Projet de réseau écologique de Martigny (VS): Contrôle d’efficacité – Etat final 2022
Riepilogo
En 2015, le réseau écologique agricole de Martigny a vu le jour, sous l’impulsion de la Politique agricole 2014-2017. Le périmètre couvre 889 ha, dont 569 ha (64 %) de surface agricole utile (SAU) exploitée et déclarée. L’ensemble se situe en zone de plaine, et les cultures fruitières représentent 50 % de la surface cultivée. Conformément aux exigences de l’Ordonnance sur les paiements directs versés dans l’agriculture (OPD), ce rapport dresse le bilan de la première étape de huit ans (2015-2022), en vue de la poursuite du projet de mise en réseau.
En plus d’un appui régulier aux exploitants effectué dans le cadre de son mandat, l’Antenne valaisanne de la Station ornithologique suisse a offert des soutiens plus ciblés en lien avec des mesures spécifiques de restauration des habitats à l’échelle de l’exploitation, comme des plantations de haies, des améliorations de prairies à l’aide de semences régionales, ou l’installation de structures pour la biodiversité. Des ressources particulièrement importantes ont été consacrées à la mise en place de mesures pour la biodiversité dans les cultures fruitières intensives, en coordination avec un programme cantonal dédié à cette thématique.
En 2022, les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentes dans le périmètre du réseau atteignaient un total de 70,8 ha (état initial : 61,3 ha), soit 12,4 % de la SAU. L’objectif quantitatif est donc atteint. Si l’on ne prend en compte que les surfaces officiellement inscrites dans le réseau, cette proportion baisse cependant à 8 %. D’autre part, les SPB ne couvrent que 11,3 % des zones agricoles protégées, ce qui pose la question de la gestion de ces zones.
Les surfaces de qualité au sens de l’OPD représentaient en 2022 une part de 5,1 % dans le réseau de Martigny, ce qui correspond à l’objectif initial fixé. Parmi les mesures phares, ce ne sont pas moins de 16 ha de nouveaux semis de prairies qui ont été pratiqués. Ces semis ont permis l’apparition des premières prairies extensives de qualité 2 dans le périmètre. Celles-ci représentaient 2,5 ha en 2022, un résultat qui serait sensiblement plus élevé si toutes les prairies naturelles d’origine étaient déclarées comme prairies extensives avec qualité. Grâce à la plantation de 3 km de nouvelles haies basses, la surface totale des haies inscrites a quant à elle été multipliée par six au cours de la première période du réseau écologique.
513 nouveaux arbres haute-tige (fruitiers, noyers ou arbres indigènes) ont été plantés, de façon isolée, en allée ou en verger, ce qui constitue une évolution inédite depuis le grand déclin des vergers hautetige de plaine du Rhône dans la seconde moitié du siècle dernier. En parallèle, 92 pierriers ont été construits pour les hermines et des mares ont été creusées pour le Sonneur à ventre jaune.
Les effets des mesures ont été évalués en 2022 grâce à des relevés ciblés pour la faune et la flore selon des méthodes similaires à celles appliquées pour la description de l’état initial. Les insectes cibles et caractéristiques ont montré des populations renforcées en 2022. Les résultats pour les oiseaux varient en fonction des espèces. Dans un contexte dominé par les cultures pérennes, avec une faible part de jachères florales, les réponses de l’avifaune ne peuvent pas être immédiates. La Huppe fasciée et le Torcol fourmilier, espèces emblématiques des cultures fruitières, restent stables. Les mesures prises en leur faveur nécessitent un temps important pour développer leur effet.
Pour la suite du projet, les priorités vont à la promotion de la biodiversité dans les cultures fruitières, la poursuite de la plantation des arbres haute-tige, l’amélioration des prairies au moyen de prairies sources régionales, et l’adaptation de la gestion des zones agricoles protégées.
Collaboratori