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© Marcel Burkhardt
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Atlas des oiseaux nicheurs : poursuivons le travail !

avril 2019

Comment améliorer la situation de l’avifaune en Suisse ? L’atlas des oiseaux nicheurs 2013-2016 met en évidence les actions requises pour y parvenir. La Station ornithologique s’engage pour élaborer et mettre en oeuvre des mesures concrètes, en collaboration avec d’autres partenaires.

Il y a tout juste sept ans, la Station ornithologique lançait le grand projet de l’atlas des oiseaux nicheurs 2013-2016, après des mois de préparation. Dans son éditorial de l’Avinews d’août 2012, Lukas Jenni décrivait l’objectif poursuivi par la Station : créer une base pour les travaux qui suivraient. Et déjà à l’époque, il faisait comprendre que cet objectif ne pourrait s’atteindre sans soutien : « Nous voulons créer un ouvrage collectif, possible seulement grâce à tous les ornithologues bénévoles. Attaquons-nous ensemble à cette tâche ! »

Depuis, l’atlas des oiseaux nicheurs de Suisse 2013-2016 a été publié, il est disponible gratuitement en ligne pour tout un chacun, et il tient ses promesses : jamais auparavant la protection des oiseaux nicheurs de Suisse n’a pu s’appuyer sur une base aussi solide. Non seulement le nouvel atlas montre la situation actuelle de nos oiseaux, mais il illustre aussi les changements survenus depuis vingt ans dans leur fréquence et leur répartition. Les oiseaux, dont les exigences par rapport à leur habitat sont parfois très spécifiques, donnent la mesure de l’état des milieux ; de ce fait l’ouvrage désigne aussi clairement les déficits persistant dans la protection de la nature en général.

Les auteurs de l’atlas des oiseaux nicheurs ne s’en tiennent pourtant pas à une description de l’état de l’avifaune ou des changements qu’elle a connus. Ils en montrent aussi les causes pour des espèces particulières, pour des groupes d’oiseaux, et pour les habitats – causes la plupart du temps anthropogènes. Ainsi, non seulement apparaissent clairement les régions et les habitats dans lesquels des mesures sont nécessaires, mais également quelles sont concrètement ces mesures. Ces conclusions se basent sur les connaissances acquises au fil des ans sur les exigences écologiques des oiseaux, et sur les mesures de conservation qui ont fait leurs preuves lors de tests.

Du bilan aux actes

L’atlas des oiseaux nicheurs livre donc des connaissances allant d’une description de l’état de l’avifaune aux actions requises pour l’améliorer, en passant par les raisons de son évolution. Cet ouvrage constitue par conséquent une base extrêmement solide pour la protection de la nature. Il restait encore à diffuser ces connaissances, contenues dans un pavé de plus de 600 pages, aux organisations partenaires et autorités les plus diverses.

Pour ce faire, la Station ornithologique en a donné une forme condensée : elle a consacré une édition spéciale du rapport annuel « Etat de l’avifaune en Suisse » à l’atlas des oiseaux nicheurs 2013-2016, qui synthétise en 44 pages ses conclusions essentielles. Connaissant les ressources limitées de la protection de la nature et des oiseaux, la Station ornithologique a encore condensé ces conclusions dans un document de quatre pages intitulé « Action ! » – 11 mesures prioritaires auxquelles nous engage l’atlas des oiseaux nicheurs. Avec cette trilogie, la Station dispose maintenant des bases adéquates pour s’engager avec les organisations partenaires dans l’amélioration de la situation de nos oiseaux nicheurs.

Détermination des actions requises

Pour formuler les actions requises, la Station s’est appuyée sur sa philosophie – connaître l’avifaune indigène et à la conserver dans toute sa diversité pour les générations à venir. Cette vision n’est cependant pas l’apanage de la Station ; elle est partagée par les organisations similaires et leurs sympathisants. La Suisse officielle, également, a réaffirmé l’exigence d’accorder une priorité élevée à la conservation à long terme de la biodiversité, et par conséquent à celle de l’avifaune. Avec le titre intitulé « Action ! » – 11 mesures prioritaires auxquelles nous engage l’atlas des oiseaux nicheurs, la Station ornithologique montre qu’elle prend au sérieux la nécessité d’agir. Ce document concrétise aussi sa philosophie. Grâce à l’étendue de leurs effets, les actions réclamées par l’atlas bénéficieront non seulement aux oiseaux mais aussi à d’autres animaux et plantes.

Et la suite ?

Depuis des décennies, la Station ornithologique a entretenu des contacts réguliers avec les organisations partenaires qui occupent des positions clés concernant la conservation de la biodiversité dans les différents habitats et secteurs. Les propriétaires et exploitants fonciers, leurs organisations, ainsi que les autorités cantonales et fédérales en font partie. La Station peut maintenant s’appuyer sur le réseau ainsi constitué afin d’accélérer le développement et la mise en oeuvre des mesures à même d’apporter des solutions. Car ce que résumait Peter Knaus, le chef du projet de l’atlas des oiseaux nicheurs 2013-2018, dans l’édito du numéro d’août 2018 de l’Avinews – exactement six ans après Lukas Jenni – vaut tout autant pour l’amélioration de la situation que pour l’élaboration de l’atlas : « Si toutes les personnes qui ont participé au projet réunissent leur force pour ces objectifs, alors nous aurons une chance de pouvoir tirer un autre bilan – positif celui-là – du prochain atlas des oiseaux nicheurs ».

Actions requises

 

Agriculture

  1. Diminuer l’intensité de l’exploitation par une réduction marquée de l’apport d‘engrais et de pesticides, et par des méthodes culturales ménageant la biodiversité.
  2. Optimiser les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) en augmentant leur qualité et en les connectant entre elles, et en créer de nouvelles, en particulier dans les grandes cultures.
  3. Fixer les dates de coupe en fonction des exigences écologiques des nicheurs des prairies, en particulier dans les centres de gravité de leur aire de répartition.
  4. Conserver et promouvoir les structures favorables à la biodiversité dans la zone agricole (haies, arbres isolés, pâturages bien structurés, murs en pierres sèches, talus, gravières, p.ex.).

 

Forêt

  1. Promouvoir les for.ts richement structur.es ainsi que le bois mort et les vieux arbres, surtout sur le Plateau et dans le Jura.
  2. Créer des lisières présentant des zones de transition larges entre forêt et milieu cultivé, et favoriser les peuplements forestiers clairs et les forêts alluviales.

 

Biotopes humides et milieux aquatiques

  1. Créer et promouvoir un réseau de biotopes humides bénéficiant de suffisamment d’eau et d’un entretien approprié, avec des zones tampons.
  2. Favoriser un régime hydrique durable et la revitalisation des milieux aquatiques à large échelle, en y incluant un concept de canalisation du public.

 

Milieu bâti

  1. Promouvoir les espaces verts proches de l’état naturel et les grands arbres dans les villes et villages, ainsi que les possibilités de nidification sur les bâtiments.

 

Espèces exigeantes

  1. Conserver des espaces sans dérangements les plus grands possibles, en particulier dans les Alpes, en forêt et dans les biotopes humides. Eviter la fragmentation par les infrastructures est notamment nécessaire.
  2. Renforcer les mesures spécifiques et les projets pour les espèces prioritaires pour la conservation.