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Réseaux écologiques “Collombey-Rigoles” et “Les Barges”: contrôle d’efficacité: Etat final 2021

Revaz, Emmanuel; Litsios-Dubuis, Anne
Lingua
fre
Anno di pubblicazione
2021

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Riepilogo

En 2014, les premiers réseaux écologiques agricoles de la plaine du Rhône valaisanne ont vu le jour dans le Chablais sur les communes de Vouvry, Vionnaz et Collombey-Muraz, sous l’impulsion de la Politique agricole 2014-2017. Les deux périmètres “Les Barges” et “Collombey-Rigoles” réunis couvrent 1475 ha, dont 1287 ha (87%) de surface agricole utile (SAU) largement dominée par les grandes cultures. Conformément aux exigences de l’Ordonnance sur les paiements directs versés dans l’agriculture (OPD), ce rapport dresse le bilan de la première étape de 8 ans (2014-2021), en vue de la poursuite de ces projets de mise en réseau.

En plus d’un appui régulier aux exploitants effectué dans le cadre de son mandat, l’Antenne valaisanne de la Station ornithologique suisse a offert des soutiens plus ciblés dans le cadre de mesures spécifiques de restauration des habitats à l’échelle de l’exploitation, comme des plantations de haies, des améliorations de prairies à l’aide de semences régionales, l’installation de structures pour la biodiversité, la mise en place de régimes de pâture spécifiques, ou un essai pilote de riz humide. Des ressources particulièrement importantes ont été consacrées au suivi des zones tampons extensives entourant le marais des Rigoles de Vionnaz.

En 2021, les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) inscrites dans les deux réseaux atteignaient un total de 174 ha, dont 123 ha dans le périmètre de Collombey-Rigoles (état initial : 69 ha ; état visé: 100 ha) et 51 ha dans celui des Barges (état initial: 33 ha ; état visé: 48 ha). Les objectifs quantitatifs globaux sont donc dépassés dans les deux cas. Par rapport à l’ensemble de la SAU, la part de SPB s’élève à 13,5%. Cette proportion est de 18,2% dans le réseau Collombey-Rigoles et de 8,2% dans le réseau des Barges. Cette forte disparité s’explique en partie par la concentration de vastes SPB autour des Rigoles de Vionnaz, situation qui prévalait déjà en 2013, mais qui s’est encore amplifiée depuis lors. Les surfaces de qualité (prairies, pâturages et haies de qualité 2; jachères florales et tournantes; ourlets sur terre assolée) représentaient en 2021 une part de 5,1% dans le réseau des Barges et de 4,8% dans le réseau de Collombey-Rigoles, contre des valeurs inférieures à 1% relevées dans l’état initial de chacun des deux périmètres. Les objectifs qualitatifs sont donc eux aussi atteints.

Les effets des mesures ont été évalués en 2021 grâce à des relevés ciblés pour la faune et la flore selon des méthodes similaires à celles appliquées pour la description de l’état initial. Pour l’avifaune, des relevés standardisés ont été réalisés tous les 2 ans depuis le lancement du projet. La grande majorité des espèces cibles et caractéristiques ont soit conservé soit augmenté leurs effectifs. La flore a localement répondu favorablement à des mesures spécifiques de pâture et à la mise en place de surfaces extensives le long des canaux, et voit son principal potentiel d’amélioration future dans les mesures d’ensemencement à partir de prairies régionales. Les SPB ont une richesse en insectes qui semble avant tout liée à leur proximité avec des structures existantes telles que berges de canaux, lisières forestières ou digues du Rhône. Elles ont cependant permis de booster localement les densités de lépidoptères et d’orthoptères par rapport à la situation de 2013.

Les mesures réalisées dans le cadre des réseaux ont permis le redressement marqué du Vanneau huppé Vanellus vanellus, et ont également profité à la Fauvette grisette Sylvia communis, la Pie-grièche écorcheur Lanius collurio, le Tarier pâtre Saxicola torquatus, l’Hypolaïs polyglotte Hippolais polyglotta et la Rousserolle verderolle Acrocephalus palustris, dont les effectifs sont en augmentation. Elles n’ont cependant pas permis d’enrayer l’érosion de la population d’Alouette des champs. Il apparaît que toutes ces espèces ont encore une large marge de progression dans les périmètres en question, principalement par le biais de l’amélioration de la qualité des surfaces. Les dernières années ont également mis en exergue le rôle central du marais d’importance nationale des Rigoles de Vionnaz comme zone cœur du réseau agro-écologique, et la nécessité de renforcer et de pérenniser les vastes zones tampons mises en place depuis 2014.

Collaboratori