Une nouvelle étude sur l’histoire de la coloration de passereaux, publiée dans la célèbre revue « Science », montre l’importance des échanges génétiques entre les espèces. Différentes espèces de traquets ont été étudiés. L’équipe de recherche, sous la direction de la Station ornithologique suisse, a découvert que des espèces proches pouvaient s’adapter rapidement aux nouvelles conditions environnementales grâce à l’échange de variations génétiques responsables de la pigmentation du plumage.
Chez le traquet noir et blanc, des changements dans un seul gène de la couleur ont entraîné l’apparition de plumes blanches sur la gorge et le dos. Ces caractéristiques génétiques ont été transmises au traquet oreillard par croisement. Dans les deux espèces, la couleur blanche du dos a finalement remplacé la couleur noire d’origine. Les gorges des deux espèces présentent aujourd’hui les deux couleurs, noir et blanc.Cet échange génétique a permis une adaptation rapide des espèces proches. Pendant ce temps, l’histoire à long terme de la coloration des plumes d’espèces apparentées éloignées a été à plusieurs reprises marquée par l’apparition de nouvelles propriétés génétiques. L’étude montre ainsi que les espèces exploitent toutes les variétés génétiques disponibles, tant au sein d’une espèce qu’entre différentes espèces, pour s’adapter à leur environnement.
L’équipe scientifique souligne que pour que les animaux soient capables de suivre le rythme du changement climatique, nous devons absolument préserver la plus grande diversité génétique possible au sein des espèces et entre celles-ci.