Projet de réseau écologique “Les Barges” (Vouvry, Vionnaz et Collombey-Muraz VS): Etat initial et état visé
Abstract
Le projet de réseau écologique “Les Barges” réunit 18 exploitations agricoles de plaine des communes de Vouvry, Vionnaz et Collombey-Muraz, sur un périmètre de 660 ha, dont plus de 90 % en surface agricole utile (SAU). Il s’inscrit dans la nécessité d’adaptation aux nouvelles exigences de la Politique agricole 2014-2017. En synergie avec le réseau écologique voisin de “Collombey-Rigoles”, lancé simultanément, il constitue le premier cas de mise en réseau en plaine valaisanne depuis l’introduction des incitations en 2001: à l’échelle cantonale, ce projet fait donc figure de pionnier.
Cette ancienne plaine alluviale et marécageuse est aujourd’hui caractérisée par un paysage entièrement dominé par les grandes cultures intensives. Les relevés initiaux de l’avifaune, de l’entomofaune et de Lièvre brun ont permis de montrer les déficiences du secteur en termes de biodiversité, et la densité souvent faible (voire très faible) des effectifs des espèces cibles et caractéristiques. En l’état actuel, celles-ci se replient essentiellement sur des structures majoritairement sises hors SAU: digues externes du Rhône, haies et lisières, canaux de drainage et talus de voie ferrée. Ce constat ne doit cependant pas occulter le très grand potentiel de cette région en termes de progression ou de retour d’espèces phares, en premier lieu chez les oiseaux. Parmi eux, le Vanneau huppé fait figure d’emblème. Dans une situation locale comme nationale extrêmement critique, il pourra bénéficier de mesures spéciales réalisées dans le cadre de la mise en réseau: ce projet représente sans aucun doute l’ultime chance de sauvegarde de l’espèce en Valais.
Les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) actuelles sont caractérisées par une part totale inférieure à la moyenne suisse (5.5 % de la SAU), une très faible portion de surfaces de qualité (moins de 1 % de la SAU), et une faible diversité (plus de 90 % de prairies extensives). Le projet de mise en réseau s’est fixé comme objectif la hausse des SPB de qualité et de toutes SPB confondues à respectivement 5 % et 8 % de la SAU. Pour y parvenir, la mise en place d’un nombre important de jachères florales (+15 ha) et d’ourlets sur terre assolée (+4 ha) sera nécessaire, au détriment des prairies extensives, qui ne trouvent pas dans les sols riches de plaine les conditions adéquates à leur pleine expression biologique. La qualité des haies (près de 4 km linéaires) sera largement améliorée, de façon à atteindre le niveau de qualité II défini dans l’Ordonnance sur les paiements directs (OPD).
L’augmentation de la part de SPB, l’amélioration de leur qualité et l’ajustement de leur disposition (les structures existantes hors SAU jouant le plus souvent le rôle de points d’ancrage) doivent permettre une augmentation significative des effectifs cibles (9) et caractéristiques (15) à l’horizon de la première période du projet (2021).