Selon la législation fédérale (Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux [Loi sur la chasse LChP ; état 2008] et l’Ordonnance sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages [Ordonnance sur la chasse, OChP ; état 2012]), les corbeaux freux, les corneilles noires et mantelées peuvent être chassés du 1.8 au 15.2. Les Cantons déterminent si les mesures individuelles de protection peuvent être prises et désignent les moyens autorisés (LChP). Ils peuvent également prolongés les périodes de protection ou limiter la liste des espèces pouvant être chassées (LChP).
Pour les corneilles noires et mantelées ainsi que les corbeaux freux (espèces que l’on peut chasser), le tir d’individus isolés provenant d’une troupe peut à court terme tenir les congénères éloignés des cultures. Par contre, les essais de réduction des effectifs à grande échelle, ne sont pas efficaces. Une mortalité artificiellement plus élevée sera compensée selon les capacités de l’habitat, en particulier en fonction de l’offre alimentaire et des possibilités de nidification. La lutte contre les populations nicheuses de corneilles mantelées dans le nord de l’Italie, qui a été menée à cause des dommages dans l’agriculture, n’a conduit à aucun changement des effectifs (Schmid et al. 1998). Pour diminuer les effectifs à long terme, on devrait intervenir massivement et durablement, ce qui n’est ni justifiable écologiquement ni proportionné économiquement.
- La Station ornithologique suisse réprouve les tirs visant à diminuer les effectifs car ils n’atteignent pas leur but. Par contre, les tirs isolés peuvent constituer un élément des mesures d’effarouchement.
Les tirs isolés d’individus peuvent être efficaces pour défendre à court terme un champ contre une troupe de corneilles noires ou mantelées ou de corbeaux freux. La chasse de ces trois espèces est connue pour être difficile. A vrai dire, la détonation peut à elle seule effaroucher une troupe. Dans les régions où la chasse est pratiquée, les oiseaux quittent le champ dès l’apparition d’une personne armée, sans qu’il soit nécessaire de tirer.
- La Station ornithologique suisse réprouve l’utilisation de pièges pour la capture de corneilles noires ou mantelées ou pour les corbeaux freux à cause des conséquences indésirables pour des espèces protégées.
Les pièges ne sont pas sélectifs. Le danger existe que non seulement des corneilles noires ou mantelées ou des corbeaux freux soient capturées mais aussi des espèces protégées ou les rapaces diurnes et nocturnes (Dick 2005). Tous les animaux capturés vivent une situation de stress considérable.
- La Station ornithologique suisse réprouve fondamentalement l’utilisation à l’air libre de substances hormonales empêchant la reproduction.
L’utilisation de substances hormonales dans la nature est liée à des risques importants. Les expériences en ville avec des pigeons ont montré qu’il n’est pas possible d’administrer des substances hormonales de manière sélective et en doses exactes et suffisantes. Jusqu’à présent, aucun exemple n’est connu où une grande population de pigeons a pu être réduite uniquement par l’influence de la biologie reproductive (Haag-Wackernagel 2003).
- La Station ornithologique suisse réprouve fondamentalement l’utilisation à l’air libre de poisons ou de narcotiques comme le α-Chloralose.
L’utilisation de poisons ou de narcotiques dans la nature est liée à des risques importants. Même avec une exécution soigneuse, le risque existe que le poison atteigne le cycle alimentaire. Des buses, des milans, des renards, des chiens, des chats et des petits mammifères peuvent être atteints, soit directement par l’appât empoisonné soit par des oiseaux contaminés qui meurent plus tard ailleurs.