatre catégories « Général », « Emotion », « Action » et la petite dernière « L’oiseau et l’homme » ont mis à la planche pas moins de 700 photographes de 21 pays, qui ont soumis quelque 9450 clichés. Le concours était organisé en collaboration avec Canon (Suisse) SA, partenaire principal, et OM Digital Solutions GmbH, Panasonic Europe GmbH et Sony Europe B.V., partenaires de catégorie, ainsi qu’avec la participation d’autres sponsors.

Après un examen minutieux, le jury de professionnels et professionnelles a été conquis par l’image lumineuse de Markus Varesvuo : un pic noir dans une ambiance hivernale. Le pic est vu depuis le haut, prouesse réussie grâce à un appareil avec objectif grand angle orienté vers le bas, attaché à un arbre et déclenché à distance. « Cette prise est vraiment spéciale, l’oiseau est très proche. C’est une image très esthétique qui capte le regard : le minimalisme chromatique fonctionne à merveille. Cela démontre une grande préparation et la patience du photographe : c’est bien vu et bien fait ! », résume Martin Wieser, représentant de Canon et membre du jury.

La catégorie « Emotion », en particulier, est celle qui a fait hésiter le plus le jury : « cette catégorie est différente, car l’émotion que procure une photo est subjective », confie Bertrand Gabbud, représentant au sein du jury du comité de l’Association suisse des photographes et cinéastes naturalistes. Le gagnant de cette année est le martin-pêcheur d’Europe d’Etienne Morel, qui offre un regard sur son habitat. L’émotion dégagée ? « L’harmonie », souffle Mel Weber, photographe naturaliste membre du jury.

Quant au gagnant de la catégorie « Action » – la plus technique de toutes, d’après Hansruedi Weyrich, représentant de Naturfotografen Schweiz et également membre du jury – est une photo d’un merle et d’une grive litorne en plein différend. « C’est un moment rare : deux turdidés différents sur une même photo. Et puis, ils se regardent droit dans les yeux : en général, ils les ferment pour se protéger quand ils s’affrontent ». L’édition 2021 a également vu la grande première d’une nouvelle catégorie, « L’oiseau et l’homme ». Le premier gagnant est Christof Wermter et son grand-duc d’Europe dans un site industriel. La photo, très géométrique, a séduit par le message : à l’oiseau de trouver sa place dans un monde d’homme… et à nous de chercher l’oiseau sur l’image !

Concours photo 2021 de la Station ornithologique suisse de Sempach

Les photos des finalistes peuvent être admirées sur photo.vogelwarte.ch. Vous y trouvez également toutes les informations sur le prochain concours, qui aura lieu en mai 2022.

Jury

Marcel Burkhardt, chef de projet à la Station ornithologique suisse ; Bertrand Gabbud, membre du comité de l’Association suisse des photographes et cinéastes naturalistes ; Mel Weber, photographe naturaliste ; Hansruedi Weyrich, Naturfotografen Schweiz NFS et Martin Wieser, Segment Development Manager chez Canon (SA).

Partenaire principal et partenaires de catégorie

Partenaire principal : Canon (Suisse) SA
Partenaires de catégorie : Canon (Suisse) SA (« L’oiseau et l’homme ») ; OM Digital Solutions GmbH (« Général ») ; Panasonic Europe GmbH (« Emotion ») ; Sony Europe B.V. (« Action »)

photo.vogelwarte.ch – Portfolio 9

Les meilleures photos de la sélection finale du concours 2021 sont aussi publiées sous forme d’album photo, disponible dès mi-novembre sur vogelwarte.ch/boutique.

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Du nouveau dans les airs

25. août 2021

La migration des oiseaux est un phénomène impressionnant. À l’aide de radars, la Station ornithologique pousse toujours plus loin ses recherches afin de mieux la comprendre. Ainsi, elle a pu décrire la tendance de mouvement des oiseaux et des insectes tout au long de l’année, et également élaborer une méthodologie pour quantifier les flux migratoires.

Sempach. – Les oiseaux ainsi que les insectes utilisent l’espace aérien pour diverses phases de leur cycle annuel tout au long de l’année. Les pics de migration en automne et au printemps sont relativement bien étudiés. Grâce au premier monitoring parallèle du flux de biomasse oiseaux-insectes dans les airs, effectué à l’aide de radars, on constate le flux énorme qui transite également en dehors des périodes de migration.

Qui dit flux ne dit pas forcément fluide ; mais dans ce cas particulier, c’est bien la mécanique des fluides qui a été utilisée pour construire un modèle qui intègre toutes les étapes de la migration des oiseaux, y compris le décollage, le vol et l’atterrissage. Il a ainsi été estimé que, dans une zone couvrant la France et l’Allemagne, ce ne sont pas moins de 494 millions d’oiseaux qui sont arrivés au printemps, dont 251 millions ont continué leur route et 243 millions sont restés pour se reproduire. En automne, 314 millions d’oiseaux sont arrivés dans la zone, tandis que 858 millions l’ont quittée. Cette différence s’explique par le fait que les oiseaux se sont reproduits, et sont par conséquent plus nombreux.

Par ailleurs, les migrations du printemps et de l’automne sont bien différentes sur plusieurs aspects. La première, quand les oiseaux reviennent vers leur site de nidification, s’étend sur une période plus courte (mars à mai). La seconde, quand les oiseaux retournent dans leurs quartiers d’hiver, dure d’août à mi-novembre. 118 millions d’oiseaux décollaient la même nuit de printemps et 148 en une seule nuit d’automne.

Enfin, la différenciation entre mouvement local circulaire (pour chercher à manger, se reproduire par exemple) et mouvement directionnel migratoire montre qu’oiseaux et insectes ont des stratégies bien différentes. En automne, la détérioration des conditions environnementales se traduit par un fort mouvement directionnel vers le sud-ouest pour les deux groupes, tandis qu’au printemps, les oiseaux affichent un mouvement directionnel nord-est, et les insectes aucune direction particulière. Cela s’explique par le fort impact du vent sur le vol des insectes, et cela montre également que les insectes sont peu à revenir du sud.

Sources

Nussbaumer, R., Bauer, S., Benoit, L., Mariethoz, G., Liechti, F., Schmid, B. (2021): Quantifying year-round nocturnal bird migration with a fluid dynamics model. J. R. Soc. Interface 18: 20210194. https://doi.org/10.1098/rsif.2021.0194

Shi, X., Schmid, B., Tschanz, P.; Segelbacher, G., Liechti, F. (2021): Seasonal Trends in Movement Patterns of Birds and Insects Aloft Simultaneously Recorded by Radar. Remote Sens., 13, 1839. https://doi.org/10.3390/rs13091839

Étudier la migration des oiseaux et insectes à l’aide de radars

Dans les régions tempérées telles que la Suisse, il y a des variations saisonnières en précipitations et températures. Les oiseaux et insectes ont comme stratégie d’exploiter les ressources en été, et de fuir les conditions hostiles en hiver. Le terme « migration » n’est pas équivalent pour les deux groupes : pour les oiseaux, il s’agit de l’aller-retour entre le lieu d’hivernage et celui de reproduction ; pour les insectes, un retour n’est pas attendu.

Grâce aux radars, il est possible d’étudier les mouvements des oiseaux et des insectes migrateurs. Les radars émettent des ondes électromagnétiques qui leurs sont renvoyées sous forme d’échos par les objets qui passent. Sur la base de l’écho, il est possible de déterminer le type d’objet qui passe, par exemple s’il s’agit d’un oiseau ou d’un insecte. Les fluctuations temporelles de l’écho permettent également de déterminer la vitesse et la direction de vol de l’objet.

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© Stefan Werner

Les oiseaux d’eau, en particulier, peuvent réagir très fortement à la silhouette d’un pagayeur. Quelques oiseaux qui s’envolent peuvent produire une réaction en chaîne provoquant l’envol du groupe entier.

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Stand up paddle – dans le respect de la nature

19. juillet 2021

Le stand up paddle peut déranger considérablement les oiseaux d’eau et les autres animaux sauvages. S’il s’agit certes d’un sport souvent pratiqué sans grand bruit ni agitation, l’expérience montre que les animaux interprètent les silhouettes humaines et les mouvements comme une menace. Divers acteurs des milieux du sport et de la protection de la nature rappellent, en collaboration avec les autorités, les recommandations visant à limiter les dérangements pour la faune.

Contact

Michael Schaad
Station ornithologique suisse
6204 Sempach
Tel. +41 41 462 97 35
michael.schaad@vogelwarte.ch

Annalena Kuttenberger
Fédération Suisse de Canoë-Kayak
Tel. 043 222 40 77
annalena.kuttenberger@swisscanoe.ch

Andreas Boldt
Pro Natura
Tel. 061 317 91 26
andreas.boldt@pronatura.ch

Télécharger le communiqué de presse

Bâle, Berne, Sempach, Zurich. – De plus en plus de monde s’adonne au stand up paddle (SUP). Ce type de sport étant silencieux ou presque, on a tendance à sous-estimer son potentiel de dérangement pour les oiseaux. Les oiseaux d’eau, surtout, interprètent les silhouettes et les mouvements des pagayeurs comme une menace. Il suffit parfois d’un seul pagayeur pour les faire fuir à une distance de 1000 mètres, et ainsi porter atteinte à leur
survie et leur succès de reproduction.

Le SUP est pratiqué toute l’année, en particulier sur les plans d’eau peu profonds le long des berges. L’être humain s’invite ainsi dans des zones jusqu’à présent peu perturbées. À cause de ces dérangements, des habitats importants, en particulier des zones de nidification et de repos, sont menacés.

L’an dernier, la Station ornithologique suisse de Sempach, en collaboration avec la Fédération Suisse de Canoë-Kayak, Pro Natura, la Conférence des services de la faune, de la chasse et de la pêche et l’Office fédéral de l’environnement OFEV, a émis des recommandations montrant comment les pratiquants de cette activité peuvent limiter les dérangements, et ainsi le stress pour les animaux. Il est essentiel de s’informer au préalable sur les endroits où l’on peut entrer et sortir de l’eau, et sur l’existence éventuelle d’aires protégées sur les plans d’eau concernés.

Ces règles, les sources d’information les plus importantes ainsi que les liens vers des renseignements complémentaires sont présentés dans une fiche d’information, disponible sous forme de flyer auprès des vendeurs et des loueurs de SUP. Il est également possible de l’obtenir sous forme électronique auprès des organisations partenaires.

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Un invité à la robe chatoyante

30. juin 2021

L’ibis falcinelle à l’allure exotique est observé de plus en plus fréquemment en Suisse. La Station ornithologique suisse en donne les raisons dans son rapport annuel sur l’état de l’avifaune en Suisse : les effectifs de cet oiseau migrateur sont en augmentation dans le sud de l’Europe, ce qui explique que certains de ces élégants oiseaux atteignent également la Suisse lors de leur migration d’automne et de printemps. Ils aiment s’y reposer dans les biotopes humides.

Sempach. – L’ibis falcinelle ne laisse pas indifférent. Au soleil, son plumage brun reflète le vert et le violet. Bien qu’il ne niche pas en Suisse, on peut tout de même l’y observer en ayant un peu de chance. À la fin du XXe siècle, il était encore considéré comme un visiteur irrégulier en Suisse : entre 1980 et 2010, seuls quelques individus de cet élégant échassier y ont été aperçus. Depuis 2010, cependant, il est signalé chaque année en Suisse. Dès lors, le nombre d’ibis falcinelles observés chaque année s’est stabilisé à un peu moins de 40.

La forte augmentation des observations en Suisse résulte d’une expansion de l’aire de répartition de l’ibis falcinelle. Après un déclin massif de la population au cours du XXe siècle, une reprise s’est amorcée dans les années 1990 grâce à une meilleure protection contre les tirs et à la création de zones protégées. Au cours de cette reprise, l’ibis falcinelle a également colonisé l’Espagne et la Camargue dans le sud de la France, d’où proviennent certains des individus observés en Suisse.

En terres helvétiques, l’ibis falcinelle aime s’attarder dans les biotopes humides du Plateau, où il cherche sa nourriture dans le sol mou ou dans l’eau avec son long bec recourbé. Il détecte ses proies, principalement des insectes et leurs larves, des vers ou des crustacés, grâce au tact situé à l’extrémité de son bec.

État de l’avifaune en Suisse

Chaque année, la Station ornithologique suisse résume les derniers développements relatifs à l’avifaune et les publie sous la forme d’un rapport : vogelwarte.ch/etat

Autres résultats :

  1. De nombreux oiseaux nicheurs de Suisse ont bénéficié d’un hiver doux et de conditions de reproductions optimales en 2020. Néanmoins, il y a eu des échecs de reproduction, en particuliers chez les espèces sensibles aux dérangements telles que le héron pourpré. La cause en est probablement les dérangements occasionnés par les personnes qui profitent de leur temps libre dans les zones protégées.
  2. L’aire de répartition de nombreux oiseaux de montagne s’est amenuisée depuis les années 1980, notamment dans les montagnes moins hautes que les Alpes. La Suisse, en tant que pays alpin de premier plan, possède donc une responsabilité encore plus grande pour la conservation des oiseaux de montagne.
  3. En Europe, des déplacements de l’aire de répartition des oiseaux vers le nord peuvent être observés. Depuis les années 1980, plusieurs espèces de passereaux ont considérablement étendu leur zone de reproduction. Au Sud, au contraire, il y a eu des pertes.
  4. En janvier 2021, 460 000 oiseaux d’eau ont été recensés en Suisse, le chiffre le plus bas depuis les années 1970. Les effectifs hivernaux suisses de fuligules milouin et morillon, de canards colverts, de foulques macroules et de mouettes rieuses déclinent en raison du réchauffement climatique.
Source

Knaus, P., T. Sattler, H. Schmid, N. Strebel & B. Volet (2021) : État de l’avifaune en Suisse : rapport 2021. Station ornithologique suisse, Sempach.

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Sur les traces d’un fantôme

01. juin 2021

Il est nocturne et, grâce à son camouflage parfait, il ressemble à un morceau de bois. Il n’est donc pas étonnant que les exigences en matière d’habitat du mystérieux engoulevent restent peu connues. Dans le cadre d’un nouveau projet, la Station ornithologique suisse a mis en évidence des résultats surprenants sur la biologie de cette espèce menacée.

Sempach. – L’engoulevent d’Europe niche dans les forêts claires de chênes et de pins. Par conséquent, les projets visant à promouvoir cette espèce en danger se sont jusqu’à présent concentrés sur la valorisation de ces habitats forestiers. Actuellement, on compte environ 40 à 50 couples en Suisse, principalement dans les vallées sèches du Valais et du Tessin.

Cependant, les mesures sur les sites de reproduction n’ont pas encore conduit à la reprise espérée des effectifs d’engoulevents. C’est pourquoi la Station ornithologique de Sempach a mené un projet visant à déterminer quels besoins de l’engoulevent en matière d’habitat ne sont pas encore suffisamment pris en compte dans les projets de promotion de l’espèce.

Avec son mode de vie nocturne et son camouflage parfait, grâce auquel l’engoulevent se distingue à peine du sol, il est difficile d’en savoir plus sur les activités quotidiennes de ce « fantôme » parmi les oiseaux. Néanmoins, une équipe de la Station ornithologique suisse en Valais a réussi à équiper plus de 40 individus d’émetteurs GPS pour en savoir plus sur l’utilisation de l’habitat par l’engoulevent.

Les résultats sont étonnants, car ils montrent que l’engoulevent utilise beaucoup plus les zones agricoles ouvertes pour se nourrir que ce que l’on savait auparavant. Les engoulevents équipés d’émetteurs GPS ont principalement visité des vignobles naturels et des prairies cultivées de manière extensive, qui ne sont pas trop fertilisées ou irriguées. Même les prairies alpines de haute altitude étaient régulièrement visitées au milieu de l’été. Dans ces divers habitats, dont certains se trouvaient à plusieurs kilomètres du site de reproduction dans les forêts claires, ils peuvent se repaître de gros insectes volants tels que des papillons de nuit et des coléoptères.

Grâce à ce nouveau savoir, l’engoulevent d’Europe peut désormais être mieux pris sous notre aile. En particulier, une gestion des vignobles respectueuse de la biodiversité et sans utilisation d’herbicides peut favoriser les insectes qui servent de nourriture à l’engoulevent. Il est tout aussi important de préserver et de promouvoir les prairies et vignobles utilisés de manière traditionnelle, avec une faible utilisation d’engrais et sans irrigation par aspersion.

Source

Evens, R., A. Jacot, T. Artois, E. Ulenaers, T. Neyens, L. Rappaz, C. Theux & J.‐N. Pradervand (2020): Improved ecological insights commission new conservation targets for a crepuscular bird species. Anim Conserv 89: 1. doi.org/10.1111/acv.12650.

L'engoulevent d'Europe

L’engoulevent, qui aime la chaleur, est nocturne et dort toute la journée sur le sol, où il niche également. Il compte sur son camouflage parfait : ce n’est qu’en regardant de près qu’on le distingue d’un morceau de bois. Son nom latin Caprimulgus fait référence à une légende datant de l’Antiquité : les Grecs pensaient qu’il suçait le lait des chèvres, les rendant aveugles ou les faisant mourir. En réalité, il était probablement à la recherche de gros insectes qui avaient été chassés par les animaux en pâture. En français, son nom fait référence à sa méthode de chasse : « qui avale le vent ». Comme il ne trouve pas de gros insectes en Suisse en hiver, il hiverne en Afrique. Ce n’est qu’à la mi-mai qu’il revient et fait retentir son chant ronronnant typique sur ses sites de reproduction.

Plus d’informations : vogelwarte.ch/engoulevent-d-europe.

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Pas touche aux oisillons !

13. avril 2021

De nombreux oisillons quittent le nid avant de savoir voler correctement. Ils continuent à être nourris et protégés par leurs parents. Si, dans les jours à venir, vous trouvez un oisillon posé sur le sol, ne vous inquiétez pas – il n’a généralement pas besoin d’aide.

Sempach. – En ce moment, de nombreux oiseaux sont occupés à se reproduire ou à prendre soin de leurs oisillons. À certains endroits, les premiers jeunes oiseaux ont déjà quitté le nid. Chez certaines espèces d’oiseaux, notamment le merle noir et le rouge-gorge familier, les jeunes s’aventurent hors du nid avant de savoir voler correctement. Cela réduit le risque qu’un prédateur mange tous les jeunes lorsqu’il découvre le nid.

Même s’ils ne savent pas encore vraiment voler, les jeunes oiseaux sont bien équipés pour survivre en dehors du nid. Ils peuvent également continuer à compter sur leurs parents et reçoivent encore de la nourriture pendant un certain temps. Les jeunes oiseaux n’ont donc généralement pas besoin de notre aide. Ce serait même une erreur de les emmener, car même la personne la plus compétente ne sera jamais aussi habile à les élever que les parents oiseaux.

Il arrive cependant que les jeunes oiseaux atterrissent dans un endroit malencontreux lors de leur première sortie, par exemple sur une route ou à proximité immédiate d’un chat. Si un jeune oiseau est en danger aigu, un peu d’aide est alors utile. Il suffit de placer l’oiseau dans un buisson proche. L’odeur des humains ne dérange pas les parents oiseaux, qui continuent à prendre soin des jeunes oiseaux qui ont été touchés.

Si vous ne possédez pas la certitude que les parents de l’oiseau sont à proximité, observez l’oisillon à au moins 50 mètres de distance. S’il n’est pas nourri par les parents pendant une heure, il est conseillé de contacter un centre de soins. Il est également nécessaire de se rendre dans un centre de soins si des oiseaux blessés ou des oisillons à peine emplumés sont trouvés sur le sol. Comme la détention et le soin des passereaux indigènes nécessitent non seulement des connaissances spécialisées mais aussi une autorisation cantonale, il est conseillé de ne pas les emmener chez soi.

Quand les jeunes oiseaux ont-ils besoin d’aide ?

Il arrive parfois que les bébés oiseaux tombent du nid trop tôt. Ces oiseaux malchanceux sont perdus s’ils ne sont pas pris en charge par un centre de soins. On les reconnaît au fait qu’ils ne peuvent pas sautiller et qu’ils sont généralement à peine emplumés.
Si vous n’avez pas la certitude qu’il s’agit vraiment d’un oisillon tombé du nid trop tôt, il est bon de le photographier et de demander une évaluation à un centre de soins.

La Station ornithologique dirige une station de soins, qui est joignable au 041 462 97 00 du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 13h30 à 17h. Le week-end et les jours fériés, un service d’urgence est organisé de 9h à 12h et de 13h30 à 17h.

Vous avez trouvé un oiseau ?

Il arrive qu’au cours d’une promenade ou dans son jardin, on trouve un oiseau qui ne parvient pas à s’envoler. Dans certains cas, l’oiseau a besoin d’aide ; dans d’autres, une intervention n’est pas nécessaire. Un arbre de décision a été élaboré dans le but d’aider à bien réagir dans les cas les plus fréquents.

Plus d’informations: vogelwarte.ch/oiseau-trouve

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Pris au piège

30. mars 2021

Tout le monde le sait, les déchets n’ont rien à faire dans la nature. Par paresse ou inattention, nous en semons malgré tout en quantité. Pour les oiseaux, le risque principal est de s’empêtrer dans les fils et autres ficelles. Les détritus qui traînent doivent donc être correctement éliminés.

Sempach. – Le printemps est à nos portes, les fleurs éclosent et embellissent la nature de leurs teintes variées. Mais dans les prés et les champs, les couleurs ont parfois des origines nettement moins plaisantes : des déchets, abandonnés sans égard ou amenés par le vent. Les conséquences néfastes des détritus laissés dans la nature sont diverses et dépendent du matériau et de la forme. Pour les oiseaux, tous les objets ne présentent pas les mêmes dangers : ce sont surtout les ficelles, les cordes, les fils et les rubans qui sont délétères, car les volatiles peuvent s’y retrouver coincés.

Le centre de soins de la Station ornithologique suisse recueille régulièrement des oiseaux qui ne peuvent plus se mouvoir ou se nourrir correctement parce qu’ils se sont empêtrés dans du fil ou de la ficelle, ou dont les membres ont subi des blessures par constriction. Comme ces détritus sont parfois aussi utilisés comme matériau de construction des nids, les oisillons ne sont pas épargnés. Quant aux oiseaux d’eau, ils courent en plus le risque de voir leur chair tailladée par les hameçons des fils de pêche. Dans des cas extrêmes, des objets allongés sont parfois confondus avec des vers de terre ou d’autres aliments et sont mangés par les oiseaux. Cela arrive notamment à la cigogne blanche.

Il est donc important que nos déchets ne soient pas jetés n’importe où. Nous pouvons tous agir, et pas seulement en débarrassant nos ordures correctement : vérifier régulièrement que des ficelles ne traînent pas dans notre jardin et ramasser les détritus lors de nos promenades est déjà bénéfique.

Que faire d’un blessé à plumes ?

Les oiseaux blessés ou malades doivent être pris en charge par des professionnels. En cas de doute, n’hésitez pas à appeler la Station ornithologique. Nos collaborateurs sont à même d’évaluer les besoins de l’oiseau et de fournir des conseils pour le transport ou de vous indiquer la station de soins la plus proche. Téléphone : 041 462 97 00 ou www.vogelwarte.ch/station-de-soins 

Il est déconseillé de soigner un oiseau à la maison. La détention et les soins aux oiseaux indigènes exigent non seulement des connaissances spécialisées et des conditions adéquates, mais également une autorisation cantonale.

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Le sacre du printemps

25. février 2021

La virtuosité de certains oiseaux sonne le glas de l’hiver et le retour des beaux jours. Chaque espèce dispose d’un calendrier bien à elle pour pousser la chansonnette. Le chant possède une fonction importante pour l’avifaune, puisqu’il constitue un prélude à la saison des amours.

Sempach. – Les jours se rallongent, le mercure remonte : pas de doute, le printemps pointe le bout de son nez. En tendant l’oreille, on ne peut pas manquer de remarquer que les oiseaux recommencent à chanter. Si le chant des oiseaux se fait davantage entendre quand les températures sont plus élevées, il n’en dépend pas. La saison de reproduction, dont le chant est un prélude, est contrôlée par des hormones qui ne sont activées qu’après une certaine longueur de journée. Les oiseaux chantent donc quand les jours sont assez longs, même si la météo n’est pas très printanière.

Le chant sert avant tout à défendre le territoire du mâle contre ses rivaux et à attirer une femelle. Il possède également d’autres fonctions, comme renforcer la cohésion du couple et synchroniser son comportement. Ce sont surtout les mâles qui chantent, mais les femelles peuvent elles aussi faire leurs vocalises, en particulier chez les passereaux, à l’image des rougegorges familiers ou des merles.

Pour séduire les femelles, les mâles de certaines espèces n’hésitent pas à imiter le motif d’autres espèces, afin de démontrer leurs talents et se distinguer de leurs concurrents, comme le font les rousserolles verderolles et des étourneaux sansonnets. Les pics ont une toute autre stratégie : la plupart des espèces ne chantent pas, car leur tambourinage caractéristique remplit la même fonction.

Toutes les espèces ne commencent pas à chanter au même moment de la journée, de même qu’elles ne s’attendent pas les unes les autres pour commencer leur saison des amours. Certains sont déjà plus avancés que d’autres, à l’image du cincle plongeur et du bec-croisé des sapins. Le cincle plongeur niche sur les cours d’eau et doit terminer l’élevage de ses petits avant que la neige ne fonde et que les inondations ne détruisent son nid. Le bec-croisé des sapins se reproduit même au milieu de l’hiver, tant que le temps est sec et ensoleillé. C’est dans ces conditions que s’ouvrent les cônes d’épicéa, qui constituent son alimentation.

Sélection de cinq chanteurs fameux en Suisse

Certaines espèces sont plus réputées que d’autres pour leurs vocalises. En voici un échantillon :

  1. Le merle noir – le chanteur prodige
  2. Le rossignol philomèle – le chanteur d’opéra
  3. La fauvette à tête noire – le talent caché
  4. L’étourneau sansonnet – l’imitateur
  5. Le loriot d’Europe – le joueur de flûte tropical

Délectez-vous des voix de tous ces chanteurs à l’adresse : vogelwarte.ch/les-oiseaux-de-suisse

Qui dit printemps, dit aussi migration

Le retour des beaux jours annonce aussi celui des oiseaux migrateurs. Pour savoir à partir de quand nous pouvons nous attendre à entendre à nouveau nos migrateurs favoris, rendez vous sur : vogelwarte.ch/retour-des-oiseaux-migrateurs

(Re)découvrir l’avifaune de Suisse

Après une longue fermeture due aux mesures pour lutter contre le coronavirus, le centre de visite de la Station ornithologique suisse rouvre ses portes le 2 mars. L’occasion de découvrir les chants d’oiseaux grâce à notre exposition immersive et sa partie « Aviphonie ». Plus d’informations et horaires d’ouverture : vogelwarte.ch/visite

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Recensement hivernal des dortoirs de mouettes rieuses

25. janvier 2021

Que ce soit à Lucerne, Lausanne ou Lugano, la mouette rieuse est incontournable lors des promenades hivernales le long des lacs suisses. Mais combien de ces petites mouettes passent l’hiver avec nous ? Le premier recensement national depuis 1979 devrait contribuer à clarifier la situation.

Sempach. – Quiconque se promène au bord d’un lac en hiver connaît bien la mouette rieuse. Curieuse et toujours à la recherche de quelque chose à manger, elle est généralement facile à observer et ose même souvent s’approcher à quelques mètres des humains.

Mais à l’approche du printemps, la plupart des mouettes rieuses quittent la Suisse. Seuls quelques centaines de couples nichent dans une douzaine de colonies en Suisse. C’est pourquoi l’espèce est souvent étonnamment difficile à observer en terres helvétiques en été. En effet, toutes les autres mouettes rieuses retournent dans les zones humides, les lacs, les rivières et les côtes d’Europe centrale et orientale pour se reproduire.

Ce n’est qu’après la saison de reproduction que les mouettes rieuses en provenance de toute l’Europe viennent en grand nombre en Suisse : la Station ornithologique suisse estime qu’elles sont plus de 40 000 à venir passer l’hiver en Suisse. Toutefois, l’estimation est inexacte car les recensements réguliers d’oiseaux d’eau se limitent aux étendues d’eau. Pendant la journée, cependant, les mouettes rieuses se tiennent souvent loin de ces étendues d’eau pour chercher des vers dans les champs et les prairies.

Le soir, les mouettes rieuses se rassemblent dans des dortoirs communs sur nos grands lacs, et il devient alors possible d’enregistrer la totalité de la population. En cette fin janvier, plus de 200 bénévoles braveront donc le vent, le temps et le froid sur une vingtaine de lacs et dans le triangle frontalier de Bâle pour participer à ce recensement spécial.

Le dernier recensement national remonte déjà à 1979. La Station ornithologique suisse et la communauté ornithologique internationale espèrent que ce prochain recensement donnera un aperçu fiable de l’évolution de la population de la mouette rieuse, qui a vu ses effectifs reculer dans toute l’Europe centrale au cours des dernières années.

Mouette rieuse

La mouette rieuse doit son nom à son cri « ricanant » ou « riant », qui lui a également donné son nom allemand et scientifique. Elle niche en Suisse sur quelques lacs et zones humides du Plateau. Les sites de reproduction actuels sont situés sur des radeaux et des plates-formes, mais aussi sur des îles artificielles, des jetées, des barrages et plus rarement dans des prairies de roseaux inondées. La population suisse de 560-800 couples nicheurs est répartie entre une quinzaine de colonies sur le Plateau.
La mouette rieuse n’est pas très difficile dans sa recherche de nourriture : elle mange des poissons, des vers, des insectes et des déchets. Dans un vol acrobatique et habile, elle subtilise en un clin d’œil le pain jeté aux canards alors qu’il est encore en l’air.
Plus d’informations : www.vogelwarte.ch/mouette-rieuse

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Chaque oiseau mérite sa chance

29. décembre 2020

En 2020, environ 1700 oiseaux ont été amenés au centre de soins de la Station ornithologique suisse, soit plus que jamais auparavant. Les moineaux domestiques, les merles et les martinets noirs sont les patients à plumes les plus courants. Le personnel de la station de soins s’occupe des oiseaux et les aide à retrouver leur liberté.

Sempach. – En cette fin d’année, le centre de soins de la Station ornithologique tire aussi le bilan. Il en ressort que 2020 a été la deuxième année record consécutive après 2019. Cette année, environ 1700 oiseaux blessés, affaiblis ou orphelins ont été amenés à la station, soit 200 de plus qu’en 2019. Cette augmentation est certainement due en partie à une plus grande sensibilité du public cette année en raison du contexte inhabituel. Au printemps dernier, un nombre exceptionnellement élevé de personnes ont contacté la Station ornithologique suisse pour poser des questions sur les oiseaux.

Plus de la moitié des oiseaux malchanceux reçus par la station de soins en 2020 étaient de jeunes oiseaux. Il y avait aussi parmi les arrivants de nombreux oiseaux blessés qui avaient été trouvés et amenés par des personnes attentives. Les oiseaux bénéficient de soins professionnels et sont relâchés dans la nature dès qu’ils sont tirés d’affaire. Cependant, certains d’entre eux ont des blessures si graves qu’ils n’ont aucune chance de se rétablir malgré leur prise en charge.

Les blessures se produisent souvent lorsque les oiseaux entrent en collision avec une vitre ou un véhicule. Ces collisions sont l’un des plus grands problèmes de conservation des oiseaux dans les zones urbaines. Bien des blessures et des décès pourraient être évités si des mesures étaient prises lors de la construction de bâtiments et si les vitres déjà posées étaient rendues visibles aux oiseaux grâce à des marquages.

Comme l’année précédente, les moineaux domestiques et les merles figurent parmi les espèces d’oiseaux les plus fréquemment accueillies. En troisième place, on trouve les martinets noirs : de nombreux jeunes oiseaux se précipitent hors de leur nid à la recherche de fraîcheur pendant les chaudes journées d’été. Comme les martinets noirs nichent souvent directement sous les toits des maisons, la température dans le nid peut atteindre des valeurs très élevées en cas de fort ensoleillement.

En comparaison avec les mois de printemps et d’été, où les gazouillis et les pépiements des nombreux patients à plumes constituent un bruit de fond constant, le calme est presque contemplatif pendant l’hiver dans la station de soins. Néanmoins, il reste encore des oiseaux blessés à soigner, qui, espérons-le, pourront être libérés pour la nouvelle année.

Vous avez trouvé un oiseau ?

Les oiseaux blessés et malades ainsi que les oisillons doivent être remis entre les mains de spécialistes. En cas de doute, vous pouvez contacter la Station ornithologique par téléphone: 041 462 97 00
Les spécialistes peuvent évaluer ce dont l’oiseau a besoin et donner des conseils sur le transport : www.vogelwarte.ch/station-de-soins.
Soigner l’oiseau à domicile n’est pas recommandé. La détention et les soins des oiseaux indigènes nécessitent non seulement des connaissances spécialisées et des conditions d’accueil adéquates, mais aussi un permis cantonal.

Les collisions d’oiseaux avec les vitres

La Station ornithologique fournit des informations complètes sur la manière de réduire le danger du verre pour les oiseaux: https://vogelglas.vogelwarte.ch/fr/home

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Des moineaux sous haute surveillance

10. décembre 2020

Le saviez-vous ? Notre moineau domestique a un parent proche, le moineau cisalpin, qui niche en Suisse uniquement au sud. Dans le cadre d’un nouveau projet, la Station ornithologique suisse souhaite améliorer le suivi des effectifs de ce moineau menacé à l’international.

Sempach. – Les moineaux font partie intégrante du paysage urbain en Suisse. Ces drôles d’oiseaux sont facilement reconnaissables, et leur petite taille leur confère une sympathie certaine. Cependant, peu savent qu’il existe dans notre pays plusieurs espèces de moineaux – six au total, dont quatre nicheuses –, dont certains ont une histoire surprenante et des trajectoires qui méritent qu’on y accorde toute notre attention.

Les moineaux que nous observons le plus fréquemment dans nos villes sont des moineaux domestiques. À la campagne, on trouve des moineaux friquets. En hiver, il est également possible de les voir dans nos jardins et autour des mangeoires. S’ils ressemblent aux moineaux domestiques, ils se différencient entre autres à leurs joues blanches et au point noir typique sur celles-ci. Au contraire du moineau domestique, chez cette espèce, le mâle et la femelle sont identiques.

Une troisième espèce vient brouiller les cartes : le moineau cisalpin, qui remplace le moineau domestique en Italie et au Tessin, mais qu’on peut également retrouver en Valais et dans les Grisons. D’apparence semblable au moineau domestique, le mâle se reconnaît à son dessus de tête brun et à ses joues plus claires. Après avoir été le sujet de débats taxonomiques, il est désormais considéré comme une espèce distincte depuis plusieurs années.

Le moineau cisalpin est catégorisé comme vulnérable sur la liste rouge mondiale, avec des reculs localisés susceptibles d’atteindre 50 % en Italie. En Suisse, la population va pour l’instant mieux, mais on sait que la tendance est la même qu’en Italie. C’est pourquoi il est important de le garder à l’œil dans le canton du Tessin. Un nouveau projet de suivi à long terme du moineau cisalpin, mené par la Station ornithologique suisse et lancé en 2020, permettra de remédier au besoin urgent d’amélioration de la surveillance de cette espèce en Suisse.

Les causes possibles de ce déclin potentiel sont la perte de ressources alimentaires due à l’utilisation de pesticides et de possibilités de nidification dans les zones urbaines due à la rénovation des vieux bâtiments et à l’architecture moderne des nouvelles constructions. La diminution des espaces verts peut également être mise en cause. Même si cette espèce menacée au niveau international est courante par endroits en Suisse, les moineaux cisalpins dépendent de notre tolérance. On peut leur venir en aide en entretenant un jardin accueillant pour les oiseaux et en mettant des nichoirs à disposition.

Des hybrides chez les oiseaux

Les oiseaux ne s’accouplent généralement qu’avec des congénères de la même espèce, mais il arrive que des individus appartenant à des espèces différentes se reproduisent. C’est également le cas entre le moineau domestique et le moineau cisalpin. Seuls les mâles sont identifiables chez les moineaux hybrides, à leur calotte souvent gris-brun et leurs joues grisâtres, de manière plus ou moins affirmée selon les individus. En Suisse, outre les moineaux, on peut observer d’autres hybrides chez les canards et les passereaux, par exemple entre la corneille noire et la corneille mantelée.
Plus d’informations : vogelwarte.ch/corneilles,-moineaux-et-leurs-hybrides

Des hybrides chez les oiseaux

Les oiseaux ne s’accouplent généralement qu’avec des congénères de la même espèce, mais il arrive que des individus appartenant à des espèces différentes se reproduisent. C’est également le cas entre le moineau domestique et le moineau cisalpin. Seuls les mâles sont identifiables chez les moineaux hybrides, à leur calotte souvent gris-brun et leurs joues grisâtres, de manière plus ou moins affirmée selon les individus. En Suisse, outre les moineaux, on peut observer d’autres hybrides chez les canards et les passereaux, par exemple entre la corneille noire et la corneille mantelée.
Plus d’informations : vogelwarte.ch/corneilles,-moineaux-et-leurs-hybrides

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Une étape importante pour l’ornithologie

03. décembre 2020

Le deuxième atlas européen des oiseaux nicheurs est disponible. Il conclut le plus grand projet de science citoyenne jamais réalisé dans le domaine de la biodiversité : environ 120 000 personnes ont recensé des oiseaux dans une cinquantaine de pays. La Station ornithologique suisse a été très impliquée dans l’élaboration de cet atlas.

Sempach/Barcelone/Prague. – Le deuxième atlas européen des oiseaux nicheurs (EBBA2) montre que 596 espèces d’oiseaux nichent en Europe. Les régions les plus riches en espèces se trouvent en Europe de l’Est et en Russie, où on trouve encore de vastes forêts et zones humides, ainsi que des zones agricoles gérées de manière beaucoup moins intensive qu’à l’ouest. Depuis le dernier recensement international d’oiseaux il y a 30 ans, de nombreuses espèces d’oiseaux dans toute l’Europe ont été déplacées par l’intensification de l’agriculture. Les espèces ayant pu bénéficier d’une meilleure protection, telles que le pygargue à queue blanche, ont augmenté leurs effectifs. Cela montre que les mesures de conservation fonctionnent.

Le changement climatique et le rôle de la Suisse

Dans l’ensemble, de nombreuses espèces ont vu leur aire de répartition glisser vers le nord. C’est une indication claire de l’influence du changement climatique. Cela pourrait devenir un problème pour les espèces d’oiseaux arctiques en particulier, car elles ne peuvent pas se rendre plus au nord. Certaines espèces se sont également déplacées plus en altitude, et ont déserté les montagnes les moins élevées d’Europe. Les espèces d’oiseaux qui nichent au-dessus de la limite de la forêt, comme l’accenteur alpin, souffrent particulièrement : leur habitat se réduit parce que cette limite s’élève en raison du changement climatique. Avec la disparition des oiseaux de ces chaînes de montagnes, les Alpes deviennent de plus en plus importantes pour la conservation de cette avifaune spécialisée. En tant que pays alpin de premier plan, la Suisse doit assumer sa responsabilité internationale et améliorer la protection de sa biodiversité alpine.

Ces résultats, et bien d’autres encore, n’ont pu être obtenus que grâce aux immenses efforts de quelque 120 000 personnes qui ont recensé les oiseaux dans une cinquantaine de pays, parfois loin de toute civilisation. Deux collaborateurs de la Station ornithologique suisse ont été largement impliqués dans le projet : Pietro Milanesi a produit les cartes de distribution modélisées, et Verena Keller, en tant que membre du conseil d’administration de l’European Bird Census Council (EBCC), était chargée de diriger l’équipe de coordination. Elle est ainsi la première autrice du deuxième atlas européen des oiseaux nicheurs.

Source
Keller, V., Herrando, S., Voříšek, P., Franch, M., Kipson, M., Milanesi, P., Martí, D., Anton, M., Klvaňová, A., Kalyakin, M.V., Bauer, H.-G. & Foppen, R.P.B. (2020). European Breeding Bird Atlas 2: Distribution, Abundance and Change. European Bird Census Council & Lynx Edicions, Barcelona.
Source

Le nouvel atlas européen des oiseaux nicheurs EBBA2 n’existe qu’en anglais. La Station ornithologique suisse ne vend pas le livre. Il peut être acheté au prix de 90 euros ici : lynxeds.com

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Les oiseaux s’invitent à table

17. novembre 2020

La plupart des Suisses tiennent à nourrir les oiseaux en hiver. Pour ces derniers, une source de nourriture supplémentaire est souvent la bienvenue. Cependant, pour éviter que ce geste bien intentionné ne se retourne contre eux, le nourrissage doit être en tout point approprié.

Sempach. – Nous, les humains, considérons souvent l’hiver comme une période inconfortable de l’année, surtout lorsqu’il fait un froid glacial, que le vent balaie la plaine ou que la neige persiste. Nous pensons alors à nos amis à plumes et décidons de les aider en leur offrant de la nourriture. Dès lors, la question de la meilleure façon de procéder se pose à nouveau.

Quand faut-il mettre de la nourriture à disposition ?

En période de pénurie alimentaire, c’est-à-dire principalement en cas de manteau neigeux continu, de pluie verglaçante ou de gel, une source subsidiaire de nourriture peut constituer une aide à la survie des passereaux. Il est préférable de refaire le plein de nourriture le soir, environ deux heures avant le crépuscule, en quantité suffisante pour une durée de 24 heures.

De quelle manière faut-il nourrir les oiseaux ?

Il faut également tenir compte de l’hygiène dans le cadre du nourrissage des oiseaux. Le choix d’une mangeoire appropriée joue un rôle déterminant. Comme il existe des agents pathogènes qui peuvent être transmis d’un oiseau à l’autre par les fientes, celles-ci ne doivent pas entrer en contact avec la nourriture. C’est pourquoi il est recommandé d’utiliser des mangeoires avec des bols étroits ou des automates à nourriture cylindriques. Le mélange de restes de céréales et de fèces qui s’accumule sous les mangeoires doit être nettoyé régulièrement. Les rassemblements d’oiseaux autour des mangeoires ne passent pas inaperçus, en particuliers auprès des prédateurs comme les chats. Pour éviter que la mise à disposition bien intentionnée de nourriture ne devienne un dernier repas, le site de nourrissage doit être aménagé dans un endroit dégagé. De plus, des lieux de refuge tels que des buissons ou des arbres à proximité sont importants, mais à une distance d’environ deux à cinq mètres, afin que les oiseaux puissent garder une vue d’ensemble sur leur environnement.

Quel type de nourriture faut-il donner ?

La nourriture doit être aussi proche que possible des moyens de subsistance naturels des oiseaux. Pour les fringillidés, les moineaux et d’autres espèces qui se nourrissent de graines, il est recommandé d’utiliser des mélanges contenant une forte proportion de graines de chanvre ou de tournesol. Cependant, les mangeoires ne sont pas seulement fréquentées par les granivores. Les frugivores et insectivores, dont les merles et les rougegorges, les visitent également. On peut leur offrir des pommes, des raisins, des flocons d’avoine ou des noix hachées.

Quel est l’intérêt de nourrir les oiseaux ?
  • Nourrir les oiseaux permet surtout de faire de belles observations autour de la mangeoire. Selon l’adage «on protège ce que l’on aime», il est donc possible de poser les bases d’une prise de conscience de la nature et de l’environnement.
  • Quand la nourriture vient à manquer, une mangeoire peut aider certains passereaux à survivre. Cependant, ces derniers appartiennent à des espèces qui ne sont pas menacées.
  • Les espèces d’oiseaux rares ou menacées ne peuvent pas être aidées par la mise en place d’aide sous forme de mangeoires, car elles ne se rendent presque jamais sur les sites de nourrissage. Pour la protection d’une avifaune riche en espèces, il est donc prioritaire de disposer d’habitats diversifiés qui fournissent une nourriture suffisante aux insectivores en été.
Pour plus d’informations

Feuille d’information «Le nourrissage des passereaux»: www.vogelwarte.ch/le-nourrissage-des-passereaux
Observer les oiseaux à la mangeoire: www.vogelwarte.ch/oiseaux-de-la-mangeoire

Les mangeoires de la Station ornithologique suisse de Sempach

Des mangeoires qui répondent à toutes les exigences peuvent être commandées en kit auprès de la Station ornithologique suisse. Elles sont fabriquées dans les ateliers protégés de la Fondation Brändi à partir de bois certifié FSC.
www.vogelwarte.ch/fr/shop/nichoirs-et-mangeoires

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Quelques jours suffisent pour atteindre l’Afrique

03. novembre 2020

Grâce aux géolocalisateurs, on en sait plus que jamais sur le cycle annuel du martinet à ventre blanc : ce sont les plus rapides pour effectuer leur migration, dont le site d’arrivée a également pu être déterminé.

Sempach. – Une nouvelle étude de la Station ornithologique suisse portant sur le cycle annuel du martinet à ventre blanc, migrateur de long cours, met en évidence la durée exceptionnellement réduite de la période de migration, qui n’est que d’environ une semaine par saison – il s’agit de la plus courte connue à ce jour. Cela suggère que ces oiseaux effectuent leur trajet de plusieurs milliers kilomètres d’une traite. Ces nouvelles informations ont été obtenues grâce aux résultats des géolocalisateurs de 215 oiseaux provenant de quatre pays (Suisse, Espagne, Bulgarie, Turquie).Les plus rapides sont des martinets turcs qui n’ont eu besoin que de 58 heures pour faire le trajet jusqu’au Soudan du Sud.

Christoph Meier et ses collègues ont en plus pu déterminer les lieux d’hivernage des martinets à ventre blancs étudiés. Si toutes les populations migrent vers l’Afrique tropicale juste au sud du Sahel, les populations suisses se concentrent sur l’Afrique de l’Ouest, surtout le Mali et la Guinée, en passant par la péninsule ibérique. Jusqu’ici, peu d’évidences témoignaient de quartiers d’hiver en Afrique tropicale.

On sait également désormais que les populations qui nichent à des latitudes plus élevées adaptent leur calendrier annuel pour passer moins de temps sur leur site de reproduction, où l’été est plus court. En moyenne, la saison de reproduction potentielle du martinet à ventre blanc diminue de 3,4 jours pour chaque degré de latitude supplémentaire. Cela suggère que les martinets suisses passent moins de temps sur leur site de reproduction que les autres populations étudiées.

Cependant, tous les oiseaux suivis restent plus longtemps en Europe qu’il ne leur est nécessaire pour se reproduire – que font donc les martinets à ventre blanc pendant toute cette période ? Cela reste encore à élucider.

Source
Meier C. M., Karaardiç, H., Aymí, R., Peev, S. G., Witvliet, W., Liechti, F. (2020). Population-specific adjustment of the annual cycle in a super-swift trans-Saharan migrant. Journal of Avian Biology; doi.org/10.1111/jav.02515.

Les géolocalisateurs

La méthode de repérage indirect par géolocalisateur se base sur un principe très ancien : la détermination de la position grâce à l’heure du lever et du coucher du soleil. Les géolocalisateurs conçus par la Station ornithologique suisse et mis au point par la HES de technique et d’informatique de Berne ne pèsent que 0,5 g et se porte comme un sac à dos léger afin de ne pas gêner l’oiseau. Ils mesurent l’intensité du rayonnement solaire et l’heure pendant une année, ce qui permet, lors de la reprise du géolocalisateur après le retour de l’oiseau migrateur, de reconstituer son itinéraire. Le martinet à ventre blanc est un excellent cas pour une étude avec géolocalisateur, car il est fidèle à son lieu de reproduction, ce qui permet de récupérer les appareils facilement.

Pour en savoir plus : vogelwarte.ch/geolocalisateur

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Une ornithologue suisse reçoit un prix international

30. octobre 2020

Sempach & Thetford (GB). – L’ornithologue suisse Verena Keller a obtenu le 28 octobre dernier le Marsh Award for International Ornithology du British Trust for Ornithology (BTO). Verena Keller travaille à la Station ornithologique suisse de Sempach dans le domaine « Surveillance de l’avifaune » et est membre de l’European Bird Census Council.

Au cours des dix dernières années, la biologiste a dirigé la production de l’Atlas européen des oiseaux nicheurs (European Breeding Bird Atlas, EBBA2), qui sera publié en décembre 2020. Ce prix international récompense son travail en tant que présidente du comité de pilotage de ce projet international. La Station ornithologique suisse de Sempach félicite Verena Keller et la remercie pour ses nombreuses années d’engagement en faveur de la conservation des oiseaux en Suisse et en Europe.

Le Marsh Award for International Ornithology est décerné aux scientifiques dont l’implication au niveau international a une influence significative sur l’ornithologie britannique. Les Marsh Awards sont soutenus par le Marsh Christian Trust.

Plus d'informations

Cérémonie du 28 octobre 2020 : www.youtube.com/watch?v=DIRzRvJQKs8
BTO : www.bto.org
EBBA2 : www.ebba2.info

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© Levi Fitze

Atmosphère unique pour cette photo d’un tétras lyre paradant au lever du soleil ; c’est le grand vainqueur du concours photo 2020 de la Station ornithologique suisse. Le cliché a été pris à l’aide d’un déclencheur à distance et d’un objectif grand angle.

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Sur nos monts quand le soleil…

17. septembre 2020

L’édition 2020 du concours photo de la Station ornithologique suisse est un succès : 700 photographes naturalistes issus de 28 pays ont envoyé un total de près de 9000 clichés. Celui, saisissant, d’un tétras lyre paradant sur fond de soleil levant a été élu gagnant.

Sempach. – Ces incroyables photos d’oiseaux mettent à l’honneur la beauté et la diversité de nos amis à plumes. Près de 9000 photos ont été envoyées à la Station ornithologique dans le cadre du concours photo 2020, dans les catégories «Général», «Emotion», «Action» et «Jeunesse». Le concours était organisé en collaboration avec notre partenaire principal Canon (Suisse) SA, et Sony Europe B.V., Panasonic Europe GmbH et Olympus Suisse SA, partenaires de catégorie. Un jury de professionnels vient de désigner les gagnants.

Le grand vainqueur de cette année est le Suisse Levi Fitze, et son image d’un tétras lyre en parade devant le lever du soleil. Cette photo spectaculaire a été prise avec un déclencheur à distance, les tétras lyres étant très sensibles aux dérangements. Le jury a été conquis : « Ce cliché à l’atmosphère unique, saisissant un tétras lyre exactement au bon moment et au bon endroit, est exceptionnel », s’enthousiasme Martin Wieser, représentant de Canon et membre du jury. Andi Hofstetter, photographe naturaliste, explique : « La lumière est très particulière, et il a fallu une certaine préparation pour capturer ce moment parfait. » A cela s’ajoute qu’il est rare de recevoir des prises de vue grand angle de tétras lyres. Il est par ailleurs réjouissant qu’avec Levi Fitze, ce soit non seulement un photographe suisse, mais un jeune candidat, qui ait remporté la première place d’un concours d’envergure européenne.

La qualité des images soumises cette année était particulièrement élevée, et la décision n’a pas été facile pour le jury. Dans la catégorie « Jeunesse », ouverte aux participants de moins de 18 ans, c’est Antoine Lavorel qui l’a emporté. Son portrait d’un pluvier guignard a séduit, avec sa lumière superbement composée et un beau centrage de l’oiseau devant le soleil levant.

Le gagnant de la catégorie « Action » est le cincle plongeur de Claudio Comi, qui surgit d’une chute d’eau en se dirigeant droit vers le photographe. «Ce n’est pas facile de mettre en scène parfaitement un instant aussi bref», dit Stéphane Bruchez, représentant au sein du jury de l’Association suisse des photographes et cinéastes naturalistes. C’est aussi un défi technique de montrer aussi clairement l’oiseau malgré toutes les gouttes d’eau et le fort contraste.

Concours photo 2020 de la Station ornithologique suisse de Sempach

Les photos des finalistes peuvent être admirées sur photo.vogelwarte.ch. Vous y trouvez également toutes les informations sur le prochain concours, qui aura lieu en mai 2021.

Jury

Stéphane Bruchez, membre du comité de l’Association suisse des photographes et cinéastes naturalistes ; Marcel Burkhardt, chef de projet à la Station ornithologique suisse ; Andi Hofstetter, photographe naturaliste ; Hansruedi Weyrich, vice-président de Naturfotografen Schweiz NFS et Martin Wieser, Segment Development Manager chez Canon (SA).

Partenaire principal et partenaires de catégorie

Partenaire principal : Canon (Suisse) SA
Partenaires de catégorie : Canon (Suisse) SA (« Jeunesse ») ; Sony Europe B.V. (« Général ») ; Panasonic Europe GmbH (« Emotion »); Olympus Suisse SA (« Action »)

photo.vogelwarte.ch – Portfolio 8

Les meilleures photos de la sélection finale du concours 2020 sont aussi publiées sous forme d’album photo, disponible dès mi-novembre sur www.vogelwarte.ch/boutique.

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Place de pique-nique pour visiteurs arctiques

09. septembre 2020

Au cours du voyage qui les mène de l’Arctique et du nord de l’Europe jusqu’en Afrique, les limicoles ont besoin d’escales dans des prairies et des champs humides. Ces milieux ont cependant été largement asséchés en Suisse. Afin de permettre aux migrateurs de se reposer, 5 hectares de champs sont temporairement inondés d’août à octobre près d’Yverdon-les-Bains.

Yverdon-les-Bains. – Ils font à peu près la taille d’un étourneau, mais ils parcourent plusieurs milliers de kilomètres au cours de leur migration – c’est un véritable tour de force qu’accomplissent les petits échassiers. Au printemps et en automne, ils sont des milliers à survoler la Suisse.

Il est vital pour eux de trouver des sites d’escale adéquats offrant nourriture et repos. Comme nous, les oiseaux ont besoin de faire des pauses lorsqu’ils voyagent – pour se sustenter, se laver et se reposer. A fortiori puisque, contrairement à nous, ils effectuent leur périple de plusieurs milliers de kilomètres à la seule force de leurs ailes ! La majorité des limicoles privilégient, pour se reposer, les plans d’eau peu profonds et un sol humide et meuble, qu’ils sondent à la recherche d’insectes et de vers. Ces sites d’escale sont toutefois devenus rares en Suisse, où le cours des fleuves a été rectifié, les biotopes humides ont été drainés, les lacs régulés et les sols humides asséchés pour l’agriculture.

Pour y remédier, 5 hectares de champs sont temporairement inondés à Yverdon d’août à octobre. La Ville, les agriculteurs et les ornithologues travaillent main dans la main depuis 2015 pour accueillir dignement les limicoles en migration en mettant à leur disposition un site d’escale adéquat. Ce projet est soutenu notamment par la Station ornithologique de Sempach, « Nos Oiseaux », l’association CH Club 300, la Fondation Montagu, la Ville d’Yverdon-les-Bains, l’Etat de Vaud et la Confédération.

« La surface temporairement inondée est le site d’escale préféré des limicoles en Suisse ! » se réjouit Pierre Iseli de l’association Escales Limicoles-Agriculture et co-initiateur du projet. Depuis début août, jusqu’à 120 petits échassiers de 20 espèces séjournent ici chaque jour, dont quelques raretés comme le bécasseau cocorli. Ce limicole fait halte à Yverdon entre sa zone de nidification dans l’Arctique russe et ses quartiers d’hiver tropicaux d’Afrique de l’Ouest, à 4000 kilomètres de là.

Outre les comptages d’oiseaux, des études sont également menées quant aux conséquences sur les sols. Le projet est toutefois encore trop récent pour que l’on puisse constater une éventuelle amélioration de la fertilité des sols due à l’inondation temporaire. Cela constituerait un effet secondaire bienvenu de ce projet dont tout le monde profiterait alors – les agriculteurs d’Yverdon et les migrateurs de l’Arctique.

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A la santé de l’alouette lulu

01. septembre 2020

Depuis 20 ans, la Station ornithologique suisse s’engage pour une production de vin à nouveau plus respectueuse des oiseaux en Valais. Dans les vignes de Chamoson-Leytron, son antenne valaisanne soutient les vignerons locaux dans un enherbement des sols favorable aux oiseaux et dans la mise en place de petites structures. Alain Jacot, responsable de l’antenne valaisanne, explique: «Nous prenons soin de garder un enherbement du sol à la fois riche en espèces et discontinu. Nous favorisons ainsi la diversité en insectes et à travers elle également l’alouette lulu».

Sempach. – Les versants exposés au sud et baignés de soleil font du Valais une région viticole idéale. De tels vignobles constituent également l’habitat de nombreuses espèces d’oiseaux, dont l’alouette lulu ou le bruant zizi. Ces deux espèces sont adaptées à vivre dans les régions chaudes et sèches. L’alouette lulu apprécie que le sol soit partiellement enherbé entre les rangs de vigne, car elle y trouve une offre en insectes riche et facilement accessible. Le bruant zizi, quant à lui, a besoin dans son territoire de buissons et d’arbres qu’il utilise autant comme perchoirs pour le chant que pour la nidification.

Toutefois, les arbres, les buissons et un enherbement partiel du sol font défaut dans de nombreux vignobles. Les vignes sont aujourd’hui souvent exploitées plutôt intensivement: la végétation au sol est détruite avec des herbicides, et les petites structures précieuses telles que des murs de pierres sèches, des buissons et des arbres isolés ou des haies basses, disparaissent progressivement. Cela laisse des traces: de nombreuses espèces d’oiseaux spécialisées des vignobles ont dû quitter ces espaces au cours des dernières décennies.

Doch in vielen Rebbergen sind Bäume, Sträucher und eine partielle Bodenbegrünung  Mangelware. Vielmehr werden Rebberge heute oft intensiv bewirtschaftet: Die Bodenvegetation wird mit Herbiziden abgetötet, und wertvolle Kleinstrukturen wie Trockenmauern, Einzelsträucher und -bäume oder Niederhecken mussten zunehmend weichen. Das hat Spuren hinterlassen: Viele der spezialisierten Vogelarten der Rebberge mussten in den vergangenen Jahrzehnten das Feld räumen.

La mise en place de structures naturelles est une autre mesure en faveur des oiseaux dans les régions viticoles. Dans les projets de mise en réseau écologique de Chamoson-Leytron et de Salgesch-Varen-Leuk, l’antenne a pu planter environ 2000 arbres et buissons dans les vignobles grâce à une collaboration fructueuse avec les responsables des projets de mise en réseau ainsi que les vignerons locaux. Davantage de sites de nidification ont ainsi vu le jour, par exemple pour le bruant zizi.

20 ans de conservation des espèces en Valais

Le Valais a la chance de posséder une avifaune diversifiée dont plusieurs espèces sont devenues rares ailleurs en Suisse. L’importance de ce canton alpin de Suisse méridionale pour l’avifaune de notre pays était à la base de la décision de la Station ornithologique suisse d’y accorder une importance particulière à la conservation des oiseaux sur place, en s’appuyant sur une collaboration étroite avec des acteurs locaux. C’est donc en Valais qu’elle a fondé il y a 20 ans la première de ses trois antennes. Le fichier du communiqué de presse, disponible au téléchargement en PDF, contient un tableau qui présente un extrait des mesures de conservation et des projets les plus importants de notre antenne en Valais.

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La responsabilité nous incombe

14. juillet 2020

De nombreux oiseaux des zones agricoles vont mal, en particulier les espèces qui passent l’hiver en Afrique. Les changements dans les zones d’hivernage et de migration sont-ils donc responsables de ce déclin ? Une nouvelle étude, à laquelle la Station ornithologique a participé, montre désormais que ce n’est pas le cas, du moins pour le tarier des prés. La responsabilité nous en incombe, à nous en Europe.

Sempach. – Il y a trois raisons possibles au déclin d’une population : une émigration dans d’autres régions, un taux de survie en baisse ou un succès de reproduction en recul. Une nouvelle étude, à laquelle la Station ornithologique a participé, s’est penchée sur les facteurs responsables du déclin du tarier des prés à l’échelle européenne. Pour ce faire, huit populations ont été étudiées dans six pays.

Le net recul du tarier des prés dans toute l’Europe permet d’exclure que la cause soit l’émigration dans d’autres régions. Sur la base des données de baguages, l’équipe de chercheurs a pu identifier les tarier des prés individuellement et les observer sur plusieurs années. Elle a pu ainsi évaluer le taux de survie annuel des oiseaux adultes. Le résultat a surpris : ce sont les populations avec les plus hauts taux de survie qui ont connu les plus forts reculs.

Le taux de survie n’a donc que peu d’influence sur l’évolution des effectifs du tarier des prés. On peut donc aussi abandonner ce facteur en tant qu’élément clé du déclin du tarier des prés, et par là même aussi par exemple la détérioration de l’habitat dans les quartiers d’hiver en Afrique. La seule explication qui reste est le déclin du succès de reproduction, qui est causé essentiellement par une agriculture toujours plus intensive dans les zones de nidification.

Les prairies autrefois proches de l’état naturel sont de plus en plus fertilisées et irriguées. L’herbe pousse ainsi plus vite, ce qui entraîne des coupes plus précoces et plus fréquentes. Pour les oiseaux qui nichent au sol, dont le tarier des prés, cette évolution est fatale car leurs nichées sont fauchées. De plus, le tarier des prés, qui est un insectivore strict, manque de nourriture car les prairies fleuries et riches en insectes d’autrefois sont devenues des surfaces herbagères stériles.

En conséquence, les effectifs du tarier des prés ont diminué de moitié ces 20 dernières années en Suisse ! Aujourd’hui, l’espèce a quasiment déserté le Plateau et le Jura, et dans les régions de montagne se dessine également une évolution de plus en plus préoccupante. Afin d’aider le tarier des prés, il faut réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides. En outre, une fauche tardive est nécessaire dans les prairies où il niche, entre début et fin juillet selon l’altitude. Pour que le tarier des prés ait un avenir en Suisse, il faut agir maintenant. Car la responsabilité nous en incombe.

Source

Fay, R., M. Schaub, V. Banik, J. A. Border, I. G. Henderson, G. Fahl, J. Feulner, P. Horch, F. Korner, M. Müller, V. Michel, H. Rebstock, D. Shitikov, D. Tome, M. Vögeli, M. U. Grüebler. (2020). Whinchat survival estimates across Europe: can excessive adult mortality explain population declines? Animal Conservation; https://doi.org/10.1111/acv.12594.

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Nouvelle antenne aux Grisons

16. juin 2020

En raison de sa taille et de la diversité de ses paysages, le canton des Grisons joue un rôle central dans la conservation de l’avifaune suisse. La Station ornithologique suisse renforce donc son engagement en faveur de la conservation des oiseaux dans les Grisons en y créant une nouvelle antenne.

test Sempach. – De par sa taille et la variété de ses paysages, le canton des Grisons abrite une grande diversité d’oiseaux. De nombreuses espèces que les activités humaines ont évincées du Plateau y trouvent encore des habitats intacts. C’est par exemple le cas du tarier des prés et d’autres nicheurs des prairies, ainsi que des espèces des zones alluviales comme le chevalier guignette. Ce canton de montagnes est aussi particulièrement important pour les habitants des hautes cimes tels que la niverolle alpine ou le lagopède alpin.

L’engagement de la Station ornithologique de Sempach dans la conservation des oiseaux en Engadine remonte aux années 1980. Ces dernières années, elle a défendu les intérêts des oiseaux dans le cadre de revitalisations de cours d’eau et a intensifié la coopération avec les parcs naturels régionaux pour la protection des nicheurs de prairies. La Station ornithologique travaille en étroite collaboration avec les autorités, les organisations de protection de la nature, les bureaux d’étude et d’autres organisations partenaires dans tout le canton.

Afin de renforcer la conservation des oiseaux aux Grisons, la Station ornithologique a maintenant ouvert une antenne à Coire. « Nous souhaitons promouvoir les questions importantes de conservation des oiseaux dans ce canton, qui est particulièrement intéressant et important pour nombre d’espèces en déclin à l’échelle suisse », explique Roman Graf, responsable de l’antenne grisonne de la Station ornithologique. « Pour ce faire, nous nous appuyons sur la coopération avec les autorités et les organisations partenaires ». Une antenne sur place permet en outre de renforcer le contact avec les nombreux bénévoles grisons. La Station ornithologique suisse a également des antennes en Valais (Sion) et au Tessin (Contone).

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Des voisins à plumes bienvenus

29. avril 2020

La crise du corona nous montre à quel point la nature à notre porte peut aussi nous être précieuse à nous, les humains. Pour la gent ailée, un environnement naturel est crucial. Même de petites mesures peuvent contribuer à rendre un balcon ou un jardin plus favorable aux oiseaux.

Sempach. – Des études montrent que les gens sont plus heureux et en meilleure santé lorsqu’ils sont entourés d’une nature diversifiée. Le chœur des oiseaux a également un effet positif sur notre bien-être. C’est une bonne raison, surtout maintenant, de promouvoir la nature dans les agglomérations. Les jardins de pierre, les plantes exotiques, les pesticides et la tonte fréquente du gazon rendent en effet les oiseaux peu à l’aise dans nos jardins.

Il existe de nombreuses façons d’aider la gent ailée dans les agglomérations, c’est pourquoi la Station ornithologique de Sempach consacre sa nouvelle brochure aux oiseaux des villes et villages et à la manière de les promouvoir. Les vieux arbres sont particulièrement précieux pour la biodiversité, car ils constituent un habitat pour de nombreux animaux. Par exemple, les merles noirs, les chardonnerets élégants et d’autres y trouvent des sites de nidification sûrs. De plus, les arbres contribuent à purifier l’air et à rafraîchir l’environnement, ce qui devient de plus en plus important pour nous aussi, les humains, surtout pendant les étés chauds.

Il est essentiel de préserver et de promouvoir les plantes indigènes. Le merisier, par exemple, fournit de la nourriture à plus de 45 espèces d’oiseaux, tandis que le laurier-cerise, non indigène, n’en fournit qu’à trois ! Contrairement aux plantes exotiques, les arbres et arbustes indigènes abritent également beaucoup plus d’insectes. La diversité est là la clé : plus on plante d’essences indigènes différentes, plus les animaux y trouvent nourriture et abris.

Les abeilles, papillons et autres sauterelles trouvent également de quoi se nourrir et s’abriter dans une prairie fleurie proche du naturel, tondue pas plus de 2 à 3 fois par an. Les insectes sont essentiels car ils servent aussi de nourriture aux oiseaux et à leurs jeunes. Il est donc important d’éviter l’utilisation de pesticides. Cependant, les pelouses sans fleurs, souvent tondues, et les espaces verts remplis de plantes exotiques n’ont aucune valeur pour la nature, même sans l’utilisation de pesticides.

Les jardins et parcs urbains proches de la nature nous récompensent par de nombreux chants d’oiseaux et une impressionnante variété de plantes et d’animaux. Même quelques éléments naturels isolés, comme une haie d’arbustes sauvages ou un tas de branches, offrent déjà un habitat à de nombreuses petites bêtes. Aussi bien la biodiversité que nous-mêmes en profitent.

Brochure thématique «Nos voisins à plumes»

La brochure thématique 2020 de la Station ornithologique de Sempach est consacré aux oiseaux des villes et villages, nos « voisins à plumes ». La brochure montre ce dont les oiseaux ont besoin dans les agglomérations et comment nous pouvons leur créer des habitats dans les parcs et jardins.
Pour commander la brochure : vogelwarte.ch/brochuresou 041 462 97 00.

Les oiseaux des jardins

Les oiseaux ne vivent pas seulement en forêt, dans les champs et les prairies ou à la montagne. Vous pouvez observer de nombreuses espèces dans votre propre jardin. Plus le jardin est diversifié, plus il y a d’espèces qui y vivent. Vous trouvez ici un aperçu des oiseaux les plus courants dans les jardins : vogelwarte.ch/oiseaux-des-jardins.

Fiche thématique « Un jardin pour les oiseaux »

Notre fiche thématique « Un jardin pour les oiseaux » explique comment rendre son jardin accueillant pour les oiseaux : vogelwarte.ch/jardin.

Des plantes indigènes pour votre jardin

Le site floretia.ch vous permet de choisir des plantes indigènes pour votre jardin ou balcon. En quelques clics, vous trouvez les plantes qui correspondent le mieux à vos souhaits.

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Seul, mais pas perdu

15. avril 2020

Le printemps est dans l’air et les oiseaux le savent bien. De nombreuses espèces ont déjà commencé à se reproduire et élèvent maintenant leurs jeunes. Les premiers oisillons ressentent déjà l’envie de s’aventurer dans le vaste monde, hors du nid – souvent même avant de savoir réellement voler. Mais leurs parents s’occupent d’eux, de sorte que notre aide n’est généralement pas nécessaire.

Sempach. – Les passereaux font partie de ce qu’on appelle les oiseaux « nidicoles » : Après l’éclosion, les oisillons sont d’abord nus et aveugles, et sont donc complètement dépendants des soins de leurs parents. Les jeunes oiseaux sont nourris et, dans un premier temps, également réchauffés par leurs parents. Après deux à trois semaines, ils quittent le nid. Les merles, rougequeues noirs et de nombreuses autres espèces sautent du nid avant de savoir réellement voler. Cependant, ils sont bien équipés pour survivre en dehors du nid et sont encore nourris par leurs parents pendant un certain temps, jusqu’à leur indépendance. Ce saut précoce hors du nid a un avantage – les oisillons sont plus difficiles à détecter par les prédateurs lorsqu’ils sont éparpillés dans les environs.

Dans la plupart des cas, les jeunes oiseaux assis par terre ou dans un buisson n’ont pas besoin d’aide. Ce serait une erreur de les emmener, car même le soignant le plus compétent ne maîtrise jamais l’art de les élever aussi habilement que leurs parents. Les oisillons élevés par l’homme ont donc probablement une chance de survie un peu plus faible.

Lorsqu’un oisillon est en danger imminent, par exemple à cause d’un chat ou de la circulation routière, il peut être placé dans un buisson proche. L’odeur de l’humain ne dérange pas les parents oiseaux, qui vont continuer à nourrir leurs petits. Si vous n’êtes pas sûr que les parents de l’oisillon soient à proximité, observez le petit à une distance d’au moins 50 m. S’il n’est pas nourri pendant une heure, il faut alors l’emmener dans une station de soins. Il est déconseillé d’essayer de l’élever à la maison. La garde et les soins des passereaux indigènes nécessitent non seulement une certaine expertise mais aussi une autorisation cantonale.

Quand un jeune oiseau a-t-il besoin d'aide ?

Il arrive parfois qu’un oisillon tombe accidentellement du nid, par exemple si les petits sont trop à l’étroit et que l’un d’entre eux passe par-dessus bord. Les oisillons qui tombent du nid trop tôt peuvent être reconnus par le fait qu’ils ne sont pas capables de sautiller. Souvent, ils sont aussi à peine emplumés. Ces jeunes malchanceux tombés du nid trop tôt sont perdus s’ils ne sont pas emmenés dans une station de soins.
Si vous n’êtes pas sûr qu’il s’agisse vraiment d’un jeune oiseau tombé du nid trop tôt, vous pouvez prendre une photo du petit et de demander conseil à un centre de soins.

Plus d‘informations

Fiche info « Oisillons – que faire ? » : vogelwarte.ch/oisillons-que-faire
Les oiseaux blessés ou malades ainsi que les oisillons orphelins doivent être pris en main par des professionnels ! La Station ornithologique suisse de Sempach exploite sa propre station de soins. Elle est joignable par téléphone au 041 462 97 00 (lun-ven 8h-12h et 13h30-17h) ; le week-end et les jours fériés, un service de permanence est organisé.

Cas spéciaux

Un martinet noir posé par terre est a toujours besoin de notre aide et doit être emmené immédiatement dans une station de soins. Plus d’informations : vogelwarte.ch/un-martinet-a-terre-que-faire
En agglomération, les canards colverts se reproduisent parfois sur les balcons ou les toits plats. Le chemin qui mène à l’eau est souvent très dangereux pour la famille colvert et ne peut être géré parfois qu’avec notre aide. Informations sur la meilleure façon de procéder : www.vogelwarte.ch/fr/oiseaux/conseils/oisillons/les-couvees-de-canards

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© Markus Jenny

Le lièvre brun préfère les zones où le pourcentage de surfaces à valeur écologique est élevé. En l’absence de jachères fleuries et d’éléments similaires, le lièvre n’est pas présent, comme le montrent les recensements à long terme de la Station ornithologique au Klettgau, à Schaffhouse.

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Suivons le lièvre !

08. avril 2020

Les terres agricoles valorisées écologiquement abritent le lièvre brun et divers oiseaux menacés, comme le montre la Station ornithologique suisse à l’exemple du Klettgau à Schaffhouse. Grâce à une coopération étroite entre la protection de la nature et l’agriculture, la région est devenue un haut lieu de la biodiversité dans notre pays.

Sempach. – Coquelicots, gaillets et sauges des prés colorent le tableau de rouge, jaune et violet. Les jachères fleuries et les prairies riches en espèces ne sont pas seulement un régal pour les yeux dans les paysages de production agricole autrement monotones, la nature en profite également. Les recensements de longue date de la Station ornithologique de Sempach au Klettgau à Schaffhouse témoignent de l’importance des zones agricoles aux nombreuses jachères fleuries et autres habitats de grande valeur écologique pour le lièvre brun et divers autres animaux et plantes.

Les recensements du lièvre brun de cette année le montrent bien : sur un site agricole du Klettgau, très valorisé sur le plan écologique et comportant une forte proportion de surfaces de promotion de la biodiversité, la densité d’environ 16 lièvres par km2 est cinq fois supérieure à la moyenne suisse. Dans une région avoisinante, où la proportion de zones de valeur écologique est beaucoup plus faible, il n’y a que deux lièvres par km2, soit huit fois moins.

« Comme le lièvre, le tarier pâtre et la fauvette grisette, par exemple, profitent fortement de la revalorisation écologique. On y trouve ces espèces dans des densités plus de cinq fois plus élevées que dans la zone non revalorisée »,  résume Markus Jenny, qui accompagne le projet Klettgau à la Station ornithologique. Pratiquement tous les oiseaux nicheurs étudiés profitent des améliorations écologiques. Le bruant proyer, pratiquement disparu en Suisse, ne niche d’ailleurs que dans la zone revalorisée.

Afin de promouvoir efficacement le lièvre brun, les zones agricoles exploitées de manière intensive nécessitent au moins 5 % de surfaces de qualité de promotion de la biodiversité, telles que des jachères fleuries, des prairies riches en espèces ou des haies. Dans la région hautement revalorisée du Klettgau, la proportion de ces surfaces est même plus de deux fois plus élevée, soit 12 % ! Et la nature en est reconnaissante, comme le montrent de manière impressionnante les recensements. Markus Jenny en est convaincu : « Grâce à 30 ans d’étroite collaboration entre la Station ornithologique, le Canton et les agriculteurs, le Klettgau est aujourd’hui un modèle de la façon dont l’agriculture et l’écologie peuvent aller de pair ».

Projet de la Station ornithologique au Klettgau

La Station ornithologique est active dans le Klettgau depuis des décennies et a contribué à faire de ce territoire un modèle d’agriculture écologique. Pour plus d’informations : www.vogelwarte.ch/fr/projets/habitats/reseau-de-biotopes-du-klettgau

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Les migrateurs réapparaissent comme l’Europe verdit

18. mars 2020

Au printemps, les migrateurs qui rentrent d’Afrique par l’ouest de l’Europe sont de retour en moyenne une semaine plus tôt que ceux qui empruntent la voie migratoire orientale. La nouvelle étude de la Station ornithologique de Sempach montre aussi que les oiseaux suivent le verdissement de la végétation sur leurs sites de nidification, plus précoce en Europe occidentale par son climat plus océanique qu’à l’est du continent.

Contact

Chloé Pang
Station ornithologique suisse
6204 Sempach
Tel. +41 41 462 97 98
chloe.pang@vogelwarte.ch

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Sempach. – Le printemps est à notre porte : flore et faune s’éveillent et les oiseaux migrateurs commencent à regagner l’Europe pour y nicher. Cependant, leur arrivée sur les sites de reproduction ne se passe pas simultanément selon s’ils empruntent la voie de migration occidentale – Afrique de l’Ouest puis détroit de Gibraltar – ou celle longeant l’Afrique de l’Est et le Proche-Orient. Dans une analyse des données de quelques 600 géolocalisateurs portés par 23 espèces européennes, la Station ornithologique révèle que les migrateurs empruntant la voie orientale arrivent en moyenne 6 à 7 jours plus tard par rapport à ceux passant par la voie occidentale.

« Notre étude montre que cette arrivée plus tardive reflète le verdissement printanier moins précoce à l’est de l’Europe, où les conditions climatiques sont plus continentales qu’à l’ouest du continent » explique Martins Briedis, auteur de l’étude et chercheur sur la migration à Sempach. « Les oiseaux suivent aussi le verdissement du sud au nord : il arrivent sur leurs sites de reproduction en moyenne 1,5 jour plus tard pour chaque degré de latitude vers le nord. »

« Le gradient climatique du sud-ouest au nord-est influence le calendrier de la migration européenne à grande échelle, mais les oiseaux adaptent aussi leur migration à la phénologie locale » résume Briedis. Il conclut que « ce type de recherche peut aussi révèler de potentiels effets à long-terme du changement climatique sur les systèmes migratoires. » Car faire coïncider le retour de migration avec l’avancée de la végétation locale est important pour la survie et la reproduction des migrateurs : Lors de printemps précoces, certains migrateurs trans-sahariens courent le risque d’arriver « en retard » sur leurs sites de nidification, lorsque par exemple la disponibilité en proies pour leur projéniture est déjà sur le déclin.

Source
Briedis, M., S. Bauer, P. Adamík, J. Alves, J. Costa, T. Emmenegger, L. Gustafsson, J. Koleček, M. Krist, F. Liechti, S. Lisovski, C. Meier, P. Procházka, S. Hahn. (2020). Broad-scale patterns of the Afro-Palaearctic landbird migration. Global Ecology and Biogeography 2020; 29: 722–735.
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L’identité par l’anneau

04. mars 2020

Combien de temps vit un oiseau sauvage ? Quelle distance parcourt-il au cours de sa vie ? A quels moments de son existence un oiseau a-t-il besoin de notre soutien ? On ne peut répondre à ces questions qu’en reconnaissant individuellement les oiseaux. C’est dans ce but qu’on les bague. Les informations liées à la bague sont très précieuses, c’est pourquoi il est très important d’avertir la Station ornithologique lorsqu’on en trouve une.

Pour comprendre comment vivent les oiseaux et ce dont ils ont besoin pour leur survie, il est essentiel de les reconnaître individuellement. Pour la plupart des espèces en liberté, c’est impossible. On les équipe donc d’une bague portant une combinaison unique de chiffres et de lettres. C’est le seul moyen pour les chercheurs de connaître leur âge, les distances parcourues et la cause de leur mort. La bague est ainsi une sorte de carte d’identité aviaire.

Les informations obtenues par le baguage sont aussi utiles à la protection des oiseaux. La Station ornithologique a pu calculer le taux de survie des vanneaux huppés grâce à la lecture de leurs bagues, par exemple. Il s’est avéré que ce n’est pas la survie des adultes qui est surtout déterminante chez cette espèce, mais bien plus le nombre de jeunes qui survivent. Pour stabiliser la population, on doit donc améliorer le taux de survie des jeunes. La Station ornithologique applique ces connaissances avec succès dans un projet de conservation : elle marque les nids pour les protéger des machines agricoles et elle tient les prédateurs à distance en posant des clôtures.

Grâce au baguage des faucons crécerelles, la Station ornithologique a pu montrer que la pose de nichoirs est une mesure de conservation judicieuse pour cette espèce. Le succès de reproduction dans les nichoirs est plus élevé que dans les aires naturelles, ce qui a pour conséquence une augmentation de l’effectif. Cela va même plus loin : les jeunes oiseaux colonisent d’autres régions et peuvent ainsi contribuer à renforcer d’autres populations.

Ces connaissances passionnantes sur la vie des oiseaux ne peuvent être gagnées que grâce à la découverte d’oiseaux bagués. Pour certains grands oiseaux comme la cigogne blanche, on peut même parfois lire la bague à grande distance. Il arrive aussi qu’un oiseau bagué se heurte à une vitre, ou soit ramené à la maison par le chat. Ces trouvailles sont très précieuses et doivent absolument être communiquées à la Station ornithologique suisse de Sempach – y compris le numéro complet de la bague. Ainsi, tout un chacun peut activement participer à la recherche ornithologique, tout en accédant à un passionnant aperçu de la vie de l’oiseau concerné.

Annonce de bagues d’oiseaux sauvages :

Bagues portant l’inscription « Sempach Helvetia » :
vogelwarte.ch/bague
Autres bagues : ring.ac
Bagues de couleur : cr-birding.org

Annonce pour d’autres cas :

Bagues de pigeons d’élevage : zugeflogen.contactus.ch
Animaux trouvés et perdus : stmz.ch/fr

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La crotte du record mondial

05. février 2020

En récoltant cette fiente, Pierre Mollet ne se doutait pas qu’il tenait en main une trouvaille qui allait faire sensation : elle lui était léguée par le plus vieux grand tétras connu au monde. Ce record mondial nous vient du canton de Schwytz – qui met en œuvre des mesures de protection pour le grand tétras et applique une méthode spéciale de monitoring pour en surveiller les populations.

Les grands tétras les plus âgés au monde ont au moins 10 ans et 9 mois et vivent dans le canton de Schwytz. Ce sont leurs fientes qui le révèlent : un échantillon d’entre elles avait déjà été récolté en 2009 dans le cadre d’un suivi de population mené conjointement par la Station ornithologique de Sempach et le canton de Schwytz.

Certaines méthodes de biologie moléculaire permettent d’extraire l’ADN contenu dans des échantillons de crottes. On peut ainsi produire une « empreinte digitale » génétique identifiant chaque individu. Ces informations génétiques permettent donc aussi de déduire la taille d’une population. Il n’est dès lors plus nécessaire d’observer les oiseaux pour les compter. « La récolte des crottes est une excellente méthode, tout particulièrement pour cet oiseau farouche qu’est le grand tétras, puisqu’on ne dérange quasi pas les animaux », explique Pierre Mollet, spécialiste de cette espèce à la Station ornithologique de Sempach.

Le grand tétras vit en effet dans des lieux retirés, et il est en outre menacé. Sa population suisse est en déclin depuis des décennies. De nombreuses forêts sont devenues trop denses et sombres pour cet oiseau exigeant et farouche, donc très sensible au dérangement. Comme les activités de plein air pénètrent toujours plus avant dans la nature, les dérangements sont de plus en plus fréquents.

Le canton de Schwytz abrite quelques-unes des régions les plus importantes de notre pays pour le grand tétras. Depuis 2009, ce canton procède donc régulièrement à des estimations d’effectif avec des méthodes génétiques, et favorise le grand tétras par des mesures de sylviculture ciblées. De plus, il s’engage pour protéger l’espèce contre les dérangements en édictant des dispositions contraignantes pour canaliser le public.

Avec succès : « Le monitoring génétique nous a permis de dénombrer presque 90 grands tétras en 2019 dans la partie du canton traitée jusqu’à maintenant. C’est le plus grand nombre jamais recensé depuis le début du suivi il y a 10 ans ! » se réjouit Pierre Mollet. Cerise sur le gâteau : l’âge record attesté récemment montre que les oiseaux peuvent vivre très vieux quand leur habitat présente les conditions adéquates. C’est manifestement le cas dans le canton de Schwytz.