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© Mathias Schäf

Les oiseaux qui nichent dans les prairies, comme le tarier des prés, dépendent pour leur reproduction de SPB de qualité, comme les prairies extensives avec des dates de fauche adaptées.

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Réussir avec des surfaces de promotion de qualité

août 2024

Les effectifs de nombreuses espèces d’oiseaux typiques des terres cultivées sont en déclin. Des études et des projets de mise en oeuvre montrent que la superficie en surface ne suffit pas à elle seule à la conservation de ces espèces. Un facteur clé important est la qualité des surfaces.

La Confédération a fixé des objectifs environnementaux pour l’agriculture (OEA) et, par conséquent, l’objectif de promouvoir et de préserver les espèces et les habitats typiques des zones agricoles. L’agriculture détient une responsabilité particulière à cet égard. Pourtant, les espèces d’oiseaux des terres cultivées continuent de subir des pressions. Les effectifs des insectivores et nicheurs au sol, en particulier, sont en forte diminution. La nécessité d’agir est évidente lorsqu’on consulte la liste rouge : près de la moitié des espèces d’oiseaux des terres cultivées sont menacées.

Depuis 2002, des espèces OEA telles que la fauvette grisette ou la piegrièche écorcheur sont soutenues dans le cadre de projets de mise en réseau. L’expérience acquise dans le cadre de ces projets montre que des valeurs cibles mesurables concernant la quantité et la qualité des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) sont essentielles pour une conservation efficace. La Confédération prévoit de regrouper les projets de mise en réseau avec les projets de qualité du paysage à partir de 2028 et de les transformer en « projets pour la biodiversité régionale et la qualité du paysage ».

Ce regroupement offre l’opportunité d’ancrer des objectifs ambitieux. Ces objectifs s’inspirent de la conception « Paysage suisse » (CPS). Sur la base de données scientifiques, la CPS a défini les valeurs cibles suivantes, spécifiques à chaque zone, pour la surface agricole utile en tant que SPB de qualité : zone de plaine 12 %, zone des collines 15 %, zone de montagne I 20 %, zone de montagne II 30 %, zones de montagne III et IV 40 %. Il n’est toutefois pas défini quelles surfaces sont considérées comme de haute qualité. C’est pour cette raison que la Station ornithologique suisse a défini la notion de « SPB de haute qualité ».

Quelles sont les surfaces de « haute qualité » ?

Les SPB sont des habitats indispensables dans les terres cultivées pour de nombreuses espèces animales et végétales. Ainsi, la pie-grièche écorcheur et le bruant jaune préfèrent les haies riches en structures avec une forte proportion de buissons épineux et un ourlet herbeux exploité de manière extensive, le tarier des prés est tributaire des prairies extensives riches en insectes et fauchées tardivement et le bruant proyer et le tarier pâtre se rencontrent là où il y a suffisamment de jachères et d’ourlets.

Mais la superficie de l’habitat ne suffit pas, il faut aussi que la qualité soit bonne. La définition de « haute qualité » se base sur le type de SPB et la nature de la surface, qui comprend la composition floristique, la diversité structurelle et la situation dans le paysage. Les aspects centraux de l’évaluation des SPB sont le caractère pluriannuel ainsi que la gestion et l’entretien. En principe, le paillage n’est pas utilisé et la circulation sur les surfaces est réduite au minimum. En outre, pour de nombreuses espèces, le moment, la fréquence et les machines utilisés pour l’exploitation ou la fauche sont déterminants. Les éléments pluriannuels sont plus précieux, car ils peuvent offrir un lieu d’hivernage à de nombreuses espèces animales et végétales.

Pour définir les habitats de haute qualité, la Station ornithologique s’est limitée à la surface agricole utile, en tenant compte des types de culture et des niveaux de qualité selon l’ordonnance sur les paiements directs. Sont considérées comme « de haute qualité » les SPB de niveau de qualité II, les SPB de cultures pérennes, les surfaces figurant dans des inventaires de biotopes ou des zones de protection de la nature, ainsi que les surfaces dont il est prouvé qu’elles contribuent de manière déterminante à la conservation d’espèces cibles ou prioritaires au niveau national. Il peut s’agir de prairies de niveau de qualité I dans les régions de montagne, situées dans des zones prioritaires pour la conservation des oiseaux nicheurs des prairies.

Quelle est la superficie nécessaire ?

Les études et les projets de mise en oeuvre de la Station ornithologique et d’autres institutions montrent que les espèces OEA ont besoin d’au moins 10 à 14 % d’habitats de haute qualité dans les paysages agricoles, dont au moins 5 % sur les terres cultivées.

Ces objectifs de surface doivent être considérés comme des valeurs minimales. Ils doivent contribuer à optimiser l’efficacité de la surface disponible pour la conservation de la biodiversité. Outre la création et l’entretien de SPB de qualité, d’autres mesures sont nécessaires pour préserver la biodiversité. Il s’agit par exemple de la réduction des herbicides, d’une fertilisation adaptée et de mesures dans les cultures intensives, comme les sous-semis ou les semis espacés. Il est également important que les SPB de haute qualité soient mises en place dans des endroits appropriés et qu’elles soient interconnectées spatialement.

Application de la définition des SPB

La Confédération et les cantons élaborent actuellement le nouvel instrument « Biodiversité régionale et qualité du paysage ». Les valeurs cibles quantitatives et la définition du niveau de qualité requis doivent être utilisées comme base pour le développement de cet instrument important. Cette base peut également être utilisée pour les projets d’amélioration foncière, le développement de l’infrastructure écologique ou les projets de conservation. En outre, il convient de tenir compte des aspects régionaux qui, en fonction de l’espèce cible ou de la proportion de structures proches de l’état naturel, peuvent influencer les objectifs de surface.

Nécessité de mise en oeuvre

La nécessité d’agir pour la conservation de la biodiversité dans les terres cultivées reste importante. La définition présentée doit contribuer à accroître l’impact des instruments de conservation existants. Ainsi, l’alouette des champs, le bruant proyer et de nombreuses autres espèces des terres cultivées peuvent être soutenues. Pour le bien de la biodiversité et de la population.